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Vous retrouvez ici tous les "points de vue" que nous vous avons présentés au fil 
du temps.
Ces textes sont libres de droits, nous vous prions toutefois de bien vouloir en indiquer la
source.
Bonne lecture.


Table des matières
8° De l'altération du symbole
9° La vérité ou l'honnêteté et ses visages
10° Charité et engagement personnel
11° Le langage
12° Le Maçon dans le Temple et la vie profane
13° Oser
14° Réflexion sur les droits de l'homme
15° Offrande aux jeunes FF.'.
16° Comment être Maçon
17° Eglises et franc-maçonnerie
18° La tentation du politique
19°
La F.'.M.'. peut-elle vous aider à exprimer le meilleur  de vous-même ?
20° Pourquoi entrer en franc-maçonnerie
21° La laïcité


8° De l’altération du symbole.
Quand j’étais gamin, il y avait une friandise qui suscitait bien des convoitises.
Elle servait même d’enjeu lors de nos paris, compétitions et autres jeux d’enfants. C’était une sorte de cloche en chocolat noir, croquant, remplie d’une délicieuse mousse crémeuse et obturée par une gaufrette nappée d’une touche de miel. Pour nous, les meilleures étaient fabriquées par un chocolatier de Renens. Cela s’appelait des « têtes de nègres », jusqu’au jour où quelqu’un a déclaré que cette appellation avait une connotation raciste alors que nous n’avions jamais établi de relation entre les « têtes de nègres » et les africains. Seulement, l’appellation en a été changée, cela s’appelle maintenant des « têtes au choco ».
En confiserie, on trouve encore des gâteaux appelés « japonais », de même qu’en laiterie il existe toujours des fromages frais nommés « petits suisses ». Pourtant, là, aucun racisme n’est évoqué et ces appellations sont maintenues.
On peut s’interroger sur ce genre de mentalité et les buts poursuivis par ces étranges maniaqueries surtout que le monde moderne est envahi par des néologismes bien curieux. Une femme de ménage devient « technicienne de surface » mais conserve balai, panosse et mépris de ceux qui font nettoyer leur saleté par d’autres. Un chômeur se transforme en « demandeur d’emploi » mais garde la gêne, plus souvent la honte profonde des sans travail, des inutiles. Un clochard mute en « SDF » mais compte toujours autant de morpions, de crasse et d’abri fait d’emballage en carton. Nous pourrions multiplier les exemples et si parfois nous en rions c’est surtout par crainte d’en pleurer tant le cynisme et l’hypocrisie de ces pratiques sont désolants.
Mais quel rapport ces imbécillités ont-elles avec la franc-maçonnerie ?
Avant de répondre acceptons de faire un détour.
La franc-maçonnerie moderne a vu le jour en Angleterre, au début du 18ème siècle.
L’Angleterre est majoritairement de religion anglicane, sorte de mélange de catholicisme et de protestantisme. La rupture d’avec Rome date du 16ème siècle, c’est en 1534 qu’Henri VIII s’est proclamé chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. Actuellement, c’est la reine Elisabeth II.
On notera que selon la hiérarchie initiatique, sacerdotale – chevaleresque – de métier, l’autorité chute d’un cran. Ce n’est plus un prêtre qui est au sommet mais un militaire. Le pouvoir a basculé au séculier.
C’est d’une énorme importance parce qu’il y a là un amoindrissement des valeurs. Si l’on veut être plus clair : cela ne vient plus d’en haut mais d’en dessous. Petite parenthèse, dans le monde moderne actuel de l’économie le pouvoir est aux mains des non-initiables. Le pouvoir est au bas de la hiérarchie sociale, au niveau des serfs, puisque tout est corrompu par l’argent, seul moteur reconnu. Mais essayons d’avoir toujours ceci à l’esprit : c’est Saint-Bernard qui dicte la règle aux Templiers, non l’inverse.
Tout cela n’est pas sans effets.
Au 18ème siècle les idées foisonnent, les techniques sont balbutiantes mais c’est dans cette matrice que le monde moderne commence sa gestation et qui dit monde moderne dit en même temps rupture d’avec les temps anciens et justement, le monde moderne débute en Angleterre.
Il n’y a donc rien d’étonnant que dans ce creuset, la franc-maçonnerie pour se développer se doit aussi de rompre avec les formes précédentes. Semblablement aux néologismes de notre préambule, la franc-maçonnerie s’est mise à remplacer les anciens symboles qui rappellent trop l’Eglise de Rome ou le christianisme par de nouveaux signes et surtout, elle se préoccupe de promouvoir l’homme « nouveau », mais surtout pas celui des Ecritures.
Seulement, comme catégorie particulière d’entités les symboles ne se laissent pas manipuler sans risques et ces tripotages sont en réalité d’une extrême gravité. On ne peut remplacer impunément un symbole par un autre sans qu’il n’y ait perte de la fonction symbolique. Précisons notre propos:

· Lorsqu’un signe renvoie à un objet existant, il peut être remplacé par la réalité qu’il désigne. Le dessin d’un arbre se perd par absorption dans l’arbre qui est le référent du signe. Ce symbole est dit transitif, la conscience le traverse sans s’y arrêter.

· Semblablement pour ce qui est des mythes, des contes de fées. Le signe est absorbé dans la fonction fabulaire, la fonction signifiante absorbe le signe. Telle la légende d’Hiram.

· Il en va tout autrement lorsque le symbole ne peut pas être montré ou imaginé ni substitué au signe. Là, nous avons un pur symbole. Par exemple : « L’arbre de la connaissance du Bien et du Mal » ne peut pas être observé ici, ni en imagination. Ce signe est dit intransitif et le référent du signe ne peut être atteint qu’en lui-même, en l’habitant, non en le traversant. Lorsque le Christ dit en Jean (14,9) : « Qui m’a vu, a vu le Père », Il dit ceci : « Moi, le pur Symbole, je suis la seule visibilité du Père, le seul mode sous lequel le Père peut être présent à la visibilité » ; mais aussi : « qui Me voit, ce n’est pas Moi qu’il voit, c’est le Père ». C’est l’union du visible et de l’Invisible, le référent n’est atteint qu’à l’intérieur du symbole. (Tiré de : « Symbolisme et réalité » de Jean Borella, Editions Ad Solem, Genève).

Que la franc-maçonnerie aie remplacé le Père Céleste par le G\ A\ de l’U\ est déjà une réduction. Le Père Céleste est pur symbole, c’est l’Amour Infini alors que le G\ A\ de l’U\ est créateur, d’accord, mais de l’indéfini parce que tel est l’univers. Il y a un abîme entre le Ciel symbole et l’univers. Toutefois, par la présence de la Bible sur l’autel cela est atténué car, rappelons le, la Bible c’est Dieu qui parle aux hommes.
Mais comme ces médecins qui ne signent plus un certificat d’aptitude mais un certificat de non contre-indication dont seul un avocat saisit la nuance, La franc-maçonnerie, non pas pour épaissir le mystère, seulement par manque de foi, de certitude et pour ne pas s’aliéner quiconque s’intéresserait à l’Ordre, est-ce déjà le « melting pot », a évacué la figure du Christ en la remplaçant par des signes du genre transitif, hélas réducteur. Ceux-ci le suggèrent, c’est vrai, la Pierre cachée de VITRIOL, une figure géométrique au 2ème degré, un mythe au centre du 3ème degré pour ne pas dire plus. Toutefois, le voile dont Il est recouvert, s’il excite l’imagination et de multiples interprétations, donc des fausses, prive le franc-maçon de clarté et creuse un fossé souvent infranchissable.
Comment comprendre que Celui qui est au centre de l’Evangile de Jean, ouvert au 1er degré, soit pareillement évité, voire exclu ?
L’absence du Christ ne conduit pas vers des réalités plus hautes, bien au contraire parce qu’Il est le Médiateur entre Lui et nous. N’est-il pas dit : « Nul ne va au Père s’il ne passe par le Fils ». Mais nul ne va au Fils s’il ne passe par la Mère. Voit-on de quoi nous sommes séparés, sous prétexte d’universalité ?
Le Christ est le Symbole par excellence et ne peut être atteint qu’en Lui-même, en y demeurant, mieux, en le digérant, donc une des justifications de l’Eucharistie. Alors, rendons Lui sa place, c’est une question vitale, « Il est le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14,6).
Mbx 28 novembre 2000/11 décembre 2007

LA VERITE OU L’HONNETETE ET SES VISAGES.
Le secret de la réussite c’est « la vérité ».
Pas nécessairement le genre de vérité que l’on entend parler, bien que celle-ci soit très importante, mais le genre de vérité dont on n'entend très peu parler de nos jours.
Cette vérité c’est : L’HONNETETE :
Shakespeare a peut-être le mieux présenté cette vérité dont je vais vous parler. Dans ceci : " par dessus tout soit honnête avec toi-même. Fais-le sans cesse aussi vrai que 2 et 2 font 4, tu ne pourras plus mentir à personne". 
Cette vérité est la sincérité envers soi-même. Une sincérité toute intérieure. On entend beaucoup parler en ce moment de la conquête de l’espace. C’est très bien. Mais comme on l’a déjà remarqué, il est bien peu de choses que nous ne puissions accomplir, en tant qu' homme, si nous ne réussissions à conquérir notre univers intérieur.
Etre sincère avec soi-même c’est d’abord se donner, à soi-même, la possibilité de tirer le meilleur parti de ce qu’on a. Mais qu’est-ce qu’on a ?
Nous avons notre esprit, nos capacités, nos talents et notre temps.
Nous possédons tout cela. C’est en vérité une très grande richesse qui nous appartient en propre. Et c’est notre habileté à investir cette richesse, sachant bien pourquoi nous le faisons et recevoir beaucoup en retour. Recevoir plus que largement, pour nous-mêmes et pour ceux que nous aimons, toutes les années de notre vie.
Comme toute personne qui possède des richesses de quelque nature qu’elles soient, c’est à nous de décider ce que nous allons en faire, nous pouvons les dilapider, les dépenser à tort et à travers, sans rime ni raison, ou bien nous pouvons les investir intelligemment
Le choix est nôtre. Et c’est ici que l’honnêteté et l’intégrité de chacun, jouent un rôle. Pensons à la grande loi qui gouverne tout dans l’univers. LA LOI DE CAUSE A EFFET.
Chaque cause engendre un effet qui lui est égal. Si nous utilisons comme il faut notre esprit, nos capacités, nos talents. Cela se reflète sur notre vie intérieure. C’est ici qu’intervient le symbole de la règle(24 cm / 24.00 h.). Si nous utilisons notre temps au mieux, cela, aussi, nous procure de grands avantages. PARCE QUE NOUS SAVONS AVEC CERTITUDE, que 5 personnes à peine et peut-être seulement deux ou trois sur cent, utilisent réellement le temps qui est à leur disposition au mieux de leur capacité. Moi y compris ! N’oublions pas que la logique est fondée sur le principe de causalité, sur la relation de Cause à effet
Etre honnête avec soi-même c’est suivre cette grande loi.
Parce que gaspiller son temps, ses talents, ses capacités, c’est se voler soi-même. Etre honnête avec soi-même c’est prendre tout le temps qui nous est donné et l’utiliser comme il faut. C’est prendre les capacités et les talents, quel qu’ils soient, que nous possédons en tant qu’individu et les utiliser du mieux que nous pouvons. Bref, c’est faire le meilleur usage de ce que nous avons dans un laps de temps qui nous est donné pour le faire. Cela semble simple ? La vérité est toujours simple et sans explication.
Encore une fois, nous allons nous placer nous-mêmes au-dessus de toute compétition, en faisant ce que la majorité des gens ne font pas.
Voici les fondations sur lesquelles ont été bâties toutes les grandes personnalités ou carrières : INTEGRITE - VERITE - HONNETETE. Ce sont les bases d’une vie réussie.
Examinons quelques faits. La réussite n’a rien à voir avec la dimension du cerveau. J’ai lu que le plus gros cerveau connu est celui d’un idiot. Le plus petit, celui d’Anatole France qui a gagné le prix Nobel de littérature en 1921. Quelques-uns des plus grands hommes, dans des domaines très différents, étaient ou sont, petits, chauves et bedonnant. Quelques uns grands et maigres. Certains étaient brillants et bien éduqués. D’autres avaient très peu de scolarité. Ainsi donc la personne destinée à bien réussir sa vie privée comme professionnelle ne peut pas toujours être repérée dans la rue.
Les gens qui réussissent dans la construction de soi et, cela va sans dire, dans la construction du Temple de l’humanité, ont cependant une chose en commun, ils comprennent tous la loi de Cause à effets. Sagement ils s’efforcent avec les outils à leur disposition de s’en servir, au lieu de travailler contre elle.
La plupart des gens font profession d’honnêteté. Mais ils ne sont pas toujours sincères dans leurs convictions. Pour la grand majorité d’entre eux, tout dépend des circonstances. Si l’honnêteté ne gène pas ; très bien. Mais si on peut tirer plus rapidement profit de quelque chose, en ne disant pas toute la vérité ou en la cachant un peu; on va la cacher un peu. Pourquoi agissent-ils ainsi ? Parce que la majorité des gens recherchent des résultats immédiats. Ils ne considèrent pas la vie comme quelque chose qui dure longtemps. Ils oublient, ou ne savent pas, que chacune de nos actions est comme un boomerang qui revient toujours à son point de départ. Chaque fois qu’une personne commet une malhonnêteté ou parce qu’elle ne donne pas la pleine mesure de son temps, ou de ces talents, cette personne lance un boomerang. Vous savez la pièce de bois qui revient toujours, à son point de départ.  Personne ne sait jusqu’où ira ce boomerang. Personne ne sait quel trajet il va accomplir. Seul l’avenir le dira. Mais une chose est sûre, infaillible, ce boomerang va revenir au moment ou cette personne s’y attend le moins. Il frappera brutalement infailliblement par derrière.
Oui, l’honnêteté paie. C’est Mirabeau qui a écrit : "si l’honnêteté n’existait pas il faudrait l’inventer".
Tout ce que nous avons à faire quelles que soient les circonstances, c’est de nous poser la question : est-ce la vérité, est-ce honnête ? Nous pouvons alors aller carrément, consciemment, si la cause est bonne, l’effet le sera tout naturellement. Nous savons tous, vous et moi, que dans la vie les bonnes habitudes font les réussites. L’honnêteté dans tout ce que nous entreprenons, est une des plus importantes de ces bonnes habitudes. Ne vous enlever donc pas des occasions de réussir, de vous élever. On peut se voler son propre temps et ainsi se voler des chances de s’améliorer, de réussir. Résultat on progresse moins bien, on ne s’éveille pas à la réalité.
Tout le monde sait cela pour gagner le cœur et l’esprit des peuples du monde, il n’y a qu’un moyen : aider chacun à augmenter sa capacité et par extension augmenter la productivité et améliorer ainsi son standard de vie.
Attention, nous ne devons pas nous contenter de donner moins que le meilleur de nous-mêmes.
Le faire, c’est se faire tort à soi, c’est faire tort aux autres. Ne pas donner honnêtement tout ce que nous pouvons donner aux autres, aussi bien qu’à nous, c’est affaiblir notre liberté. Cette liberté qui nous a donné, à nous occidentaux, un standard des plus élevés de la société, la plus ouverte sur cette terre.
Nous travaillons un nombre d’heures fixé, établi, pour gagner notre vie, tout ce que nous donnons en plus, à notre travail, nous le donnons en réalité à nous-mêmes, nous contribuons en réalité à notre progression personnelle, au succès de notre accomplissement.
Que donne un être à un autre
Il donne de lui-même, de ce qu’il a de plus précieux, il donne de sa vie. Ceci ne signifie pas nécessairement qu’il sacrifie sa vie pour autrui mais qu’il donne ce qui est vivant en lui, il donne de sa joie, de son intérêt, de sa compréhension, de son savoir, de son humeur de sa tristesse.
Bref tout ce qui exprime et manifeste ce qui est vivant en lui.
En donnant ainsi de sa vie, il enrichit l’autre, il en rehausse le sens de sa vitalité en même temps qu’il rehausse le sien propre.
Nous avons un grand ennemi, toujours le même. Son nom, l’ignorance. Et la plus grande ignorance est de croire que l’on peut recevoir plus que l’on ne donne. N’oubliez pas que chaque fois que nous agissons nous lançons un boomerang.
Ce qu’il y a de merveilleux dans cette loi de cause à effet… de boomerang, c’est qu’elle est tout aussi infaillible quand nous agissons comme il se doit. Et si la punition paraît toujours plus lourde que le délit commis, la récompense semble toujours être hors de proportion avec l’action qui en est la cause.
Quand nous mettons la vérité à notre service, que voulons-nous dire ?
Probablement ceci : montrer vraiment de l’empressement à faire de notre mieux, chaque fois que nous devons faire de notre mieux. Nous pouvons alors, mieux jouir de nos moments de liberté, les apprécier plus pleinement. Notre repos, notre détente sont mérités. Rien ne nous fatigue de plus que le travail que nous n’avons pas encore fait. Et nous savons que nous allons progresser dans la vie. Tout simplement parce que nous seront différents, trop différents pour passer inaperçus longtemps. Et cela ce passera comme cela, parce qu’on a toujours besoin de personnes différentes, parce qu’on en a toujours eu besoin.
C’est le devoir de toute personne, sur cette terre, de savoir apprécier qu’elle est unique, par son caractère particulier et qu’il n’y a jamais eu quelqu’un de semblable à elle, car s’il y avait eu quelqu’un de semblable à elle, il n’y eût nul besoin pour elle d’être au monde. Chaque homme prit à part est une créature nouvelle dans le monde, et il est appelé à remplir sa particularité en ce monde. La toute première tâche de chaque homme est l’actualisation de ses possibilités uniques, sans précédent et jamais renouvelées, et non pas la répétition de quelque chose qu’un autre, fut-ce le plus grand de tous, aurait déjà accompli.
Mettre la vérité à notre service, c’est aussi nous appliquer à garder l’esprit bien ouvert. Pour chercher la vérité, tous les jours de notre vie. C’est savoir qu’il y a toujours une meilleure façon … et encore une meilleure façon, encore et toujours. C’est chercher dans tout ce que nous faisons, de meilleures façons de nous conduire. Et être prêt à rejeter nos croyances les plus chères, si on nous montre quelque chose, qui est plus près de la vérité. La F.'.M.'. ne vise pas à ce que l’homme soit plus ou moins bon, encore que, mais elle espère seulement qu’un jour il puisse devenir meilleur.
C’est aussi réaliser que l’homme qui ne lit pas, ne serait-ce que son journal, n’est pas meilleur qu’un illettré et que l’homme qui ne continue pas d’étudier afin d’acquérir une plus grande maturité n’est pas meilleur qu’un ignorant. Mais on peut aussi lire dans la nature. Toutefois, attention dit le sage : "l’érudition livresque est chose excellente, mais en dernier lieu inutile à moins d’être unie à la voie du cœur".
C’est ainsi comprendre enfin, que nous devons vivre dans la vérité, chaque jour de notre vie, si nous voulons moissonner la plus abondante des récoltes.
Avoir accompli quelque chose ! N’y a t’il rien qui ne puisse donner plus de joie à un être humain ? Pensez à quel point cette joie peut être grande quand nous utilisons constamment notre esprit, nos talents, nos capacités !
Considérez votre vie comme un coin de terre qui doit être ensemencé. Il ne peut vous donner que ce que vous y semez. Et qu’avez-vous à y semer ? Les plus riches semences : vous avez un esprit humain… la plus puissante force créatrice n’ayant jamais existé sur cette terre. Vous avez énormément plus de capacités que vous n’en avez jamais utilisées. Et beaucoup plus de talent que vous ne l’imaginez, probablement. Et vous avez le temps la seule chose qui échappe complètement au contrôle de l’homme. Le temps qui ne peut être mis de côté, qu’on ne peut ni arrêter, ni retenir, ne serait-ce qu’un instant. Utilisez à fond toutes ses richesses pendant que vous les avez. N’attendez pas qu’il soit trop tard. Qu’il ne vous arrive jamais de dire : " je voudrais pouvoir tout recommencer ", il n’y a jamais de recommencement.
Il peut y avoir des mauvais jours, des jours où on ne se sent pas à l’aise, où l’on s’inquiète, où l’on est déprimé. Cela fait partie de la vie. Il faut savoir y faire face quand ils arrivent. Ces paroles que j’ai lues quelque part m’ont bien aidé à passer les mauvais moments, les voici :
"De même qu’une pierre phosphorescente, qui placée dans l’obscurité émet un rayonnement, exposée en plein jour elle perd toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd de son existence si l’on supprime les effets d’ombre". Et aussi :
" Faites votre travail, pas seulement votre travail et rien de plus. Mais un peu plus, pour le plaisir d’en faire plus.  Ce petit peu en plus qui vaut tout le reste. Quand vous souffrez et c’est normal de souffrir, quand vous doutez et c’est normal de douter, faites votre travail !"
Mettez-y votre cœur et l’horizon s’éclaircira. Et alors, nées de vos souffrances et de vos doutes même, vous connaîtrez les joies suprêmes de la vie.
Passons à la mise en pratique :
TESTEZ-VOUS ET RELISER CETTE PLANCHE :
Vous pouvez vous tester après une première lecture de cette planche et après encore ou, même après plusieurs jours!
Pour voir si votre opinion a changé!
RESOLUTIONS : outils de mesure.
Je pense que l’honnêteté envers les autres commence par l’honnêteté envers moi-même.
Je m’efforce d’utiliser au mieux mon temps libre.
Je mets en valeur mes capacités propres.
Je suis honnête même lorsque cela n’est pas dans mon intérêt IMMEDIAT.
Je sais que l’honnêteté est le seul moyen d’atteindre un succès durable.
Je donne le meilleur de moi-même pendant mon travail.
En vous fixant progressivement des standards personnels, vous verrez votre personnalité va continuer à se développer bien au-delà des limites que vous pouvez voir aujourd’hui ! Relisez ce texte.
MISE EN PRATIQUE
Posez-vous les questions suivantes:

a) Est-ce que j’utilise vraiment mon temps à fond ?
b) Combien de temps ai-je gaspillé ?
c) Combien de temps ai-je consacré à réfléchir à mon travail ?
d) Combien de temps ai-je utilisé à mon travail de routine ?
e) Et après cela, combien il m’en reste ? Par jour, dans la vie

Bonne route : bonne relecture !
Guy février 08

10° Charité et engagement personnel
Nous avons été surpris lorsque nous avons pris connaissance du titre du thème d’étude 84-85, « Charité et engagement personnel » et nous aimerions modestement redresser ce qui nous semble une erreur d’emploi, comme nous souhaitons être pardonné de nous introduire dans ce débat sans avoir en nous toute la compétence voulue, et pour cause.
Faute de références vécue, nous nous rabattons sur ce qui nous est enseigné. Nous déplorons n’avoir que des connaissances notionnelles alors que c’est de connaissances réelles dont nous devrions bénéficier. Ceci ferait de nous un Franc-Maçon « opératif » plutôt qu’un spéculatif d’autant que nous nous savons susceptible de nous égarer dans l’illusion avec tout ce que cela comporte comme déception. Là, il y a déjà un élément de réponse, bien que partiel, à la notion d’engagement personnel. La définition de la charité se chargera d’en achever l’explication, surtout qu’elle n’est en rien spéculative.
Avant tout, nous persistons dans l’idée qu’il faut toujours cerner au plus près ce qui est en présence. Pour ce faire, nous rappelons que la charité désigne, au plan théologique, la plus grande des trois vertus théologales qui sont, pour mémoire, la Charité, la Foi, l’Espérance. Cette vertu consiste dans l’amour de Dieu lui-même et du prochain en Dieu. A ce titre, ce mot représente un caractère religieux qui le distingue de la philanthropie. On voit donc qu’il ne désigne pas une catégorie d’actes, un mode de conduite que le principe même de la vertu, l’inspiration d’où émane la moralité.
Mais ce terme reçoit une autre distinction et le dénature. C’est là, selon notre opinion, que s’insère l’abus de langage. 
En dehors de son origine évangélique « Deus caritas est »(1er Ep. Jean 4,16), le mot charité est courant en morale où il est mis en anti-thèse avec celui de justice et avec deux manières de l’entendre. Soit on y trouve une distinction de deux sortes d’actes, les devoirs de charité s’opposent aux devoirs de justice, les premiers ne sont pas exigibles comme le sont les seconds, les premiers consistant à faire du bien à autrui, les seconds se limitant à éviter de faire du tort, d’empiéter sur autrui. La charité est alors la bienfaisance.
Où bien, il n’y a pas juxtaposition ni complémentarité entre la charité et la justice puisqu’il est possible qu’un principe général de dévouement et d’amour soit le ressort même des actions simplement justes ; puisque inversement, la règle de la justice peut s’étendre au domaine entier du devoir, en déterminant dans quelles limites et dans quelles formes notre charité peut légitimement s’exercer. La charité est alors amour.
En fait, le mot charité ne devrait jamais faire équivoque et conserver son seul sens théologique. La charité s’oppose à la bienfaisance en ce sens que celle-ci peut être motivée par l’intérêt ou la vanité, on est bienfaisant sans être charitable et c’est la banale confusion entre l’aumône que l’on fait à un pauvre et la charité, de même qu’elle s’oppose à la bonté, celle-ci évoquant souvent un altruisme inintelligent. La bonté étant associée parfois à la bêtise.
Conservons à la charité son seul sens théologique et suivons la réponse que nous offre la logique.
Pour espérer en Dieu il faut d’abord croire en Lui et la Foi est ainsi posée comme condition préalable de l’Espérance. Comme de plus pour aimer Dieu il faut d’abord croire en Lui et sans doute espérer en Lui, si bien que la Foi et L’Espérance se présentent aussi comme les conditions de la Charité. Ce sont les moments d’un même acte. Insistons encore un peu en argumentant autrement.
Si l’on espère, c’est que l’on aspire à quelque chose et on aspire que vers ce que l’on aime. Donc dans l’Espérance comme dans la Foi il y a déjà l’amour, c’est la Charité. La Foi et l’Espérance sont la Charité commençante.
Comme croire en Dieu c’est vouloir qu’il soit, c’est ne pas se résigner à ce qu’Il ne reste qu’un rêve. On ne l’affirme, on n’y croit que parce que l’ayant conçu on l’aime et se propose de le servir.
Au terme, la Charité, c’est l’union parfaite et pour s’unir à Dieu, pour vouloir ce qu’Il veut, il faut que nous soyons dépouillé du vieil homme.
Au terme, nous devons devenir Charité comme il est dit « Dieu est Amour », la Foi et l’Espérance étant destinées à disparaître parce qu’elles ne sont que de la Charité imparfaite alors que la Charité, une fois achevée, ne périra pas. Par la Charité nous deviendrons semblables à Dieu, et seront membres de la Trinité.
Liberté à chacun de se rebeller contre cette définition en la trouvant trop « cléricale » et l’accompagner de toutes les réactions de rejet que cet aspect déclenche, comme l’athéisme, l’irréligion et pourtant… on découvre peu à peu que justement l’esprit de religion est loin d’être un élan primaire mais qu’il procède plutôt à l’étagement supérieur d’une pensée qui refuse de se laisser arrêter par de réels, parfois douloureux, abus de religion. Cela est sans doute vrai, par contre il y a toujours un pas de plus à faire. Alors, avançons en consolidant ce que nous avons acquis.
La Charité consiste à aimer Dieu, mais comment l’aime t’on ? Lorsque nous disons que nous aimons un objet, notre amour est intéressé car cet objet nous plaît ou bien nous est utile et nous nous en servons. De même, en parlant d’une personne, nous l’aimons parce qu’elle correspond à notre manière d’être, à notre état d’esprit et c’est spontanément, sans effort et sans nous modifier que nous sympathisons avec ceux-ci et ceux-là. Nous les aimons en restant ce que nous sommes et en quelque sorte pour nous y entretenir et nous y consolider. Ces sortes d’amours sont par elles-mêmes statiques.
Tout différent est l’amour de Dieu. Mais qu’on prenne garde parce qu’à la place du vrai Dieu on peut Lui substituer, par imagination, une espèce de dieu qu’on adapterait à nos propres désirs, à nos passions même, un dieu rapetissé ce qui est, proprement dit, l’idolâtrie.
Pour aimer Dieu en Lui-même et pour Lui-même, il faut sortir de soi, passer par le renoncement, mourir à sa nature, mourir à ce que l’on est pour renaître à ce que l’on doit être. La Charité est donc dynamique, elle est transformante. Elle nous pousse constamment à un au-delà de nous-même et ne peut se produire, envers Dieu, qu’en se produisant envers le prochain parce que lui, identiquement, est voulu et aimé par Dieu. La démarche est donc simple. C’est par l’amour de Dieu que l’on va à l’amour du prochain et réciproquement.
Toutefois, de même que l’idée de Dieu apparaît plus ou moins confusément dans la conscience de chacun, que c’est par là qu’on est mis en demeure de le repousser ou de l’accueillir et de le faire exister pour soi-même, de même l’idée des autres apparaît aussi dans la conscience de chacun et il faut les reconnaître ou les nier. L’égoïsme les nie alors que croire que les êtres sont et agir en conséquence impose que l’on sorte de soi. Sans la charité les autres n’existent pas pour nous. Avec la charité et par elle, ce sont d’autres nous-mêmes au sort desquels le nôtre est lié, leurs souffrances sont les nôtres, nous éprouvons le poids de leurs fautes, nous les délivrons en nous délivrant.
Ce n’est donc pas donner ce que l’on a de trop, une vertu de luxe que seuls quelques-uns pourraient pratiquer. C’est une vertu offerte à tout homme, c’est vouloir les autres pour eux-mêmes et en eux-mêmes. C’est donc un don, le plus sublime, s’exerçant parfois dans son élan jusqu’au sacrifice ultime, héroïque. Ce n’est donc pas avant tout un partage comme cela a été proposé (Alpina 1984, 8-9, 199), c’est plus que cela puisque c’est de nous-même qu’il s’agit, c’est s’abandonner au «profit » de l’autre.
Encore une fois nous redisons que chacun dispose du droit d’accepter ou non cette définition mais il est rigoureusement certain que l’engagement personnel dépendra de ce choix. Sur ce point il n’y a rien à rajouter, ce serait vouloir se substituer à autrui et ne pas faire œuvre de Charité. Mais nous pouvons inviter chacun à se recueillir sur cet aspect en n’oubliant pas que l’on ne peut pas être blanc et noir en même temps.
Quant à nous, nous restons étonné qu’un tel thème soit encore soumis à réflexion dans un Ordre initiatique comme le nôtre. Il nous semble qu’il y a comme une fracture entre le penser et l’agir, entre le spéculatif et l’ « opératif », mais peut-être recevrons nous des compléments de réponse.
Mbx
Thème d’étude 84-85 

11° Le langage
L’embrasement des banlieues françaises, tout discutable qu’il soit, m’a remis en mémoire une réflexion vieille de plus de vingt ans.
A côté des revendications que nous pouvons comprendre, parce que réalistes mais propres au monde, sans être spécifiquement françaises, il y a un aspect qui surprend, c’est celui de la nature de la communication. Plus précisément celle du langage. Nous découvrons alors que le langage utilisé par ces jeunes est quasiment incompréhensible. De plus, il diffère d’une banlieue à l’autre et complique la communication entre eux.
Pour établir une sorte de dialogue, il y a nécessité d’un interprète qui va devoir défricher et transposer en français courant les éléments de la conversation avec, hélas, une perte car le sens sera en partie amoindri.
Ce langage n’a rien à voir avec l’argot qui respectait au moins des règles grammaticales communes. Dans l’argot, ce sont les termes qui changent afin d’en remplacer un par un autre. Un chapeau devient un galurin puis un galure, par exemple.
Le langage des banlieues est autre, il y a déconstruction dans l’ordonnancement de la phrase et si l’argot passe pour une langue fleurie, imagée, bien que cet aspect ne lui a pas toujours été concédé, le langage des banlieues, à l’inverse, est dramatiquement pauvre, limité et entrecoupé d’onomatopées. Ce langage ne donne pas l’impression d’une langue vivante, c’est plutôt une dégénérescence, une démolition, comme si la révolte contre un modèle de société impliquait simultanément le rejets des modes d’expression de cette société. Toujours en comparaison avec l’argot celui-ci n’avait que la fonction de s’exprimer pour n’être appréhendé que par ceux qui en connaissaient l’usage, là pas, il y a rejet et violence.
Donc l’appauvrissement et la déconstruction du langage chez les jeunes des banlieues dont voici deux exemples sont assez frappants :
« Il m’a carotté un zedou de teuchi, l’ bâtard de ses morts, tu vas voir comment je vais le niquer grave », ou bien
« Comme elle est trop bonne c’te meuf ! » est significatif d’une révolte mais aussi d’une très grande contradiction car ils souhaitent, à leur égard, un ou du respect qu’ils n’ont pas eux-mêmes à l’égard des autres.

Cet aspect, significatif, malgré la plus grande importance de ce que montrent ces événements m’a fait revisiter un texte écrit dans le cadre du thème d’étude de la GLSA en 1982-83 et qui s’intitulait :
« Le langage au service de la dignité humaine » dont voici le contenu.
Sous le terme de langage sont compris autant la faculté qu’on les hommes de communiquer entre eux et d’exprimer leur pensée au moyen de signes vocaux pouvant éventuellement être transcrits, que la manière de parler, propre à une communauté, à un groupe, à un individu, que le contenu de la communication.
Par extension, en son sens le plus large, le langage est devenu n’importe quel système de signes pouvant servir de moyen de communication, tel le langage des gestes. Mais plus spécifiquement, si l’on en reste au sens original de l’usage des signes vocaux, utilisant la langue comme moyen, nous distinguerons le langage de la parole. La parole étant le langage extérieur et désigne l’acte individuel par lequel s’exerce la fonction langage, par exemple : l’action de prendre la parole en publique, alors qu’à l’opposé le langage intérieur n’est pas nécessaire à la parole.
Moyen de communication servant à exprimer la pensée, il tombe alors sous le sens que c’est en premier lieu la pensée qui déterminera le langage puisqu’il lui est subordonné. Cela est très important car l’on ne peut envisager le langage pour lui-même sans explorer, au préalable, la pensée. Lui étant soumis, plus la pensée sera élevée plus elle sera exprimée au moyen d’un langage élevé et à l’inverse, une pensée primaire se traduira par un langage médiocre, cela tant au plan qualitatif que quantitatif des termes utilisés que de leur arrangement. Avec pour précision qu’un langage compliqué ne sert pas nécessairement une pensée claire et se comprenant elle-même.
Nous voyons qu’il y a implication directe de l’une sur l’autre, il n’y a pas commutativité, le langage dépend de la pensée, non l’inverse. Ceci nous permet une première affirmation, le langage est comme le reflet, la plupart partiel de la pensée et il permet ainsi, sinon son identification, du moins de l’estimer dans son étendue et sa qualité.
Au sens le plus propre, la pensée est définie comme l’entendement et la raison en tant qu’ils permettent de comprendre ce qui constitue la matière de la connaissance et en tant qu’ils réalisent un degré de synthèse plus élevé que la perception, la mémoire ou l’imagination et avec chaque fois comme un acquis puisqu’elle utilise ces facultés comme aliment et soutien. Elle se distingue, de même, de la sensation et de la volonté. Il s’agit donc d’un fait, d’une action même et il est troublant que la pensée, terme que tout le monde conçoit et accepte comme évident, soit si difficile à déterminer, surtout qu’à l’étude nous trouvons une ambiguïté car c’est en pensant que l’on prend conscience de notre pensée, ce que nous pourrions concrétiser en l’imageant comme autant la source éclairant que l’objet éclairé. Cela signifie qu’elle se trouve en nous mais alors pas de nous, que nous avons à la découvrir et la faire fructifier. La pensée n’est pas enfermée sur elle-même, elle est expansion et cause d’expansion, elle s’aliment autant qu’elle est nourrissante et si on la définit parfois comme la conscience intellectuelle par opposition à la conscience sensible, c’est qu’elle est d’ordre universel par opposition à l’individuel.
Seulement, pour qu’elle devienne rassasiée et rassasiante en sachant toutefois qu’elle n’atteindra jamais sa plénitude, la pensée devra constamment lutter entre l’acceptation et le refus des idées, non pas pour satisfaire un bilan équilibré entre les plus et les moins mais bien plutôt pour s’enrichir en se dépouillant. C’est paradoxal mais vrai. A l’inverse, nous déplorons qu’elle puisse se figer lorsqu’elle cesse, quelles que soient les raisons, d’osciller entre deux termes en sombrant ainsi soit dans l’idéologie ou l’idolâtrie, plus communément dans l’idée fixe. Les exemples ne manquent pas. Cependant, ce dépouillement semble impossible à réaliser en dehors d’une norme qui devrait être (ou bien doit être) commune à tous et sur laquelle nous serions (ou sommes) d’accord.
Cela n’est pas simple car pour qu’il y ait accord, il est nécessaire que la norme ne soit pas de nous. L’homme n’est pas la mesure de toute chose car face à la multitude des hommes, il y a multitudes de mesures d’où résulte forcément le désaccord. N’étant pas la mesure de toute chose cela nous signifie alors l’abandon de nous-même et nous tenons à nous-même, car nous craignons notre perte que rien n’indique d’une manière définitive. L’abandon n’est pas synonyme d’anéantissement.
Pour accorder enfin à l’homme la dignité à laquelle il aspire, il est nécessaire de considérer l’homme non pas comme un moyen mais comme une fin en soi et pour pouvoir accéder à ce principe, il est rigoureusement nécessaire de se référer à une norme qui ne soit ni la nôtre, ni celle d’un autre.
Nous pouvons affirmer qu’il n’y a qu’une norme possible, c’est celle qui est véritablement transcendante et qui fait appel à un principe non humain mais qui procède de l’Etre. C’est la connaissance de cette norme et l’adhésion complète à celle-ci qui restituera à l’homme sa dignité.
Il va de soi que cela étant bien compris, le langage sera logiquement en étroite connexion avec la pensée, il se structura normalement en ses multiples et divers composants, en son rythme et son intonation. Il ne pourra en être autrement.
Ce n’est pas le langage qui est au service de la dignité humaine, ce n’est que la qualité de notre pensée qui, finalement épurée, déterminera, dans sa dignité, celle des autres.
Je vous propose deux citations :
« Toute la dignité de l’homme est en la pensée »  
                         
Blaise Pascal, Pensées VI 365
« Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ».  
                                                                                                                         
Boileau  
Mbx
21 février 5983  

12°Le Maçon dans le Temple et la vie profane
L’engagement et le comportement du Maître Maçon en Loge et dans la vie profane est déterminé par le Code Maçonnique en vigueur tant à la Grande Loge Suisse Alpina que dans toutes autres Obédiences, Code remis à chaque nouvel Apprenti au terme de la cérémonie d’initiation.
Pourtant, je dois constater que je ne le consulte pas souvent et je ne cherche pas d’excuse. Pourtant une lecture du code Maçonnique, même espacée dans le temps, nous permet d’évaluer l’état de nos qualités et défauts et par conséquent d’évoluer, notre but de Franc-Maçon étant en définitive un développement personnel constant pour une participation à la construction du Temple idéal de l’humanité.
Qu’entendons-nous par « engagement »  Quel sens pouvons nous lui donner ?
L’engagement ne serait-il pas avant tout l’attitude d’un homme libre et de bonnes mœurs, qui, prenant conscience du monde dans lequel il vit, renonce à en être un simple spectateur et met sa pensée, ses connaissances et toute son énergie au service d’une cause aux profits des hommes en particulier, de l’humanité en général.
Selon les Constitutions d’Anderson, la Loge est un endroit ou les Maçons s’assemblent et travaillent. J’insiste sur le mot travail, travail qui doit se poursuivre impérativement en dehors de la Loge. Participer aux Travaux de la Loge et rencontrer ses Frères est un chose. Mettre en pratique dans le monde profane ce qui a été appris en Loge en est une autre.
Et si l’Apprenti et le Compagnon sont en droit de se demander ce qu’il ont récoltés après avoir assistés aux Travaux de la Loge, le Maître Maçon à l’engagement de faire chaque soir le bilan de ce qu’il sème, non seulement en Loge mais surtout en dehors. Car l’essentiel de son existence n’est pas dans sa Loge, mais dans le monde profane.
La franc-maçonnerie sera condamnée le jour ou les Maîtres Maçons n’aurons plus envie de se surpasser et de semer dans le monde profane. Qu’il n’y aie aucun malentendu, chaque Maître Maçon fait de son mieux et il n’est pas exigé de lui qu’il fasse des exploits. Il n’a pas l’obligation de réussir. Il n’a que l’obligation de faire mieux.
Qu’est-ce qui donne envie au Maître Maçon de se lever le matin pour entreprendre sa tâche, de faire des efforts ? Qu’est-ce qui le pousse à agir ? C’est bien entendu ses obligations familiales et professionnelles mais c’est aussi son engagement à poursuivre son propre perfectionnement, celui de ses Frères, sachant que l’ont peut beaucoup apprendre de l’autre, avec la motivation essentielle de contribuer à l’édification d’un monde meilleur.
Le Maître Maçon, dans son comportement en Loge, je dois en tirer leçon, c’est avant tout la communication. Pour informer, enseigner, transmettre, échanger, il faut savoir communiquer, c’est-à-dire savoir être en relation.
En effet, en l’absence de dialogue s’installe le silence, et comment peut-ont connaître les aspirations et les attentes de ses Frères si on ne sait pas les écouter et les comprendre. En effet, écouter c’est aussi savoir comprendre, car entre ce que mon Frère pense, ce qu’il veux exprimer, comment il l’exprime, ce que je souhaite entendre, ce que je crois entendre et ce qu’en définitive je comprends, on réalise l’importance de communiquer.
                              ( Loge Fidélité et Prudence à l’Or. de Genève F :. P.T.)
A quoi aspire-t-on en entrant dans la Fraternité ? A découvrir ce qui nous interpelle dans le cœur ou dans l’âme et qui nous pousse à tout remettre en question, à vouloir changer, à vivre autrement dans un monde sur la base des valeurs les plus élevées. Tous les hommes sont nos Frères par la chair et le sang, par la douleur du mourir, par l’âme qui palpite en eux.
Nos Frères, dans l’Ordre, sont certes bien plus proches de nous mais ils savent, eux, ce qu’ils doivent faire et quel travail accomplir, c’est-à-dire à quels devoirs ils doivent satisfaire tandis que les profanes restent dans l’ignorance, l’insouciance et les ténèbres. Nous sommes venus chercher la Lumière en frappant à l’huis de la Loge mais nous serions de bien piètres serviteurs si chacun d’entre nous voulait la garder égoïstement pour lui-même. D’ailleurs, si nous voulions agir ainsi, la Lumière ne nous serai jamais accordée par le Grand Architecte de l’Univers.
Lorsque l’Ordre nous confie la pierre brute que l’ont doit travailler à l’aide du maillet et du ciseau, il nous fournit l’emblème, l’image de l’état d’imperfection dans lequel on se trouve. Cette pierre informe représente donc tout le travail que l’on doit accomplir sur soi en vue de faire surgir la réalité cachée sous le fatras des illusions accumulées depuis longtemps.
La direction du travail nous est indiquée par la perpendiculaire :
Le fil à plomb représente le fil, l’axe dans lequel nous nous inscrivons.
La corde vient du bas, elle s’élève vers le ciel. Reliant le nadir, ou profondeur de la terre, au zénith qui constitue symboliquement le cœur ou milieu du ciel, elle nous indique d’où nous venons et le point vers lequel notre action doit nous diriger. C’est lorsqu’il se trouve face à l’immensité du ciel que l’homme s’effraie de ses limites, de la vanité de son existence corporelle qui chaque jour le rapproche de la mort, cette disparition inéluctable. La nuit, c’est face à la multitude des étoiles qu’il peut comprendre que, étant ténèbres sur la terre, il lui faut s’attacher à la redécouverte de son Etre secret pour que se rallume quelque part en son cœur cette flamme éternelle qui fut sienne autrefois. C’est donc le Cosmos qui va lui servir d’archétype inaliénable pour qu’il puisse concevoir les Mystères du devenir comme ceux de la transformation.
En étudiant les astres, en calculant les configurations astronomiques, en appréhendant la science des Nombres, celle du calcul et de la Géométrie, l’homme, en découvrant les mystères des cieux, percera progressivement, et par contrecoup, ceux de sa propre nature car nul ne peut accéder à la « la libération finale sans connaître une phase préalable de « cosmosinisation » ; on ne peut pas passer directement du chaos à la liberté. La phase intermédiaire, c’est le Cosmos, c’est-à-dire la réalisation du rythme sur tous les plans de la vie bio-mentale. Or ce rythme nous est indiqué dans la structure de l’Univers même, par le rôle unifiant qu’y jouent les astres ".
La profondeur de la terre représente diverses choses : c’est à la fois un centre, une matrice, la poche fœtale dans laquelle l’embryon que nous étions s’est développé ; c’est aussi le lieu de tous les déséquilibres, de toutes les énergies brutes en actions. Le centre de la terre, ou nadir, est considéré depuis toujours, dans toutes les traditions initiatique, comme un lieu dangereux, démoniaque. Chez les Grecs, chez les Romains, c’était le royaume des âmes perdues, celui des morts, des réprouvés et des maudits. Chez les Juifs, la terre dans laquelle on inhumait un défunt devenait taboue, souillée. Marcher sur cette terre rendait impur celui qui s’y était, malgré lui, aventuré. Voilà la raison pour laquelle on marquait la place d’un mort par des branches prises à un buisson. Ce n’était pas tant pour vouloir retrouver l’endroit ou il se trouvait mis en terre mais pour indiquer le danger que l’on encourait en foulant une terre devenue impure, donc interdite à tous.
Le centre de la terre, ou nadir, c’est aussi le monde des passions non contrôlées, celui de tous les débordements, de tous les excès et même des corruptions. «  La première de ces corruptions, en allant de haut en bas, d’après les vices, leur nombre, leur ordre et leur malignité, est l’orgueil, qui est l’amour de sa propre excellence. C’est lui l’usurpateur qui, autant qu’il le peut, s’égale au Très-Haut. Et comme, il refuse de donner à un autre la gloire de ses actions, de lui naît son aînée, l’envie. Car tout orgueilleux est nécessairement envieux : l’envie est la haine du bonheur d’autrui.
Certes, pour celui qui agit en esclave de ses pulsions animales ou qui s’y adonne avec plaisir, il n’y a pas de mal à se faire du bien. Cela paraîtrait même sympathique a priori mais lorsque cela engendre des dérèglements qui finissent par perturber la santé du corps, donc son devenir, par des excès de sucre, de graisse, par des difficultés circulatoires qui vont produire des accidents vasculaires ou cardiaques, ce qui guette un homme sur deux, on comprend que ce que l’on considèrent comme se faire du bien revient à se faire un mal terrible puisque finalement on œuvre chaque jour plus rapidement à sa mort physique en l’anticipant, en la provoquant.
L’inconvénient qu’il y a à privilégier les élans du corps et à avancer le moment de sa mort, c’est que pendant ce temps, on ne se soucie ni du bonheur présent, ni du devenir dans l’au-delà ni de ce qui restera de son passage ici-bas. Celui qui agit ainsi vit en permanence avec un bandeau sur les yeux. « la passion à laquelle la foule se livre le plus souvent c’est l’intempérance dans la nourriture, la boisson et l’amour physique. C’est là ce qui détruit la perfection dernière de l’homme et qui est nuisible aussi à sa perfection première, en corrompant la plupart des relations sociales et domestiques. Car, en suivant seulement sa passion, comme le font les ignorants, on détruit ses aspirations spéculatives, le corps se corrompt et l’homme périt avant que sa constitution physique l’exige ; les soucis et les peines se multiplient, la jalousie et la haine réciproques augmentent, et on en vient aux mains pour se dépouiller mutuellement. Ce qui amène tout cela, c’est que l’ignorant considère le plaisir comme le seul but essentiel qu’on doive rechercher.
L’Ordre nous prévient contre ces dangers en nous attribuant comme devoir capital de lutter contre toutes ces formes de passion, contre tout ce que l’on peut représenter sous le nom de vices. Le tuilage traditionnel nous le fait énoncer puisqu’à la demande : « Que venez-vous faire en Loge ? », nous devons répondre : «  Je viens élever des Temples à la vertu et creuser des tombeaux pour les vices. »
Pour le profane, la vertu est une inclination naturelle et constante à faire le bien, à éviter le mal. Il convient de bien distinguer les nuances comme le fait Plotin : «  La vertu n’est pas le beau en soi ni le bien en soi, parce que le beau en soi et le bien en soi existent avant elle et au-dessus d’elle, et elle est bonne et belle par participation. De la même manière que celui qui s’élève au-delà de la vertu trouve le beau et le bien : de même, celui qui descend au-dessous du vice trouve le mal en soi, soit qu’il le contemple, soit qu’il devienne mauvais en y participant, il se trouve alors complètement dans le région de la dissemblance (alors qu’il devrait œuvrer à l’atteinte de la ressemblance) et se plongeant en elle, il….. chute dans un bourbier obscur ».
Pour bien marquer quelle attitude nous devons adopter par rapport aux autres hommes, le rituel nous prévient dans le cours de la cérémonie de réception : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit. » Cette recommandation se trouve associée à ces devoirs complémentaires, obligatoires pour tous les maçons, que sont : L’obligation de pratique de la tolérance, génératrice de respect et de considération mutuels. L’égalité de valeur des hommes sans établir de distinction pour l’importance de leur fortune personnelle, pour leur état ou leur fonction dans la société.
L’homme le plus important de la terre verra peut-être sa vie sauvée un jour par l’homme le plus modeste, le plus pauvre, par quelqu’un qui n’a rien. Au regard de la Loi des initiés, qui sera le plus important des deux ? Celui qui accumule les distinctions et les richesses ? Ou celui qui sauve la vie de son prochain au péril de la sienne ?
Celui qui agit en Maçon véritable, celui-ci devient digne de la considération générale par son attitude, par ses qualités d’ouverture, de cœur, de désintéressement à soi mais d’intérêt pour tous les autres, et en particulier pour tous ceux qui sont victimes d’une injustice ou de difficultés. Le Maçon a pour travail personnel, social, celui d’agir dans le sens du redressement de toutes les iniquités, de toutes les ségrégations.
                             ( Christian Guigue «  Les Planches de l’Apprenti » )
Afin d’édifier le temple idéal de l’humanité et, plus prosaïquement, d’améliorer un tant soit peu le monde dans lequel nous vivons. La Franc-Maçonnerie doit pouvoir compter que ses membres tiennent les promesses faites à l’égard de leurs semblables, et cela par leurs actions dans la vie courante.
Tout commence dans le cercle familial de chacun d’entre nous, en en respectant chaque composante et en ayant le souci permanent d’éduquer nos enfants en accord avec les valeurs fondamentales de l’humanité auxquelles nous avons souscrits. Elargissons la famille à la société dans laquelle nous évoluons. En prenant part à la vie des associations diverses, en assistant ceux et celles dans la nécessité, en s’engageant, de manière générale, dans des activités sociales qu’elles soient professionnelles, politiques ou culturelles. Le Frère impliqué présentera ainsi une attitude résolument Maçonnique. Pour y parvenir il importe de mettre en pratique l’aptitude à l’ouverture et à la compréhension des autres et de leurs problèmes, aptitude acquise par notre avancée sur la voie de l’enseignement symbolique. Exprimons-la au travers d’actes empreints d’abnégation plutôt que par de beaux discours, dans le respect de nos choix moraux et éthiques.
Cette aide et cette compassion que nous apportons à nos semblables, ne serait-ce que par l’exemple, inscrivons-la dans une perspective de justice. Le faire est déjà un acte de justice. Allons au-delà de nos préjugés, exerçons la charité et offrons notre amour à toute personne, quelle que soit sa condition, son appartenance ethnique ou sa religion. Ne nous laissons pas circonvenir par les idées toutes faites et posons-nous les bonnes questions. Evitons d’asséner nos propres vérités et laissons la porte ouverte aux avis d’autrui. En présence de situation conflictuelles le franc-maçon aura à cœur, dans la mesure du possible et de par sa capacité de réflexion, de pondération, d’apporter calme et apaisement.
Plus généralement, essayons à notre niveau et avec les moyens non-négligeables à notre disposition de lutter contre l’envahissement de notre société par les valeurs fallacieuses de l’argent et de l’individualisme forcené. Si nous sommes vraiment désireux de combattre l’injustice et de faire respecter la dignité humaine en tout temps, lieu et circonstance, alors que chacun de nous commence dans l’immédiat à faire ce qu’il peut.
Ceux qui s’engageront résolument à cet égard, ayant revêtu la Tenue Rituelle ou non, en Tenue ou dans le monde Profane, auront une Tenue absolument correcte.
                                                ( Loge Tolérance et Fraternité, Genève)
Le Maçon dans le Temple et la vie Profane ?
Vouloir être franc-maçon, vouloir = Pas trop de difficultés
Le devenir = Les interprétations du cœur
L’être = Est un « chantier permanent à corriger tous les jours, tous les moments et chaque instant.
Qui es tu ? d’où viens-tu ? Ou vas-tu ?, « Connais-toi toi-même »
La recherche de la réponse correspond exactement à la quête initiatique : même interrogation, même réponse : l’une et l’autre focalisent la réflexion sur soi ; l’une et l’autre invitent à chercher, au-delà des apparences, la réalité authentique de notre moi. Nous sommes en effet entrés en Maçonnerie » parce que nous étions dans les ténèbres et avons désiré la lumière » Enoncer cette réponse rituelle, c’est reconnaître que le Profane, que nous étions avant notre initiation, était dans l’aveuglement sur sa propre identité et sur son véritable destin, comme le représente la Tenue du Récipiendaire, qui est encore Profane lors de sa première entrée dans le Temple, avant d’avoir « reçu la Lumière ».
Aveugle, donc ignorant, et enchaîné à ses passions, préjugés, conformismes, ambitions et vanités, dont la variété quasi infinie masque l’égale inanité ; vulnérable par son affectivité (le cœur à découvert), et de ce fait boiteux, car tiraillé entre des aspirations et des exigences contraires.
Cet état symbolise, en le caricaturant, celui que nous étions lorsque nous sommes entrés en Maçonnerie. Parvenus au milieu de notre vie (à midi), ayant donc réglé, plus ou moins heureusement nos problèmes majeurs (insertion dans la société, famille, profession, vie affective. Etc.), généralement plutôt heureusement, selon l’apparence des choses, nous éprouvons malgré cela une insatisfaction diffuse et inexplicable, une forme de culpabilité par rapport à ce qu’aurait pu être notre vie. Nous pressentons, plus ou moins précisément, que nos réussites, ou nos échecs, n’avaient qu’une importance relative, parce que nous ne savions l’inscrire dans aucune perspective véridique, parce que nous n’avions pas trouvé le sens de la vie.
Ceci explique que nous avons, à ce moment précis de notre vie, entendu l’invitation d’un ami, qui paraissait plus que tout autre, « Bien dans sa peau », à le suivre dans une aventure nouvelle totalement gratuite, susceptible de nous apporter ce bonheur de vivre qui paraissait nous échapper. C’est donc bien, au sens propre des termes, que « nous étions dans les Ténèbres » et que nous avions « désiré la Lumière ».
Nous l’avons reçue, mais symboliquement, c’est-à-dire qu’il nous importe de comprendre ce qui nous est effectivement arrivé, après que le bandeau nous ait été ôté dans la Chaîne d’Union.
Cette Lumière symbolique, il faut une longue pratique de l’Art Royal pour espérer comprendre en quoi elle consiste. La simple prise de conscience immédiate que nous ne sommes pas seuls, isolés, prisonniers de notre « ego », mais au contraire un maillon d’une chaîne de solidarités horizontales et verticales, donne déjà, avec la joie de la découverte de cette nouvelle fraternité, le sens de l’Orient vers lequel cheminer pour accomplir notre démarche vitale essentielle.
Auparavant, un avertissement nous avait été donné dans le cabinet de réflexion : VITRIOL (Visite l’intérieur de la Terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée). Pour se connaître soi-même, conformément à la prescription de toutes les formes d’initiation, il importe de descendre au plus intime de soi et de ne pas se contenter d’idées toutes faites, ni d’apparences superficielles. Chacun se perçoit comme un individu ayant ses caractères propres et un destin particulier : double erreur de perspective. De même que le point n’existe pas de lui-même, mais prend de réalité par le croisement de deux droites, de même notre individualité n’existe et ne prend son sens que par le croisement de plusieurs lignes de solidarités.
La conscience de ces solidarités, loin de le diminuer ou de l’amputer, donne, au contraire à notre individualité sa véritable dimension, son utilité et sa fécondité.
La solidarité horizontale est évidente : c’est celle de l’espèce humaine qui a son côté négatif ( les contraintes que cette promiscuité nous impose) et son côté positif ( le fruit d’échanges gratifiants et le bonheur que l’ont peut en recevoir et y apporter). La solidarité verticale est moins perceptible : nous sommes le produit de notre histoire, considérée à une tripe échelle :
Notre genèse biologique et éducative, y compris les traumatismes subis dans notre enfance, donc les blessures psychiques qui faussent le bon fonctionnement de notre psychisme. ;
Notre passé génétique qui inclut les formes de vie antérieures, à notre humanisation, donc notre composante animale ; L’histoire du milieu dans lequel s’est construit notre propre histoire. Mais l’histoire de la vie, donc de l’humanité, est elle-même orientée vers une spiritualité croissante ; si, donc, nous voulons que notre vie ait un sens, il convient de l’inscrire dans la vocation de l’humanité.
Ces constatations permettent de comprendre que nous ne sommes conscients que d’une toute petite partie de notre identité. Il faut plonger dans notre inconscient ! Sans réponse à l’énigme posée, Qui es tu ?
              ( G.R.A. N° 20 - 2007)
Grand Architecte de l’Univers,
Dirige-nous par un effet de Ta Miséricorde la plus grande.
Fais que par nos vies et par nos actes,
Nous puissions convaincre les profanes de la foi qui est en nous
Et que le Métier puisse en être plus honoré.
               ( Grande-Bretagne,XVIIIe)
Bdt
06.03.6008

12°Oser
Depuis quelques années, par le biais des médias, nous sommes de plus en plus informés des exploits que font certains hommes et certaines femmes.
Dernièrement, proche de chez nous, Mike Horn a achevé le tour du cercle polaire. Cet homme a vécu une aventure inouïe, où chaque jour, pendant des mois, par des températures de -50° C., il a risqué sa vie. Il est revenu triomphant, encore que son succès a été un peu occulté par l’actualité mondiale. On notera ainsi, en passant, la constante relativité des choses.
L’exploit de Mike Horn, comme à peu près tous les autres, a certains effets. Par exemple, il démontre qu’un homme peut survivre dans des conditions extrêmes. Il repousse ainsi les limites du savoir que nous avons de la physiologie humaine, sa force de caractère et de sa résistance.
Indépendamment de ce que Mike Horn peut gagner au niveau de la connaissance de lui-même, il y a un aspect qui mérite notre attention. C’est celui de l’utilité et de la nécessité de ce genre d’exploits. Cela fait-il vraiment avancer les choses ? A ce niveau, que peut-on faire encore dans cette escalade des vies mises en péril ?
L’exploit de Mike Horn apparaît alors comme paralysant. Dans le monde actuel, quelle signification prend la simple présence à sa famille, à son travail, tous les jours et le soin porté à l’accomplir ? Cela, vis à vis de nous-même mais aussi de ceux qui nous entourent ? Mon père n’est pas un héros dira l’enfant.
Cela a malheureusement, pour conséquence, que nous devenons spectateurs de la vie des autres et que nous vivons par procuration. Nous ne vivons plus notre vie, nous la subissons, nous finissons par ne plus oser.

Ecoutons alors ce que dit le philosophe Denis Marquet dans son article « l’intelligence de l’humilité » paru dans la revue « Nouvelles Clés », No 40, hiver 2003-2004.

« Que signifie oser ? L’attitude de celui qui affronte la peur. J’ose quand je redoute un acte(me jeter à l’eau, changer de vie…), mais que je ne m’abstiens pas pour autant. Il est bien des manières d’éviter la peur ! Celle du téméraire, qui ne la connaît pas parce qu’il est inconscient du réel et qui agit, mais sans conscience. Celle du lâche, qui neutralise son effroi en s’abstenant d’aller vers ce qui l’effraye. Lui est conscient mais n’agit pas. Au contraire, celui qui ose a malgré tout peur, mais il agit quand même. Il accepte l’expérience de la peur.
N’est-ce pas là une première définition de l’humilité ? La peur repose en effet sur le sentiment que je ne contrôle pas tout, que mon système de défense ne me rend pas invulnérable : je peux être blessé, tué, je peux souffrir. La peur est une connaissance : je ne suis pas tout-puissant. Être humble, c’est donc d’abord comprendre les limites inhérentes à sa condition. En cela, déjà, l’humilité est une intelligence. Mais cela ne suffit pas. Car comprendre ses propres limites, c’est aussi le risque de s’y laisser enfermer. On s’en contente. On n’a pas la « prétention » de dépasser sa condition…Humilité ? Non, modestie ! Je suis alors modeste dans mes ambitions, modeste dans ma conception de la vie, fier d’être modeste, puisque l’usage fait de la modestie une vertu. « L’orgueil de celui qui n’ose pas »…
Dans les tragédies grecques, l’arrogance de celui qui prétendait dépasser sa condition (le péché d’ubris) était sévèrement puni par les dieux. Mais c’est que le héros ne comptait alors que sur ses seules forces, dont les limites échappaient à son intelligence. Entre la modestie de celui qui ne s’aventure pas au-delà de ses propres limites et le délire de toute puissance de celui qui refuse de les reconnaître, il y a une autre voie, celle de l’humilité : comprendre ses limites, mais pour aller au-delà !
Le trac de l’artiste en donne un bon exemple. Le véritable acteur a conscience, au moment d’entrer sur scène, que tout ce qu’il sait (son texte), tout ce qu’il sait faire (sa technique), tout ce qu’il maîtrise, tout cela est cruellement insuffisant.
Car pour que l’art ait lieu, il faut plus : cela qui ne peut que lui être donné s’il se dispose à le recevoir, et qui est de l’ordre du mystère : cette présence cette justesse – la grâce.  Il a donc peur, car il sait que l’aventure de la scène est au-delà de ses seules forces. Mais il y va quand même, dans l’espérance que lui soit donné ce qui le dépasse et donne sens à l’aventure de son art et de sa vie. Le trac, dont Louis Jouvet disait qu’il vient avec le talent, est l’humilité de l’artiste. Et celle-ci est une intelligence de la vie, du pouvoir créateur de la vie. Or chaque situation de notre vie, pour qu’elle donne toute sa fécondité, n’est-elle pas au-delà de nos seules forces ? Ne requiert-elle pas l’inspiration, la grâce, et donc l’humilité qui en est le terreau ? L’humilité, sœur de la foi – celle qui déplace les montagnes ».

  Mike Horn ainsi que tous ces hommes et ces femmes osent. Mais ces exploits ont un aspect stérilisant par le fait que la dimension de l’épreuve rend mineures toutes les autres qui ne peuvent jamais retentir ensuite de la même importance. On entre dans un processus de comparaison et on regarde si un exploit a plus de « valeur » qu’un autre. Par exemple, par rapport à Mike Horn, qu’est-ce que je peux faire encore ? Ce que je fais est sans intérêts, donc je perds toutes valeurs. Là est le piège, il est tendu au plan des mondanités. C’est l’exploit pour l’exploit. Il s’agit d’être le premier. Il s’agit d’être celui qui a fait çà, qui a réussi çà.
Mais au plan de l’initié, ce qui nous importe n’est pas tant dans ce que l’autre est capable de faire mais dans ce que l’on est capable d’engager soi-même pour tenter d’accomplir sa propre aspiration. Si la démarche peut paraître semblable, la finalité est tout autre. Il n’est pas exclu qu’un exploit tel celui de Mike Horn ne conduise pas à un surcroît de conscience mais c’en n’est pas le moteur. Alors que chez l’initié c’est le surcroît de conscience qui est déterminant. L’initié a donc aussi l’audace d’oser et il tente l’exploit d’aller à la rencontre de sa vraie nature. Identiquement, il met sa vie en péril et craint l’échec, le sachant hautement probable. C’est donc avec humilité et confiance qu’il sait que l’aventure intérieure est la plus prodigieuse conquête qu’il puisse entreprendre.

Mbx
2 décembre 6004
 

14° Réflexion sur les droits de l'homme

  « Etre libre ce n’est pas faire ce que l’on veut, c’est la capacité de faire ce que l’on doit ». (J. Borella)

 Nous pouvons affirmer sans crainte que depuis le 26 août 1789, en passant par 1793 et le 10 décembre 1948, il n’a jamais autant été parlé des droits de l’homme et que ceux-ci, rien qu’au 20ème siècle, n’ont historiquement jamais autant été bafoués. Le nombre astronomique de morts en témoigne et petit détail, lourd de sens, les morts ne font parties que d’estimations. Nous ne lisons jamais de chiffres précis. Ce qui signifie que tous les morts n’ont pas été recensés, ni identifiés. Il y a donc un incroyable manque de respect dans la personne humaine rien que par le fait de ces approximations. Cela démontre que l’homme n’a que très peu de valeur. Nous ne pensons pas là aux catastrophes naturelles mais aux faits de guerres armées ou économiques ou de la répression politique qui lui est sœur et qui procèdent toujours d’une planification, d’une préparation et disons-le crûment, d’évaluations de coûts et de bilans.
Il nous faut donc bien reconnaître que si l’on parle autant des droits de l’homme c’est qu’ils ne sont pas aussi certains qu’on veut bien le croire et nous le faire croire. Que dans la réalité des faits il s’agit plutôt d’une véritable utopie pour ne pas dire une supercherie.
Comprenons ceci : si les droits de l’homme étaient une évidence ils ne se discuteraient pas. Les défendre par défaut de jeunesse est captieux, l’homme avait des droits bien avant 1789. Il y avait entre autre les franchises.
Par nature une évidence est telle qu’elle ne justifie aucun commentaire. Tout ce qui pourrait être dit est superflu. Donc les droits de l’homme ne sont pas une évidence. D’où qu’on lutte pour leur instauration ! A vrai dire, ils sont issus d’une certaine hypocrisie et offrent un vague repos à des consciences paresseuses. Toutefois, comme pis-aller, c’est mieux que rien surtout dans les tourmentes que l’homme moderne traverse. Bien entendu, il ne suffit pas d’affirmer, il faut prouver.
Peut-on dire que l’homme ordinaire est véritablement homme ? Oui – si l’on reste à des caractéristiques anthropomorphiques. Il y a la bipédie, c’est vrai. Mais nous savons bien que ce n’est pas comme cela. Alors, nous disons non, l’homme ordinaire n’est pas fini, il est un être en devenir, sa vie n’est qu’une longue et douloureuse métamorphose. D’ailleurs la Franc-Maçonnerie ne procéderait pas par degrés s’il n’y avait pas croissance du grade d’App\ au 33ème degré pour ce qui est du REAA.
Seulement, si l’homme est en constant devenir, s’il est un projet, c’est qu’il n’est que l’ébauche de quelque chose. S’il y a projet, il y a plan et maître d’œuvre et but car un projet ne prend son sens que par sa réalisation même si elle n’est toujours qu’approchée.
Le problème est simplement le suivant : une ébauche peut-elle être plan, maître d’œuvre et finalité tout à la fois ? Assurément non, cela est parfaitement illusoire. Il faut donc bien que « quelque chose » d’extérieure dresse le plan, que l’ébauche soit dégrossie, que le but apparaisse. Personne ne conçoit un vase sans potier, sans terre glaise. Si la matière est définie passive, dans le cas de l’homme sa participation est par contre exigée.
La question n’est pas nouvelle. L’homme est-il la mesure de toute chose ? Cette question, si elle est répandue par l’affirmative n’offre jamais de plan, ni de but. Si l’homme est la mesure de toute chose alors, c’est la mesure de chacun. C’est à dire, la mesure de personne parce qu’en ce cas aucune mesure n’a plus de valeur qu’une autre. Donc elles s’annulent. Il n’y a donc pas de mesure et c’est précisément la situation dans laquelle nous sommes actuellement et l’homme s’érige par ses propres droits, par sa propre mesure, forcément limitée.
Non, l’homme n’est pas la mesure de toute chose, Protagoras et les sophistes ont tort. L’homme a, au-dessus de lui, une Norme qui lui est infiniment supérieure, à laquelle il est soumis et vers laquelle il doit tendre. L’homme accomplit alors sa vie terrestre, la céleste ne dépendant pas de lui. L’Esprit souffle où Il veut est-il dit. Et quoi qu’on en dise cela ne change rien à ce fait. Chacun peut trépigner à sa guise mais c’est ainsi. C’est une évidence. Par contre, là, le maître d’œuvre est présent, le plan lisible, le but proposé. Pour l’occidental le but est offert par le symbole par excellence qu’est Jésus-Christ, Fils de Dieu. Il est le prototype parfait de ce vers quoi nous devons aller.
«  Dieu s’est fait Homme pour que l’homme devienne Dieu ».
Ce n’est pas le lieu de présenter une étude concernant le Christ, d’autres l’ont fait brillamment. Nous ne relèverons que trois points.

 Nous avons à mettre nos pas dans les siens. Il n’y a pas de compromis, ce n’est pas négociable.
« Ceux qui emboîtent son pas et croient que l’on peut demeurer éternellement à vif dans la clarté d’un mot d’amour, sans jamais perdre souffle, ceux-là, dans la mesure où ils entendent ce qu’ils disent, force est de les considérer comme fous. Ce qu’ils prétendent est irrecevable. Leur parole est démente et cependant que valent d’autres paroles, toutes les autres paroles échangées depuis la nuit des siècles ? Qu’est-ce que parler ? Qu’est-ce qu’aimer ? Comment croire et comment ne pas croire ? Peut-être n’avons-nous jamais eu le choix qu’entre une parole folle et une parole vaine ».
Christian Bobin « L’homme qui marche »
Ainsi, nous savons ce que c’est que l’Homme et ce que doit devenir un homme. En même temps apparaît notre unique droit. C’est celui de devenir un homme à son Image et nous n’en avons pas d’autres. Donc le seul droit dont l’homme dispose c’est exactement celui de se mettre en chemin vers et avec le Christ, de nous relever de notre chute. Ce droit appartient à chacun, indépendamment de ses origines et de sa conditions sociales mais il est une illusion en dehors d’une perspective qui ne soit pas Normative.
 « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa Justice et tout le reste vous sera donné de surcroît » (Matt. 4, 33).
Qui dit droit dit qui est juste, dit droiture, rectitude, règle. Pour vivre dans le droit, il faut donc vivre selon la Règle.
« Souvenez-vous ma fille, ce n’est pas la règle qui nous garde, c’est nous qui gardons la règle ».
Georges Bernanos  « Dialogues des carmélites »
Il y a une évidence. Toute personne véritablement en chemin n’agit plus autrement que selon la Loi Morale avec les retombées de l’action juste. Mais à l’opposé, celui qui n’agit pas selon la Loi Morale, n’est pas en chemin. Cette logique est imparable parce qu’il n’est pas possible de servir deux maîtres à la fois. Et cette logique a ceci de terrible c’est que dès l’instant où on le sait, il n’est plus possible de l’oublier ou de l’ignorer sans déchoir irrémédiablement, C’est le Calice d’amertume.
En retournant à notre Cause nous cessons de nous disperser et nous épuiser en vain. On découvre alors que la liberté n’est pas dans notre soumission à nos pulsions mais dans leur maîtrise et leur abandon car, n’est pas libre celui qui est asservi aux mirages du monde. N’est pas libre celui qui reste dans la servitude de ses propres dépendances, quelles qu’elles soient : puissance – pouvoir – argent – sexe – drogues – etc.
Essayons de comprendre ceci : l’homme n’a qu’une vocation, elle est d’ordre spirituelle. Il peut s’y refuser mais c’est une question de Vie ou de Mort. L’exigence est terrible au point qu’on peut dire que toute vie qui n’est pas consacrée à l’Esprit est une vie pour rien.
« Si l’intelligence de la créature raisonnable ne peut atteindre à la Cause première, le désir de la nature en elle restera vain ».
Saint-Thomas d’Aquin « Somme théologique » (Ia q. 12,a.1)
Certes, nous ne sommes pas Saint-Bernard mais cela ne nous libère pas de notre tâche.
Les droits de l’homme ne s’expriment que dans cette perspective. Seulement, d’avoir extirpé de l’homme toute religiosité et la morale qui lui était associée et de l’avoir remplacé par une sorte d’humanisme rationnel oblige à promulguer lois et décrets puisque nous sommes voués à vivre ensembles, à nous supporter les uns les autres.
Mais ces nouveaux principes démontrent très vite leur insuffisance étant donné qu’ils ne proposent aucune perspective transcendante. Les droits de l’homme, dans le sens où ils sont compris ordinairement sont une imposture. Ils sont irréalisables et seront toujours manipulés et galvaudés. Comment peut-on revendiquer des droits pour ceux qui commencent par mépriser tout droit à ceux qu’ils contraignent ? On exige des droits pour des criminels qui ont nié les droits de ceux qu’ils ont agressés. Cela leur ôte toutes prises de conscience, toutes formes de culpabilité, de responsabilité et d’amendement, globalement de liberté de choix puisqu’on en fait les victimes du système dans lequel pourtant chacun d’entre nous baigne et nous ne voyons pas ce que cela a de contradictoire. On répugne à la peine de mort d’assassins reconnus mais favorisons l’avortement en disputant sur la question des délais, en parfaite opposition avec le respect de la vie, comme si un embryon n’avait pas déjà de l’être. Sous couvert de ces droits on voit surgir les pires turpitudes et bassesses qui n’ont rien d’humain. Aller au plus bas n’est pas un droit.
Ce point de vue est sans doute dérangeant. Il est à contre-courant des idées modernes, actuellement en vogue. Mais la pensée qui prévaut maintenant n’est pas vraie. Elle n’est qu’une mode sujette à changement.
Une question en guise de conclusion :
Est-ce que le néo-ultralibéralisme, mondialisme, à pensée unique et standardisation de l’homme, prôné par moult politiciens, économistes, gestionnaires d’entreprises et commis d’états et ceci scandaleusement jusqu’en Loge soit respectueux et promoteur des droits de l’homme, ne serait-ce que par la pression qu’il exerce sur les emplois et la sécurité du travail ?
Mbx 14 septembre 6000

15° Offrande aux jeunes FF.'.
« Lorsqu’on sait faire une chose on la fait, lorsqu’on ne sait pas la faire on enseigne aux autres de la faire ».                                                                                                                              (Proverbe anglo-saxon)
Alors que j’enseignais la plongée sous-marine avec une méthodologie qui sortait plutôt des casernes que des instituts de « marketing », je suis tombé sur une réflexion du pédagogue américain Carl Rogers disant ceci : « Vous savez que je ne crois pas que qui que ce soit ait jamais appris quoi que ce soit à quiconque. Je remets en question l’efficacité de l’enseignement. La seule chose que je sais, c’est que celui qui veut apprendre apprendra. Tout professeur en puissance est un « facilitateur », une personne qui met les choses sur la table, montre aux gens combien c’est excitant et merveilleux et leur dit de se servir ».
Cette réflexion m’a offert la possibilité de compléter la méthode que j’utilisais, qui n’avait en fait comme seule erreur, que celle de pousser la formation en inculquant des notions estimées comme devant être apprises. Lesquelles étaient toujours accompagnées de la démonstration préalable de ce qui sera exigé par la suite à l’élève, qui recevait ainsi la preuve que celui qui instruit est capable de faire ce qu’il impose. Cet aspect mérite attention car ce n’est pas systématique. Avec en plus ceci de surprenant dans ce cas, aussi chez des esprits rétifs qui, paradoxalement, étaient volontaires à cette formation et s’acquittaient de frais d’écolage.
En fait, il s’agit de rompre avec une méthode d’enseignement plus proche du dressage qui consiste à décider  : « Voici ce que vous devez connaître pour répondre à ce que l’on attend de vous, sans que vous ayez besoin d’en savoir plus ». Cette éducation n’est pas que militaire, elle est aussi plus sournoisement, celle qui a été longtemps utilisée par l’école publique dont le but était de donner l’instruction nécessaire et suffisante aux individus pour qu’ils entrent harmonieusement, par leurs fonctions professionnelles ultérieures, dans le tissu économique et social.
La vision de Carl Rogers a le mérite de la générosité car elle propose de mettre à disposition de l’élève tout ce qui peut lui être utile, sans limites, sauf celles dont peut souffrir le pédagogue lui-même et celles de la compréhension présente de l’élève. Les informations ne sont plus cloisonnées et transmises en fonction d’un but pré-défini comme auparavant, elles sont là. Il y a bien évidemment quelques dangers. C’est celui de faire un mauvais usage des informations reçues et celui où la personne finit par penser par elle-même, au détriment de cette sempiternelle dictature de la pensée unique, plus forte que jamais. Conséquence d’ailleurs souhaitée par la Franc-Maçonnerie pour ses membres.
Seulement, cet aspect n’est qu’un premier pas. Bénéficier d’une multitude d’informations ne signifie pas que l’on soit capable de les ordonner afin d’en tirer le plus grand avantage. Il est nécessaire, non pas de faire une sélection qui finirait par en négliger certaines dont on ne saisit pas la pertinence mais de dégager leur importance respective et surtout de relever les éléments qui les mettent en association. D’où la nécessité d’une personne, qui ayant en partie déjà parcouru la matière qui est l’objet de l’enseignement, puisse en expliquer les difficultés et les moyens de les éviter. Sans soutien de cet nature l’élève s’épuisera dans des chemins de travers et se découragera.
La relation professeur – élève reste indispensable et va reposer sur deux impératifs dont il est impossible de faire l’économie. Il s’agit de l’honnêteté et de l’intégrité du professeur comme de la volonté de l’élève. La question des aptitudes est secondaire car celles-ci peuvent se développer avec le temps. A cela s’ajoutera un élément plus subjectif, qui est de la nature de la relation entre le professeur et l’élève. Elle ne doit pas prendre une tournure « dominant – dominé » qui vicie tous rapports. Le respect mutuel est impératif.
Lors de cette relation va se créer un échange permanent où la volonté et l’ardeur de l’élève au travail conduit le professeur à fournir encore plus d’informations en l’amenant à rechercher plusieurs moyens d’aide à la compréhension des notions afin qu’elles deviennent des acquis. Ce qui produit l’enrichissement de chacun. Celui qui enseigne ne perd pas ses connaissances, bien au contraire mais augmente son bagage par la façon(moyens pédagogiques) dont il permet à l’autre l’absorption de la matière enseignée. Du côté de l’élève il doit y avoir la prise de conscience que l’assimilation des informations et des gestes ne dépend que de son engagement, c’est à lui de fournir un effort, personne ne pouvant apprendre à sa place. Il n’y a aucune aide extérieure à attendre.
Cette méthode d’enseignement est en réalité très proche de celle que la Tradition appelle « de Maître à disciple ». L’enseignement est personnalisé, au gré de l’élève. Il n’est donc en rien collectif, le même pour tous, sans distinction des particularités de chacun.
Maintenant il est possible d’observer plus précisément ce que la franc-maçonnerie peut apporter aux jeunes FF\ et pour cela il est indispensable de définir exactement ce que veut la franc-maçonnerie. Hélas, les points de vue divergent. Pourtant, si l’on veut apporter quelque chose, il faut bien s’accorder sur quoi et s’y tenir et c’est là que demeure toute la difficulté.
Il y a énormément de points de vue et ceux-ci ne donnent pas une vision plus claire parce qu’ils s’opposent et se combattent. Il y a antagonisme à l’intérieur de la franc-maçonnerie même. Ce qui est assez déroutant.
Il est possible d’esquiver le problème en prétendant qu’il n’y a pas lieu de faire ici l’inventaire de ces différents points de vue ou divers courants, ni de relever, lorsque réunis, ce qu’ils peuvent avoir de contradictoires. Par contre, il y aurait lieu d’inviter plutôt les jeunes FF\ vers ce à quoi ils aspirent sincèrement et les orienter selon leur pôle d’intérêt. Cette proposition peut sembler regrettable parce qu’elle conduirait à créer une franc-maçonnerie à plusieurs vitesses ! Pourtant, c’est bien déjà ce qu’il s’y fait puisqu’on retrouve sans peine des FF\ attirés seulement par l’amitié qui peut régner en Loge, l’échange lors des agapes, comme ceux que satisfait l’écoute d’une conférence et le débat qui s’en suit, en majorité un peu tout çà. Mais ce serait négliger toutes les études sérieuses qui sont faites dans le but de transmettre aux FF\ des connaissances historiques de l’origine de l’Ordre comme celles de son organisation, quand bien même qu’aussi brillantes qu’elles soient, ces études restent étonnement statiques.
La franc-maçonnerie se définit comme étant une fraternité initiatique. Mais il y a lieu d’admettre qu’il y a une priorité à établir et c’est l’initiation qui doit être entreprise en premier, la fraternité lui étant subséquente. Si l’on place la fraternité en premier, le risque qu’elle soit synthétique, donc forcée et ressentie comme telle, est bien réel. Alors que si c’est le processus de l’initiation qui est engagé et approfondi, là, la fraternité surgit, sincère, comme celle que partagent ceux qui ont vécu les mêmes épreuves en se soutenant et savent qu’ils peuvent compter les uns sur les autres, dans un élan spontané et désintéressé. En précisant bien dans les épreuves liées à l’initiation qui sont traversées et non dans des sollicitations matérielles.
Le processus de l’initiation est le même partout, quelles que soient les différentes formes que la Tradition a offert aux hommes. Il s’agit toujours d’une prise de conscience de soi puis de l’autre, d’une présence à soi dans une attention permanente à tout ce qui nous entoure, à nos pensées, nos paroles et nos actions. De façon à ce qu’elles s’épurent pour qu’enfin elles ne se concentrent plus qu’à l’essentiel qui est de vivre pleinement l’instant présent, sans que celui-ci soit l’objet d’un projet ou d’une intention précédente.
En acceptant le processus de l’initiation il faut aussi admettre que l’être humain doit passer d’un état à un autre et que la distance qui sépare ces deux états n’est parcourue que par ce processus, le seul respect de la loi morale n’y conduisant pas. Ces deux états nous sont connus, en théorie pour ce qui est du terme puisque celui-ci nous est toujours présenté par des hommes l’ayant atteint. Le Christ pour ce qui est de la Chrétienté. Nous avons donc l’obligation de tendre vers ce but et de tout mettre en œuvre pour l’approcher. Il s’agit d’être en chemin afin que notre faire se juxtapose sur notre dire et là, n’oublions pas qu’un regard un peu critique décèle immédiatement le décalage. La fausse note en musique s’entend immédiatement.
Pour savoir ce qui est à offrir, il faut découvrir ce qui manque, ce dont nous avons besoin et la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui est la parfaite expression de cela. Son origine se précise à partir du 18ème siècle quand la Bourgeoisie se substitue graduellement à l’Aristocratie en déclin, mais en la singeant. Donc sans en conserver l’esprit sinon elle serait devenue aristocratique. Avec une âme réduite et la croyance naïve que la noblesse est conjointe à la richesse matérielle et qu’il faut l’accroître pour accéder à l’autre, la Bourgeoisie n’avait rien pour tenir en place. Elle sombre à son tour et se voit remplacée par la classe directement inférieure, celle des serfs, les « non-initiables » et là avec une totale absence d’âme. Il s’en suit que le tissus social ne résiste que par l’application de lois, de codes et de règlements, toujours transgressés et modifiés sans cesse au gré des besoins. Toutes les valeurs qui fondent notre humanité ont été dénigrées puis récusées, seul l’argent et le sexe sont glorifiés. A part quelques personnes qui émergent encore, il n’y a plus d’homme servant de guide ou de phare aux autres dans le domaine de la politique, de l’économie, hélas aussi dans celui de la culture. En opposition à la discutable théorie de l’évolution de Darwin force est de constater que le monde actuel est en totale régression malgré son prodigieux développement technique qui, en réalité par les conséquences qu’il induit, asservit l’homme au profit des « machines ». A la vérité, la franc-maçonnerie doit être à contre-courant de la mentalité qui règne maintenant, celle-ci étant incurable et vouloir composer avec elle relève de l’utopie. Le Franc-Maçon est en donc en porte à faux avec notre époque et pour être en harmonie avec lui-même, il doit s’y opposer par toute sa manière d’être. D’ailleurs, ne pratique t’il pas l’Art Royal ?
Ce qui est à offrir aux jeunes FF\ ne réside pas dans ce qu’ils pourraient imaginer et attendre dès l’instant où ils n’ont pas encore connaissance de l’étendue du chemin et des épreuves qui le parsèment, comme de ce que peut être l’accomplissement de soi. Seul celui qui a parcouru tout le chemin sait de quoi il s’agit et souvent ne peut rien en dire. Sauf encourager à la marche.
Ce qui est à offrir est alors de deux ordres.

Le premier consiste dans le but même de l’initiation et ne doit pas être différé, ni remis en cause. On entre en Franc-Maçonnerie pour faire un réel travail sur soi, en profondeur, servant à nous révéler nos faiblesses et nos vertus et utiliser celles-ci pour combattre celles-là. Si ce n’est pas cela, la franc-maçonnerie perd sa légitimité. D’autant que c’est nous qui sommes l’enjeu de ce combat. Il n’est pas possible d’être d’accord avec ceux qui ne voient en elle qu’une société de pensée, créée pour améliorer au mieux le tissus social. C’est un point de vue de pharisien.

Le deuxième consiste dans l’exemple que les FF\ doivent être. Les jeunes sont en droit de rencontrer des hommes en marche. Qu’importe si d’occasion nous mettons le genou à terre, se relever compte bien plus. Cette fermeté va les confirmer dans le bien-fondé de leur démarche, les fortifier par une saine émulation tout en sachant qu’en cas de doute ou en trébuchant sur un obstacle, le soutien leur sera acquis, même s’il ne s’agit que d’une remise à l’ordre.

Nous disons que les Trav\ reprennent Force et Vigueur et il faut aussi sous-entendre Rigueur, Gravité et Sobriété. Ce qui est donc à offrir aux jeunes FF\ c’est l’exemplarité et le sérieux qui, contrairement à certaines idées reçues, n’empêchent nullement la joie et le partage mais rejettent la grandiloquence et laissent le lyrisme à ceux qui font profession de théâtre. Le Dr Béat Richner, « Béatocello » de son surnom, disait récemment : « qu’il est prisonnier de sa conscience ». En fait, il faut devenir celle-ci pour ne plus subir sa contrainte. C’est un pas plus loin.
Mbx  Mai 2009 

16° Comment être Maçon
Si nous voulons être enseignés, touchés par la connaissance, nous devons oublier ce que nous sommes et devenir ce qui est enseigné. Savoir que nous ne savons pas nous permet de ne plus être hypnotisés par notre érudition et nous autorise à accueillir ce qu’une autre conscience plus évoluée que la nôtre a déjà expérimenté. Si nous croyons savoir et voulons rester ce que nous sommes, alors, lorsque nous rencontrons la connaissance, nous demeurons en face d’elle sans qu’elle puisse nous pénétrer. Intellectuellement nous le savons, mais nous ne le vivons pas. Il nous faut disparaître entièrement lorsque la Vérité  nous illumine et être recréés à l’heure même par cette illumination. Mourir n’est pas mourir mais quelque soit le sens de notre mort, quelque soit l’angoisse du passage, de régénération en régénération, de purification en purification, de conscience en conscience, nous abandonnons notre torpeur zoologique pour rejoindre la Lumière infinie, pour devenir Lumière éternelle.
Nul ne peut espérer comprendre la F.'. M.'. s’il ne se pénètre pas d’abord de la signification de la notion de symbole.
A mon entrée en F.'. M.'.,  en tant qu’App.'., je me demandais, surtout au cours des Tenues, à quoi servaient tout ce théâtre et ces mises en scène qui précédaient nos cérémonies. Je restais un peu sur ma faim et plein d’interrogations. Ce n’est que plus tard, par imprégnation que j’ai compris que c’était une mise en condition. Que c’était un langage, une gestuelle qui, parce que inhabituelle, me faisaient oublié le monde profane pour entrer dans un monde sacré. Car il y avait ici une façon de procéder et cette façon s’ancrait en moi par son originalité qui ne dépendait d’aucun mécanisme qui normalement régit nos manières d’être ou de faire. Ces gestes exigeaient une attention particulière. C’est alors que les rites, outils etc. prenaient tout leur sens. Les symboles au contraire me semblaient plus familiers, quoique ?
Dans l’acceptation ancienne, un symbole est une figure qui réunit deux réalités, nous pourrions aussi dire deux pans du réel ou deux mondes. Les anciens entendaient par là le monde de la matière et celui de l’esprit, celui de la Terre et celui du Ciel, celui des réalités manifestées et celui des archétypes, lesquels confèrent, à des réalités, forme, sens et vie. Les Hébreux désignaient le premier monde celui du Ma, le second celui du Mi.
Un symbole comme figure perceptible, quelle soit auditive ou visuelle, ou autre, est donc une réalité appartenant au monde de la manifestation.
La Tradition est constituée par les traces que laissent toutes les expériences vécues par les Sages à travers les âges, à travers l’histoire de l’humanité. Ces expériences qui jalonnent le chemin initiatique personnel ont été codifiées par les symboles et les rites afin d’éclairer les diverses étapes du travail d’éveil, sans priver le postulant de son indispensable expérience. Au contraire les rites et les symboles suscitent l’Etre intérieur personnel, sans endoctrinement, par delà les fonctions mécaniques de la pensée et des émotions de l’homme ordinaire. La F.'. M.'.  permet de découvrir et de vivre la dimension particulière des hommes conscients de leurs responsabilités vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres. Pour se faire il faut oser humblement et activement, remettre en question ce que nous sommes, prendre le risque de nous perfectionner, de devenir autre, de nous retrouver dans notre profondeur. La F.'. M.'. ne dispense d’aucun enseignements que nous pourrions absorber par imprégnation, mais elle exige la participation vivante et consciente du F.'. Maç.'. qui expérimente par lui-même les multiples formes du quotidien. C’est en se heurtant aux réalités et difficultés du quotidien que le F.'. Maç.'. acquiert la sensibilité nécessaire à sentir l’éternité dans ce qui n’est pas permanent, je dirais dans l’impermanence. Plus il est assidu, plus il œuvre, plus sa sensibilité s’accroît, plus sa compréhension devient conforme à la réalité.
Dans ses lectures un F.'. Maç.'. peut parcourir son livre une première fois pour comprendre la direction de son chemin, puis reprendre une seconde lecture plus approfondie pour comprendre son propre vécu initiatique et le situer sur le chemin. Enfin lors de la troisième lecture, il se mettra en résonnance avec les mots et les idées pour accueillir en son cœur l’analogie entre le dit et le vrai et ainsi progresser et se faire sa propre opinion.
La tradition maç.'. du REAA donne les moyens d’accéder à la conscience humaine la plus accomplie en nous permettant de nous connaitre, de connaître notre Etre intérieur accordé à l’univers, de comprendre pourquoi nous venons et ce que nous avons à réaliser pour aller où nous devons aller. C’est à cet éveil d’une conscience la plus haute qui entr’aperçoit l’univers caché que nous convie la F.'. M.'. après que la voie ait été ouverte aux divers degrés.
les phrases nous trahissent toujours. Ils ont l’air de nous rapprocher, mais n’ont jamais le même sens intime pour celui qui énonce que pour celui qui les reçoit. Aussi faut-il un long moment avant que la résonnance ne crée l’harmonie.
Cette harmonie n’est pas étrangère à la réalité relative de notre conscience qui anime notre vie et notre compréhension. Ce qui est réel et vrai à un moment donné, aussi bien dans la vie matérielle que spirituelle s’affirme dans un ordre nouveau lorsque notre sensibilité s’élargit et ouvre la porte, donnant accès à une expérience plus vaste.
Ainsi à chaque grade correspondent, appartiennent des réalités relatives et à chaque grade correspondent, concordent des interrogations et des réponses qui, loin qu’elles soient de l’ultime vérité, nous rapprochent de la réalité profonde du moment et des étapes indispensables à vivre.
De même l’initié dans son évolution et sa rencontre avec des grandes vérités provisoires, peut emprunter des directions excessives, notamment lors de l’expérimentation d’une énergie spéciale dite divine. Quelqu’un qui se croit tout à coup illuminé, par exemple ! Pour cela, toute sa recherche devra passer par le contrôle, par l’assimilation des symboles.
Le F.'. Maç.'. n’est pas un humaniste par froide raison mais un humaniste de la spiritualité. Avec lui la spiritualité n’est plus affaire d’homme retiré du monde, ni un humanisme, une affaire de philosophe. Mais les deux se retrouvent dans une même sphère pour nourrir l’appartenance de l’homme de façon double: d’une part, elle lui donne sa dimension terrestre et d’autre par elle le relie au monde subtil du haut, la plus noble possible.
La difficulté du combat pour rester sur la voie du juste milieu est telle que ceux qui ont soif de gain, de puissance et de futilité dénient toute valeur à la spiritualité en dénonçant ses dangers de coupure avec une certaine réalité, alors que les égarés ou touristes de la spiritualité dénoncent la toile d’araignée des matérialistes. Les uns séparent complètement la vie spirituelle de la vie laborieuse, les autres isolent le travail manuel de ses lettres de lumière. Ainsi défini les pièges, les uns et les autres n’ont plus à faire d’effort pour œuvrer à leur Temple et aucun ne peut trouver la vérité.
N’oublions pas que les  francs-maçons constructeurs de cathédrale pratiquaient les deux modes dans une même universalité. Tous les chemins initiatiques sérieux considèrent encore comme le fondement même de la vérité le fait que les activités quotidiennes, loin de détourner l’Etre des considérations supérieures, l’insèrent dans le céleste et le temporel. Le chercheur a donc un effort particulier à accomplir pour changer son point de vue habituel et sa manière de penser et de vivre. Il faut absolument oser. Seuls ceux qui osent avancent sur le chemin initiatique.
La compréhension qui introduit l’harmonie entre le ciel et la terre n’est pas exprimable parce qu’elle ne s’exprime pas de manière ordinaire. Le combat, la compréhension, la transformation qui conduit de l’un à l’autre est uniquement une question de ressenti. C’est le secret de la F.'. M.'. pour cause "d’inexprimabilité".
Le fait de savoir les fausses attitudes, de les reconnaître en soi, d’accepter d’en être porteur, éveille l’éclairage de la conscience qui combat et tranche en douceur dans le faux ou dans le vrai relatif pour laisser place au vrai universel. La claire vision ou représentation de ce qui provient ou découle de l’homme zoologique se complète par l’homme spirituel.
Nous voyons là apparaître un double combat, d’une part contre les préjugés qui font que l’un des deux côtés de l’homme est rejeté d’office, et d’autre part pour que les deux énergies se retrouvent et s’harmonisent en notre centre.
Il n’existe pas de transformation sans ennemis, sans contradicteurs. Nous ne pouvons devenir justes que dans un combat quotidien pour aimer et créer, malgré les courants ennemis qui s’opposent et détruisent en semant la haine et la colère. Lorsque nous aurons compris comment transformer en nous une agression en mouvement d’accord, nous aurons trouvé comment achever l’élévation du Temple de l’Humanité.
C’est grâce aux difficultés, aux frictions, aux combats menés que nous progressons, sur le plan matériel et sur le plan spirituel. Toute l’histoire de l’humanité est basée, conçue  autour d’un axe d’insatisfaction qui la pousse à acquérir plus de connaissance, plus de technique, plus de facilité à vivre et à conquérir. Il en résulte un perfectionnement technologique extraordinaire, qui augurerait d’une amélioration spirituel si nous mettions le même acharnement à notre perfection et, en plus, nous percevrions cela comme aussi indispensable à notre bonheur.
Grand nombre de peurs, d’angoisses qui se lèvent lorsque nous rencontrons des obstacles, sont dues non pas à la dimension des obstacles, mais à la dimension des problèmes intérieurs que soulèvent ces obstacles. Nous découvrons à ce moment là que nous sommes le principal obstacle à notre perfectionnement et que les obstacles sont à notre mesure. Quelle que soit la dimension d’un obstacle extérieur, il se combat par l’intérieur. Le chercheur doit prendre conscience que, tant qu’il n’aura pas vaincu les ennemis intérieurs, il ne pourra véritablement résoudre ses difficultés extérieures.
Quand l’épreuve arrive sur le combattant celui-ci n’accable pas les autres, il se responsabilise et fait face.
Dans ses activités sociales, professionnelles ou familiales, chacun produit ce qu’il est. Le F.'. M.'. conscient de son influence s’engage dans une démarche utile à la société qui l'emploie et à la communauté. Son comportement est le miroir de son Etre intérieur et les personnes négatives lui apportent l’épreuve bénéfique pour vaincre et s’élever dans un combat singulier.
Il est évident que l’initiation maç.'. ne consiste pas s’intéresser qu’aux moments privilégiés de la Voie Royale qui nous séduisent intellectuellement ou émotionnellement, mais à expérimenter chaque étape qui prépare la suivante.
Je dis bien avoir expérimenté et non pas savoir par cœur comme une leçon apprise dans le livre d’App.'. ou de son grade. A chaque jour suffit sa peine à chaque grade suffit son enseignement. Car bien que la F.'. M.'. s’inspire de la philosophie, de lecture ou de légendes, elle est avant tout un travail d’architecture qui se construit avec les outils à disposition. A l’expérience s’ajoute le contrôle par les outils afin d’éviter les réflexes dus à nos réactions automatiques que la mémoire, imprégnée par les faits du passé, nous fait subir instinctivement, machinalement.
Chacun utilisera les outils, les symboles et surtout  les rituels selon sa personnalité, certains sont kinesthésiques et réagissent au toucher d’autres sont visuels et d’autres s’imprègnent petit à petit comme par immersion etc.  La F.'. M.'. ne construit pas pour nous, l’initiation ne fait aucun miracle, il y a une méthodologie, un savoir faire, qui nous vient du fond des âges, expérimenté avant nous et en nous mettant sur ce chemin nous pouvons décider de notre perfectionnement, lent, rapide ou superficiel avec les conséquences qui en découlent.  
Respecter le rite et ses rituels n’est donc pas une attitude de soumission passéiste, conformiste ou réactionnaire mais l’expression d’une courtoisie vis-à-vis des autres chercheurs, l’expression d’une volonté d’œuvrer ensembles à conquérir la Sagesse, la marque respectueuse d’une confiance en notre avenir par la Connaissance du Rite. Pratiquer la discipline vestimentaire et gestuelle extérieure, c’est aussi montrer une volonté de maîtriser un équilibre intérieur juste et correct dans toutes les situations.
Je conclus ainsi : si nous vivons vraiment nos enseignements initiatiques, cet Art initiatique va commencer par établir un lien de conscience avec notre corps puis du corps avec l’Etre (avec un E majuscule) et enfin de l’Etre avec l’Esprit. A ce moment de maturité humaine nous aurons retrouvé notre connexion avec notre origine supérieure.
Guy, Mai 2010

17° Eglises et franc-maçonnerie
Préambule
Le 5 mars 2007, dans le quotidien français « Le Figaro », un bref article annonçait :
 « Le Vatican redit son opposition aux francs-maçons ». Le point de vue de l’Eglise catholique est clair, il y a incompatibilité d’appartenance. Le catholique romain qui est  membre de la franc-maçonnerie est en état de péché grave et ne peut pas participer à l’eucharistie. Il n’est plus excommunié comme autrefois mais ne peut recevoir la communion que s’il quitte la franc-maçonnerie. Un problème de conscience risque de le perturber.

Introduction
Avant d’étudier les raisons de cet interdit de l’Eglise catholique, il y a lieu de regarder la position des autres communautés ecclésiales et celle des autres religions en précisant que le terme – religion – recouvre au moins deux aspects distincts. Ceci ayant pour conséquence qu’il y a une confusion entre la religion comprise en tant que phénomène ou en tant que mouvement religieux. Confusion entretenue par le passage constant de l’un à l’autre de ces aspects. Par exemple : le christianisme est une religion dont l’origine provient de la parole et des actes de Jésus-Christ, transcrits par les Apôtres dans les Evangiles, le protestantisme est un mouvement religieux d’inspiration chrétienne.
Il importe d’avoir toujours à l’esprit cette distinction pour ne pas s’écarter du sujet. D’autant que dans ce domaine la difficulté est permanente parce qu’il faut dépasser les réticences ou les réfutations. Il est aussi nécessaire de regarder le problème posé par la franc-maçonnerie dans la perspective du phénomène religieux et dans ses relations avec les divers mouvements religieux, sans mêler ces deux volets qui ne peuvent tout simplement pas être mélangés sans que l’on introduise volontairement ou non des erreurs.
La franc-maçonnerie comme religion ?
Il peut être dit qu’une religion pratiquée par les hommes n’est pas d’eux mais qu’elle leur a été inspirée alors que l’organisation de la religion est laissée à leur bon vouloir, à partir de ce qui leur a été inspiré. Autrement dit, le phénomène religieux est un outil confié aux hommes, le mouvement religieux est ce qu’ils font de cet outil. Il n’y a pas égalité de valeur entre ces deux éléments. Le premier est plus important que l’autre, même s’il est toujours relégué au second rang, justement par les hommes qui privilégient l’organisation à ce qui la fonde et c’est précisément ce qui génère les problèmes. La primauté doit toujours être accordée à ce que nous appelons le phénomène religieux, soit ce lien d’union entre l’homme et la divinité, dans un rapport direct et moral.
« Car ce à quoi le fidèle s’attache comme à l’essentiel de sa foi, ce n’est pas à un objet… c’est à un sujet, non seulement doué de vie, de volonté mais encore mystérieux, inaccessible aux prises naturelles de notre pensée et de notre action, ne se livrant que par grâce… d’où l’idée, essentiellement religieuse, d’une tradition qui transmet la révélation… L’élément social ou individuel n’est que subordonné, comme moyen ou une matière ; ce n’est pas l’élément formel de la religion» (Vocabulaire technique et critique de la philosophie A. Lalande PUF page 917).
Etant donné que la religion est la reconnaissance par l’homme d’une puissance supérieure de qui dépend sa destinée et à qui respect et obéissance sont dus, entraînant par suite une attitude intellectuelle et morale servant de règle de vie, permet d’affirmer que la franc-maçonnerie est un phénomène religieux. Ses membres, pour la plupart, admettent et respectent le principe d’une personne de nature surhumaine appelée le G.'.A.'. de l’U.'. Les diverses réunions sont ritualisées en vue d’un enseignement suggéré au moyen d’allégories et de symboles et les franc-maçons tentent d’appliquer, dans leur vie de tous les jours, le code maçonnique, règle éthique devant se superposer aux lois sociales propres à chaque nation. C’est donc une religion mais qui ne puise pas son origine d’une révélation divine ou de l’enseignement d’un Eveillé ayant nature humaine. Elle ne peut donc pas être dite « naturelle ». Elle est une synthèse, sans doute cohérente, d’apports de plusieurs religions, principalement des mystères antiques, du judaïsme et du christianisme et de mouvements occultes tel l’alchimie, en n’intégrant que ce qui est commun à tous, estimé essentiel et nécessaire à l’élaboration de la personne humaine.
Cette affirmation sera contestée par une partie des membres de la franc-maçonnerie, hérissés par la notion de religion, comme s’il s’agissait d’une régression intellectuelle ou d’un retour à l’irrationnel. Alors que ce n’est qu’une autre manière de voir le même problème. C’est aussi une confusion qui associe religion et bondieuseries. La franc-maçonnerie comporte tous les ingrédients qui définissent ce qu’est une religion, elle base son enseignement sur la saisie intuitive du sens des symboles dans une perspective spirituelle et l’aspect religieux qui en découle en est, au sens strict, le terme. Etymologiquement « religion » vient du latin « religare », relier, mettre ensemble. En franc-maçonnerie, il faut rassembler ce qui est épars et il serait intéressant de connaître une bonne fois pour toutes les motifs de ceux qui rejettent cet aspect.
Points de vue des autres religions
Maintenant que ce constat est fait, il est possible de placer la franc-maçonnerie en regard des autres religions et observer leur attitude respective vis à vis de celle-ci. Pour ces comparaisons sont retenus : le bouddhisme, l’hindouisme, l’islam, le judaïsme et le christianisme. Le christianisme occupe la plus grande part car il est composé de plusieurs mouvements que sont l’anglicanisme, le protestantisme, l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique romaine, celle-ci faisant l’objet d’une comparaison plus approfondie. Il est difficile d’être précis parce que les positions ne sont pas nettes, de même qu’il y a de notables différences dans la pratique d’une religion selon la région où elle s’exerce, comme elles peuvent changer dans le temps. Ces positions ne sont donc que générales et à prendre avec prudence parce que non définitives.

  • Le bouddhisme, qu’il soit tibétain, zen ou autre est globalement indifférent.
  • L’hindouisme a le même comportement que le bouddhisme. Ces deux religions se considèrent comme des voies spirituelles complètes et ne se sentent donc pas  entravées par la présence d’autres mouvements. De plus, la notion de compassion qu’elles pratiquent exclut la recherche de conflits.
  • Le judaïsme est tolérant, il n’y a aucune interdiction à être juif et franc-maçon. Il n’y a qu’une réserve, que le chemin de la synagogue ne soit pas oublié. Par contre, les juifs ultra-orthodoxes sont fermement réticents.
    L’islam, qu’il soit chiite ou sunnite, est actuellement hostile, notamment depuis la montée de l’intégrisme. Il n’en a pas toujours été ainsi puisqu’à l’intérieur de l’islam il y a un très ancien courant d’ésotérisme vécu par les confréries soufies. Tout en ne perdant pas de vue que ces confréries mystiques dérangent plus ou moins, elles ont été souvent condamnées et persécutées.

Le christianisme est une religion divisée en plusieurs mouvements, il n’y a donc pas une position propre au christianisme. Il est alors nécessaire de regarder la position de chacun de ces divers mouvements. 

  • L’Eglise orthodoxe, à part la grecque, ne formule pas de réserve à l’encontre de la franc-maçonnerie.
  • L’Eglise anglicane a eu, jusqu’à peu, une attitude plutôt conciliante mais celle-ci est en train de changer et s’achemine vers beaucoup plus de restrictions. Les raisons supposées sont qu’un rapprochement avec Rome est en cours, dont les modalités se précisent et où le pape Benoît XVI est particulièrement actif. Le retour de l’Eglise anglicane dans le giron de Rome serait assurément un succès au plan de reconquête entrepris par le Vatican. La branche méthodiste est franchement hostile alors que la baptiste n’exprime pas ouvertement de réserves.
  • Les communautés ecclésiales protestantes, réformées et luthériennes acceptent la franc-maçonnerie dans ce qu’elle est en tant qu’institution marquée par le libre examen mais avec toutefois quelques réserves d’ordre théologique.
  • L’Eglise catholique romaine est intransigeante. Sa position est analysée plus en détail.

Historiquement les condamnations papales débutent en 1738, par la bulle « In Eminenti » de Clément XII puis suivent une succession de bulles et d’encycliques dont celui de Léon XIII « Humanum genus », jusqu’en 1983 avec le nouveau Code de droit canonique et la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée par l’ex-cardinal Joseph Ratzinger. L’opposition c’est donc manifestée très rapidement, 21 ans après la naissance de la franc-maçonnerie moderne, 15 ans après les premières Constitutions de 1723 et immédiatement après celles de 1738. Les réactions ont donc été très rapides. Les motifs d’opposition sont multiples et portent principalement sur :

  • La culture du secret, tant en interne qu’envers l’extérieur, répétitivement promis, au plan de l’activité en Loge, des rituels et de l’appartenance.
  • L’ésotérisme, cette particularité de ne proposer un enseignement qu’à de seuls initiés et portant sur un savoir toujours prétendu caché et dont l’accès est constamment reporté au degré suivant. Le contenu des Evangiles est à la disposition de chacun, il n’y a pas de secret dans la doctrine chrétienne.
  • Le primat et l’autonomie de la raison et le rejet de toute vérité révélée, base du naturalisme où rien n’existe en dehors de la nature. La vérité ne peut pas être atteinte, l’homme se perfectionne sans cesse lui-même, il n’attend ni grâce, ni salut.
  • Le remplacement du Père Céleste par le G.'.A.'. de l’U.'. Symboliquement la différence est importante, il y a un abîme entre le Ciel symbole et l’univers, astronomiquement indéfini. Comme défense, l’appellation de G.'.A.'. de l’U.'. peut être comprise comme un nom de plus à la longue liste de ceux utilisés pour désigner Celui dont on ne doit pas prononcer le Nom.
  • L’absence de référence à Jésus-Christ. Ce point est discutable, le Christ est symboliquement présent en tant qu’objectif à atteindre au 1er Grade déjà. Il en est de même pour la Sainte Vierge et d’une certaine manière la Trinité. Mais ces présences sont abstraites, contestables et leur saisie incertaine.
  • La liberté de croyance qui rejette les dogmes religieux et place toutes les religions sur le même pied d’égalité. Comme la vie du catholique est affirmée par le Credo, à elle seule cette situation est inconciliable.
  • La morale sans Dieu faisant que les règles morales suivent le cours des évènements et les modes est en conflit avec la Loi divine qui est intangible.
  • Un complot contre l’Eglise. Ce point est inexact, la franc-maçonnerie ne complote pas formellement contre l’Eglise mais il y avait bon nombre de francs-maçons anticléricaux qui se sont investis pour la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Sa perte d’influence devient importante, par exemple l’éducation lui échappe et devient publique.

Justifications et contestations
L’Eglise catholique romaine qui est aussi un mouvement religieux d’inspiration chrétienne et une importante institution fortement hiérarchisée, unique en son genre, s’affirme comme la seule et véritable Eglise du Christ, indépendamment des autres mouvements chrétiens. Elle condamne systématiquement ceux qui s’écartent de la voie tracée et avertit ceux qui seraient tentés de le faire. Ses reproches principaux sont dits d’ordre doctrinal, pour elle la démarche maçonnique est fausse, elle ne conduit nulle part et le franc-maçon risque d’être instrumentalisé à son insu. Cela expliquerait que les Jésuites aient quitté les Loges.
Selon la plupart des francs-maçons, les reproches sont politiques, réactions à la concurrence que la franc-maçonnerie exercerait au détriment de l’Eglise, en favorisant les notions de libre-pensée et libre-arbitre, égalité, tolérance, laïcité ainsi qu’à son attrait pour des mystères cachés jusqu’alors, l’Eglise garderait les hommes dans l’ignorance. Seulement, on ne sait pas en quoi consiste cette ignorance.
La vérité ne peut pas être cernée parce que la doctrine sert souvent de prétexte à l’action politique. Il est indéniable que Rome a fonctionné comme un centre de pouvoir sur les hommes. Mais reste toujours la question de savoir s’il s’agissait de les asservir ou de leur éviter de quitter le « droit chemin ». Cette hypothèse n’est pas à écarter parce qu’il est admissible que, forte de plus de dix-sept siècles d’expériences, l’Eglise possède une indiscutable connaissance de la nature humaine et qu’elle a établi des garde-fous. L’homme ne peut tout simplement pas être laissé à lui-même sans que son animalité reprenne le dessus. La dégradation des mœurs, le choix des idoles et les préoccupations du monde actuel en sont les preuves évidentes et ce que nous déplorons aujourd’hui ne sont que les effets de causes engagées précédemment.
Nous apprenons qu’historiquement l’Eglise catholique a toujours combattu les hérésies, aurait maintenu une sorte d’obscurantisme et qu’ainsi beaucoup de sang aurait été versé. Même si c’était le fait du bras séculier, elle en a été le témoin passif et cela reste une étrange attitude venant de celle qui détiendrait la Vérité, surtout celle du Christ. Ceci a d’ailleurs amené le pape Jean-Paul II à présenter les excuses de l’Eglise. Le malaise persiste parce que l’Eglise a rencontré beaucoup d’oppositions au cours du temps. Mais c’est à elle d’en définir les origines, comme il faut aussi garder une certaine réserve quant à la stricte exactitude des faits et de la nature des récriminations car l’éventualité que l’Histoire soit faussée par l’intention de discréditer l’Eglise est à retenir.
Maintenant, pour essayer de comprendre, il faut imaginer que l’opposition dite doctrinale ne s’exerce pas au même niveau que l’opposition dite politique. Le niveau doctrinal qui procède du phénomène religieux s’adresse à l’homme, dans ce qu’il doit faire et suivre pour grandir dans sa vraie nature humaine. Le niveau politique part du mouvement religieux et s’adresse à la masse, dans ce qu’elle doit respecter pour que chaque homme, en son sein, ait accès à la découverte de sa nature. Ce niveau doit être satisfait pour envisager le suivant et il doit rester organisé. Donc, pour que le niveau doctrinal puisse être entrepris le politique ne doit pas être une débandade. On ne peut pas grandir sainement dans un milieu délétère.
La doctrine chrétienne défendue par l’Eglise catholique affirme que : « Dieu s’est fait Homme afin que l’homme devienne Dieu ». En franc-maçonnerie l’homme doit se perfectionner sans cesse afin qu’il puisse s’insérer dans le Temple idéal de l’humanité. Ces deux échéances sont différentes. Dans le christianisme l’homme doit faire retour au divin, c’est une démarche personnelle, en franc-maçonnerie c’est plus le vivre ensemble qui est recherché avec tout ce que cela comporte comme concessions et respect de l’autre. Ces exigences ne sont pas du même ordre. La chrétienne est verticale, l’autre transversale et dans cette direction il n’y a pas de transcendance. Les actions ne sont pas concomitantes, elles ne s’opposent pas, elles se succèdent. Mais cet aspect doit encore être précisé.
Selon ses reproches l’Eglise associe la franc-maçonnerie à la débâcle. Principalement en affirmant des libertés où il n’y en a pas, ce qui provoque un affaiblissement des mœurs et récusé des références qui sont depuis négligées. Elle n’a pas tord car, lorsqu’il s’agit de promouvoir l’Homme, il faut en garder au moins un modèle et qui soit en résonance avec le mode de culture auquel on est incorporé. Il est impossible de projeter un idéal dans le futur alors que celui qui a été antérieurement proposé n’est pas encore assimilé et relégué comme un fait historique alors que la nature du Christ est intemporelle, Il n’est tout simplement pas du monde. C’est pour cela qu’autrefois Il était représenté « en gloire », au fronton des églises romanes.
Seulement, durant le 18ème siècle se sont amorcés de très importants bouleversements scientifiques, techniques et sociaux qui imposèrent une autre façon d’appréhender le monde, dans sa création, sa justification et sa finalité. Le rationalisme va triompher de l’empirisme et il conduit à d’autres représentations et relations avec le divin, voire aucunes. Ce n’est pas sans conséquences. Parmi celles-ci il y a l’accélération de la désacralisation de la Vie. La Terre ne sera plus la Mère nourricière mais un vaste domaine à exploiter sans limitations et dès lors dépendant d’activités commerciales grandissantes. La morale n’est plus normative, elle est remplacée par des règlements qui suivent le cours des évènements en développant l’individualisme. Il se produit un irrésistible attrait pour le progrès et le matérialisme qui l’accompagne comme cette curieuse assurance prétendant que seule cette façon d’envisager la vie humaine est la bonne et l’affirmation que tous les mystères seront résolus par la Science. Ce ne serait qu’une question de temps. La franc-maçonnerie moderne est conjointe à ces transformations. L’est-elle en tant que fruit ou moteur ? La question se pose parce qu’elle promeut ces changements et souhaite en faciliter l’assimilation. Alors que l’Eglise catholique reste fermement conservatrice et campe sur des valeurs incontestables, mais qui ne sont plus applicables au monde tel qu’il se modifie, il ne peut plus être pensé et vécu comme auparavant. Pourtant, il s’effondrera un jour avec les valeurs qu’il colporte. 
Il est difficile de savoir si l’Eglise catholique est détentrice de la Vérité car cette connaissance n’est donnée que par l’expérience qu’on en a. Actuellement, il ne suffit plus de le dire, il y a une attente systématique de preuves. On peut le croire, ce n’est alors qu’un acte de foi. La Vérité est vécue, elle ne vient pas par l’étude. En prenant la montagne pour symbole, on saisit bien que seul celui qui a atteint le sommet peut, en regardant la voie choisie et parcourue, déceler ceux qui s’égarent en chemin et, à cet instant, tout à sa joie, n’inclinerait-il pas plutôt à les guider qu’à leur jeter l’anathème, le Christ n’est-il pas allé chercher la brebis perdue ?
Que l’Eglise catholique condamne la franc-maçonnerie c’est son affaire, n’entrons pas dans ce jeu. Par contre, examinons plutôt la pertinence du message qu’elle transmet en regard de ce que sont et font réellement les francs-maçons, en acceptant le postulat qu’ils peuvent se perdre dans des chemins de travers. Se distancent-ils du monde, y en a t’il un qui ait atteint la vraie Lumière par l’exercice de la franc-maçonnerie ? tout en laissant au temps le soin du verdict. Nous n’avons pas encore la preuve que la direction prise par le monde soit heureuse mais nous avons un signe, la nostalgie des vraies valeurs. Il ressort de cela que l’Eglise catholique devrait avoir la même attitude que le bouddhisme. Sauf que sa vocation est d’être missionnaire avec une constante volonté de conversion. Mais ces vertus deviennent très vite oublieuses de la personnalité du vis à vis. Ce qui ne va pas sans rébellion et rejet.
Conclusions
Il est impossible d’apporter une preuve qui serait satisfaisante parce que l’intention réelle de Rome ne sera jamais connue. Doctrine, politique, la question reste entière, l’Eglise sait parfaitement faire usage de la rhétorique. L’éventualité qu’elle voulait régenter toute la Société n’est pas à exclure et cette hypothèse n’est pas sans cohérence, ses préceptes servent la personne comme la Société. Pour elle, il n’y a pas la nécessité d’autres systèmes. Mais cela ne s’est pas réalisé parce qu’elle a vraisemblablement préféré son organisation à l’Esprit qui l’insuffle. La position de la franc-maçonnerie n’est pas totalement claire non plus. Par contre, elle a le mérite d’offrir une structure où peuvent se rencontrer sans contraintes des hommes de tout horizon et sans aucune discrimination. Il ne leur est demandé que d’être honnêtes et loyaux. Cela laisse un léger dépit mais aussi une solide conviction. L’Eglise catholique, en tant qu’institution, est ce quelle est. Par contre, son enseignement n’est pas critiquable, pas plus que celui proposé par la franc-maçonnerie. Encore faut-il les suivre pour savoir exactement jusqu’où ils conduisent. La réponse ne peut pas être ailleurs.
Donc la priorité reste entière, c’est à l’homme d’œuvrer, quelle que soit la religion adoptée et devenir ce qu’il doit et cela reste très difficile en dehors d’un système établi. Pour déterminer la valeur d’un chemin il faut le parcourir au plus près de son terme. Ce qui fait que l’homme est toujours ramené à sa responsabilité. Ce qui le distingue de ses semblables c’est son acceptation et sa mise en route. Accepter, c’est aussi s’en remettre à quelque « chose », la spiritualité dépend obligatoirement d’une perspective qui nous précède, qu’on cherche à rejoindre et si le doute est recevable en ce domaine, la négation confine l’absurde.
Poser la question « peut-on être chrétien et franc-maçon » comme le fait Mgr Rey n’a pas vraiment de sens. On s’achemine vers l’Homme ou non. Elle est là, la question à laquelle les catholiques doivent aussi répondre, leur seule appartenance à l’Eglise ne les en dispense pas. Finalement, il peut être affirmé que pour celui qui est en chemin ce problème n’en est plus un.
Mbx
Automne 2009                                                       
Sources :
Léon XIII   Encyclique « Humanum Genus »
Mgr Dom. Rey  « Peut-on être chrétien et FM » Ed. Salvator
Le Monde des religions « 20 clés pour comprendre la FM » Hors série N°6

18°La tentation du politique
Souvent, le reproche est fait à la F.'.M.'. suisse de ne pas s’engager politiquement, de ne pas prendre position dans les débats de Société. On lui oppose, surtout en Romandie, l’exemple français, principalement l’investissement du G.'.O.'. de France dans la Cité, avec comme répercussion l’augmentation du nombre de leurs adhérents alors que le nôtre stagne.
Ce reproche semble avoir un fond de vérité dans l’approche du problème. Il n’est par contre pas certain au final. Précisément parce que l’exemple donné n’est pas le meilleur et qu’il a plutôt un impact négatif sur l’ensemble des citoyens. Les positions prises par ces FF
.'. sont discutables, elles ne font pas le bien de tous. Elles sont même fortement critiquées et c’est toute la F\M\ qui est déconsidérée par ce biais. La presse écrite le relate régulièrement. C’est exactement le danger encouru et il doit être esquivé. Sans parti pris, il suffit de constater avec quelle virulence l’Eglise est attaquée pour le comprendre.
Seulement voilà, cette tentation du politique surgit lorsque le F.'.M.'., étant monté en grade, se persuade qu’il a quelque chose à dire, que quelque chose doit être fait et qu’il sait justement de quoi il s’agit et ce qu’il faudrait faire pour bien faire. La réalité est tout autre
Il y a des affections chroniques qui ne nous quittent qu’avec le temps. Ce sont celles qui nous portent à croire que nous pouvons changer le monde. Le projet de l’initiation n’est pas celui de changer le monde mais celui de transformer l’homme, en le découvrant lentement jusqu’en sa profondeur la plus intime, qu’il digère, aussi laborieuse qu’elle soit, la connaissance de sa vraie nature, que nulle ombre n’échappe à l’éclairage afin qu’il puisse agir ensuite sur lui-même. Il y a des tâches d’identification puis de correction à entreprendre avant toute chose. Elles doivent se faire en suivant. Le reste est affaire de conséquences ou de retombées.
L’initiation est le début d’un processus, c’est la mise en marche d’un projet. C’est le passage de la potentialité à l’acte. Ce n’est donc pas l’accomplissement, celui-ci est à venir. On oublie qu’en F.'.M.'. les grades conférés ne sont que les préfigurations de ce qui viendra, peut-être, plus tard. Ce ne sont pas des certifications qui permettent de s’affirmer au grade auquel on a été promu. Dans une voie initiatique traditionnelle il y a toujours un Maître qui authentifie le degré de réception de Lumière. Cela reconduit à une juste appréciation des choses. Ce point est particulièrement clair dans le bouddhisme zen. Il y a donc plus de vérité dans la fausse proposition disant : « que nous restons toute notre vie des apprentis » que dans la croyance d’une réalisation intérieure. Dans le chemin vers la spiritualité on n’est jamais assez prudent car les pièges sont nombreux, inattendus et insoupçonnés. Celui du politique en est portant un des plus visibles. C‘est une très grave erreur que minimiser les pouvoirs de la « Bête ».
Nous entendons par les partisans de l’action politique qu’il faut un débat d’idées, voire l’apport de nouvelles idées. La proposition est savoureuse lorsqu’elle émane d’adolescents. Mais elle prête moins à sourire lorsqu’elle provient d’hommes sensés avoir mûris, sachant que ce qui devrait être fait depuis longtemps ne l’est pas encore, parce que rien n’a été commencé sauf des discours. De plus, rien qu’au plan des idées, consentons qu’il n’y en a pas de nouvelles. Elles sont toutes là, toujours les mêmes, ne variant que sous la forme mais jamais sur le fond.
Traditionnellement il y a une séparation entre le Royaume qui est attribué à la Divinité et le monde à l’adversaire. Le F.'.M.'. se consacre, s’il est cohérent, à l’Art Royal. Il opte donc pour le Royaume. L’homme se trouve très exactement à l’articulation de ces deux domaines, semblablement à ce miroir qu’on appelle une psyché. Lequel étant monté sur un axe horizontal permet de l’incliner et donc de diriger la réflexion vers le haut ou vers le bas mais nullement vers les deux ensembles. Il en est de même pour l’homme, il ne peut pas servir deux maîtres à la fois. Il porte donc son choix pour l’un ou pour l’autre. Comme la politique s’occupe d’intervenir dans le monde celui qui s’engage en politique deviendra un serviteur de l’adversaire. La logique a de terribles exigences.
Le monde est caractérisé par une constante dualité. C’est à dire que les affaires du monde sont toujours du même ordre, les côtés pile et face de la même pièce où l’un n’est pas compréhensible sans l’autre. Le miroir nous offre à nouveau la possibilité d’appréhender ce qui se passe. Le reflet  correspond à la chose mais n’est pas la chose. Donc ce qui semble être du Royaume dans le monde n’est pas le Royaume mais son reflet. La Beauté, par exemple, n’est pas du monde. Elle est un attribut du Royaume se reflétant dans le monde et nous donne un aperçu de ce que le Royaume est pour nous inviter à pivoter vers lui. Alors, pour vivre la Beauté il faut être admis dans le Royaume ou se contenter d’un ersatz.
En politique la droite s’oppose à la gauche. Mais il n’y a pas de centre véritable. Ce n’est qu’une zone floue et variable où la droite et la gauche s’entremêle au gré des contingences. L’erreur consiste à croire que l’une est le reflet de l’autre, que l’une est le Bien et l’autre le Mal, comme si l’une provenait du Royaume pour éclairer le monde. Il n’en n’est rien. Il s’agit simplement d’une différence de représentation de la même manifestation. Nous sommes devant les mêmes appétits. Nous restons dans le plan, à l’horizontale alors que l’homme est en réalité proposé à la verticalité. Sinon, à quoi nous sert le symbole de la croix ?
Toute la différence est donc là. Le Royaume et le monde sont séparés, ce sont deux domaines distincts.
  Mais ils ont en commun un point d’intersection. Dans le monde il n’y a pas de séparation, tout est désespérément plat et du même genre. L’homme est déposé à ce point de jonction afin qu’il puisse exercer sa liberté qui est celle de choisir sa voie. C’est la seule liberté dont il dispose. Il n’y en a aucune dans le monde, celui-ci n’est qu’un champ où miroitent des reflets, des illusions selon les orientaux. Toutes les souffrances générées dans le monde n’ont pas d’autre origine que celle où l’homme poursuit ces reflets pour s’en saisir, quand il rejette la proie pour l’ombre. Consumer son énergie pour cela est absolument vain et justifie qu’on y réfléchisse.
Contrairement aux ordres monastiques qui s’écartent du monde pour l’éviter, se débarrasser de ses influences et retrouver une certaine virginité de l’âme, le F.'.M.'. vit dans le monde. Il faut être très fort pour ne pas subir la pression du monde d’autant que les conditionnements se font passivement, à notre insu, par une lente perfusion quotidienne. Il est donc difficile d’agir indépendamment alors que ce qui nous est infusé l’est pour que nous agissions justement dans le sens où va le monde. Le résultat ne sera jamais celui qui est attendu.
On rétorquera que faire de la politique c’est défendre des idées. Mais les idées n’ont pas à être défendues, elles existent de tout temps. Ce qu’elles demandent c’est d’être actualisées, d’être mises en pratique. C’est donc du travail et c’est bien ce qui rebute parce qu’il faut bien plus d’énergie pour faire une chose que pour en parler. Donc, il suffit d’exécuter ce qui nous est commandé, servir d’exemple et les choses suivront.
On argumentera aussi qu’il faut rapporter dans le monde ce qui a été assimilé dans le Temple. L’injonction est louable mais qu’est-ce qui a vraiment été compris. Qui peut affirmer avoir vécu, en lui-même, ce complet chambardement qui fait appréhender ensuite le monde avec une vision claire. Bien présomptueux celui qui le prétend. Alors, avant de sortir du Temple il vaut mieux s’assurer de son propre accomplissement, en sachant que l’intention d’agir dans le monde peut disparaître simultanément.
Il est quasiment impossible de participer à l’action politique sans s’incliner vers une tendance, donc s’affilier à un parti. S’élever au-dessus des factions signifie qu’à terme celles-ci se séparent de celui qui ne s’est pas coulé dans le moule et c’est une voix, même reconnue sincère et vraie, qui se perdra dans le désert. Le seul endroit où le F.'.M.'. peut exercer son action dans ce domaine, c’est au sein d’une petite communauté villageoise où les intérêts de tous sont la priorité et ce n’est que la gestion honnête du bien commun qui est poursuivie. Mais il y a rapidement une dimension à la communauté où les intérêts particuliers surgissent, s’opposent au bien général et cherchent des alliances pour s’imposer. Alors la communauté se divise en gagnants et en perdants avec l’immanquable jeu des compromissions et des tractations douteuses.
Dans tous ces cas, si le F.'.M
.'.
porte et chérit son idéal, il ne peut pas trouver là d’apaisement. Il y aura toujours cette part de son agir qui lui laissera de l’amertume et il découvrira qu’elle a plus été une entrave à son développement qu’un moyen de réalisation intérieure. C‘est dire que l’engagement en politique représente une certaine source de désenchantement auquel il faut lucidement consentir. Celui qui conçoit se sacrifier à cette activité en se justifiant par ce qui serait sa « destinée », laissera un nom ou une marque quelque part, en guise de consolation. Il nous a pourtant bien été dit : « Soyez passant ! »  Comme il y a un adage tibétain bien plus direct et précis disant : « Toute vie qui n’est pas consacrée à l’Esprit est une vie pour rien ! »
Mbx
Juin 2009
 

19° La F.'.M.'. peut-elle vous aider à exprimer le meilleur  de vous-même ?
Comment arriver à obtenir le maximum de soi à la recherche du bien-être ? Comment se sentir au top ?
Commençons par élever notre regard au-dessus des contingences, à extraire l’essence dans le fouillis des apparences, à transcender, à dépasser les affirmations non expérimentées ou ne pouvant se dupliquer
 à loisir. Ainsi tout devient indice et piste dans le spectacle du monde, dans les symboles comme dans les allégories, dans la vie de nos ancêtres comme dans celle de nos contemporains.
S’auto-centrer pour se construire, pour se fortifier dans un équilibre propre à son épanouissement personnel est une recherche de tous les jours.
Penser son projet, fonder son concept et chercher à se renouveler, à innover, c’est vouloir réussir sa vie dans toute sa dimension et préparer son futur. Plus qu’un challenge c’est un impératif pour un F.'.M.'. avisé voulant approfondir la matière proposée afin de trouver l’engrais nécessaire à son épanouissement. S’il y a projet il y a plan, Maître d’œuvre et but. Car un projet ne prend son sens
 que par sa réalisation même si celle-ci n’est toujours qu’approchée. Il faut donc bien que quelque chose d’extérieur dresse le plan, que l’ébauche soit dégrossie, que le but apparaisse. Ne craignez pas de prendre exemple sur vos FF.'., ils apportent une vraie valeur ajoutée qui peut donner une impulsion efficace à vos aspirations. Interrogez-les si nécessaire car c’est le rôle des FF.'. Maîtres de savoir accueillir les propos comme aussi le travail de tous les FF.'. Tout investissement dans votre propre recherche vise à trouver en vous le meilleur équilibre possible à devenir un homme bon dans les différentes dynamiques que sont : "soi-même, sa famille, son travail et la société en générale".
Le simple copier-coller peut déjà aider
 le chercheur à réfléchir car il faut aussi accomplir cette tâche. Toutefois, je ne l’encourage pas car la recherche des sources prévaut. Il n’y a pas d’identité sans authenticité. On pourrait parler ici de l’ADN de l’expérience, car notre bien-être futur sera expérimental ou ne sera pas.
Chercher la cohérence avec soi-même et les autres et trouver la complémentarité chez les FF.'. voilà une expérience globale, elle commence avec les premiers pas de l’App.'.
Le but de la F.'.M.'. est de faire vivre à chacun une expérience unique qui va valoriser pleinement l’expérience globale au cours de sa vie. Pour ce faire, la connaissance de soi, de son ADN pourrait-on dire, est une histoire vraie tout simplement. La compréhension des besoins non satisfaits paraît cruciale. Alors, selon moi, selon la F.'.M
.'.  cette recherche s’oriente peu à peu vers l’idée du "se sentir bien".
L’objectif de cette démarche maçonnique est de savoir raconter et vivre sa propre histoire en pouvant la dupliquer, la partager avec les autres
  FF.'., partenaires du projet de vie et de son amélioration comme dans la philosophie, tradition dont nous faisons partie et que nous expérimentons chaque jour ou à chaque Séance et Tenue.
Il existe et coexiste sur ce marché du mieux se connaître toutes les possibilités de se comprendre, de comprendre les mécanismes, les leviers qui nous font agir de cette façon et non d’une autre. Ces leviers (qui peuvent être des défauts) ne doivent pas nécessairement être abolis mais maîtrisés. C’est-à-dire être sous notre propre contrôle. Ils doivent servir à notre propre édifice et par extension à celui des FF.'. et de la société en général. Chaque F.'. saura trouver, grâce aux outils de la F.'.M.'., la meilleure formule adaptée à ses besoins. Pour cela qu’a-t-il ou qu’avons-nous  à disposition :

1)
 
nos racines, c’est notre héritage
2)  la vision, c’est la perception de la vie
3)  la mission, quel est le but, notre apport à nous-mêmes et à la société. Quelle est notre part dans le jeu de la vie
4)  l’ambition, quelle place veut-on occuper dans cette vie et dans la préparation d’une vie future si on y croit. Veut-on apprendre à bien vivre afin de savoir bien mourir ?
Comment allons-nous nous y prendre ?
D’abord :
1)  trouver notre identité, l’identité comprend notre personnalité;
2) améliorer notre personnalité, quelle image de nous-mêmes véhiculons-nous et qui sommes-nous réellement, ici le miroir intervient;
3)   la promesse, quel sera, une fois le but atteint, notre émotion, notre bénéfice, notre satisfaction;
4)  la signature sera l’ADN de tout ce travail accompli.
Maintenant que nous avons cette analyse, quelles sont les actions que nous pouvons mettre en œuvre pour augmenter notre savoir être. Une des composantes de notre savoir-être consiste dans le développement de la gamme de nos recherches. Mais une composante qui permet un bénéfice pérenne est l’expérience. C’est la garantie de garder ses propres acquis. Comment s’y prend-on ?  Voici un exemple.
Si quelqu’un vous assène sa vérité que faites-vous ?
1)  vous ne le contrariez pas de préférence;
2)  vous vérifiez par vous-même si cette vérité peut-être dupliquée ou appliquée au plus grand nombre. Dans le doute, il vaut mieux douter qu’affirmer. On peut partager les commentaires, les opinions des autres sans toujours devoir les adopter.
Au début du siècle passé  si on vous avez dit qu’on pourrait  alunir, voyager en orbite terrestre, envoyer des satellites dans l’espace et lancer des projets ambitieux dans l’univers qu’auriez-vous dit ? Peut-être auriez-vous dit : "j’attends de voir pour croire".
Maintenant quels sont vos leviers pouvant influencer votre développement, vos expériences ? Nous avons vu au cours de cet exposé trois points principaux à savoir :
1)  la conception de la vie, le but;
2)  la personnalité du  F.'. et son chemin déjà parcourut;
3)  les synergies apportées par les FF.'.
Proposer ou utiliser un outil performant permettra de mieux optimiser ces attentes. Ce qui veut dire qu'au lieu de chercher dans le vide, les FF.'. et la F.'.M.'. peuvent nous permettre de mettre tout de suite le doigt sur ce qui ne va pas et mieux orienter et activer la recherche.
Dans la construction de soi, il faut d’une part comprendre quels sont les acteurs. On peut penser aux outils, lectures, visites des Loges, opinions des FF.'.
 et aussi nos fréquentations, le milieu dans lequel on vit. Donc à l’aide des outils, identifier clairement toutes leurs possibilités, leurs valeurs globales car, quand on approche de la conceptualisation du but, il faut aussi se fier à son intuition ou ses affinités avec une manière de faire, d’interpréter, les textes, les symboles. Voir si ce que les FF.'. ont déjà expérimenté fonctionne aussi pour soi.  Une mise en expérience personnelle évite l’échec à moyen ou long terme. Par les outils et la réflexion on peut engager une recherche d’un tremplin de différenciation vers une force adaptée à son propre environnement afin de mieux cibler son évolution et ses propres valeurs. Ici le Fil à plomb peut non seulement en assurer la rectitude mais aussi descendre en profondeur dans le puits de notre essence.
La F.'.M.'. est un chemin mais la façon de le parcourir reste personnelle même si le balisage est plus ou moins indiqué, marqué par l’expérience vécue de nos prédécesseurs. On peut tout en suivant le même but se différencier de ses FF.'., c’est même une qualité, il faut parfois oser se perdre pour mieux se retrouver. Et, il est vrai que la technique maçonnique est un atout naturel. Mais sur ce sentier à parcourir il faut savoir évoluer, construire son propre concept, cohérent à long terme.
Avoir un concept, c’est concevoir le futur en accord avec ses propres principes et possibilités du moment. Il faut s’obliger à prendre des décisions importantes.
Savoir penser son projet de vie, fonder son concept et chercher à se renouveler, c’est vouloir réussir sa vie maçonnique et privée. Plus qu’un challenge c’est devenu un impératif pour sa propre évolution qui conduit à la recherche du bien-être afin d’obtenir le maximum de soi-même.
J’aurai pu terminer ma planche ici mais j’ai tenu à continuer avec ce plaidoyer sur l’éthique et l’esthétique. Ces deux idées qui vont de paire avec ce que je viens d’énoncer. Voici d’abord un petit éclaircissement. La conduite morale est une conduite régie par des lois arbitraires. La conduite éthique est celle qui naît du sens que l’on a de la justice et de l’honnêteté. Si vous imposez à des gens un code moral, vous vous éloignez considérablement de toute éthique. C’est la peur qui pousse les gens à obéir à un code moral. Les gens ne sont éthiques que lorsqu’ils sont forts dans leur être. Cela veut tout simplement dire qu’on pratique une  conduite choisie et suivie parce qu’on a un sens éthique et un sens de la justice et un sens de la tolérance.
Comme l’a écrit il y a plusieurs siècles Plotin, un philosophe gréco-romain. La pensée n’aurait pas pu découvrir la beauté si elle n’était pas devenue belle, elle-même, avant. Chaque homme doit partager la beauté de la divine nature avant qu’il ne puisse distinguer la beauté divine.
Après le grand désastre financier de ces dernières décades, il n’y a aucune raison de croire que la situation que nous avions jusqu’ici puisse prévaloir de nouveau. Nos attentes et nos besoins ont changé. Ce n’est pas seulement dû à la globalisation de notre économie. Nous devons aussi considérer vouloir adapter nos valeurs. Laissons-nous penser que la crise nous a donné l’opportunité de nous poser les bonnes questions et d’assumer notre rôle.
La nouvelle économie qui émergera de cette crise sera beaucoup plus dépendante
 des interactions entre les individus et leur attentes. Nous aurons certainement une économie beaucoup plus orientée vers les services ou le mieux être des humains avec un sens de la communauté.
Et ici la F.'.M.'. a un grand rôle à jouer. En effet la F.'.M.'. par sa culture de la fratrie peut
  procurer beaucoup plus de satisfaction parce qu’elle est formée à l’idée que les humains ne sont pas seuls ou isolés les uns des autres mais au contraire dépendants des relations qui les lient les uns aux autres. L’outil concerné dans cette affaire est le Compas et pour certaine Obédience aussi la Truelle.
L'éthique c’est vivre en harmonie avec nous-mêmes, nos valeurs et les valeurs des autres.
L'éthique est aussi un système social et moral qui gouverne les moyens qui nous conduisent vers nos collègues, vers nos patrons et les compagnies d’actionnaires. C’est dans notre vie sociale que
  nous devrons résister à la corruption et éviter de mentir. L’éthique ne sera plus seulement une façon de penser professionnellement (une conviction qui tend à diviser) mais va devenir et probablement est déjà devenu une éthique de responsabilité où les gens de différentes cultures de formation se rencontrent, se parlent en harmonie.
Finalement l’éthique est aussi une considération écologique, un trésor de la planète, un cadeau pour nos enfants.
La vie n’est pas toujours facile. Les gens auront toujours besoins de suer pour gagner leur vie et en même temps auront toujours une grande aspiration pour l’Art.
L’Art a apporté la spiritualité qui a ensuite rempli nos besoins de poésie et nous a permis de rêver.
Les gens durant des siècles ont toujours voulu
 partager ces moments avec leurs semblables, avec les autres. L’âme s’est éduquée. Dans un ordre comme la F.'.M.'. on peut certainement rappeler que le but de la formation ou de la construction de l’homme n’est pas la connaissance des faits mais des valeurs.
De l’éthique nous pouvons passer à l’esthétique, que ce soit par la musique, la peinture, le dessin ou la mode, l’Art parle à tous.
L’Art n’est pas du tout nécessaire pour faire de ce monde un monde meilleur à vivre car,
 tout ce qui est nécessaire pour faire de ce monde un monde meilleur, c’est l’Amour. Mais l’Art va nous aider à mieux aimer. Ne parlons pas seulement de l’Art Royal de la F.'.M.'. qui est un des piliers de notre culture de notre manière d’être, de vivre notre vie de F.'.M.'. Dans la banque on parle aussi de l’art de la finance.
Si vous êtes capables de voir la grandeur du monde dans une petite chose, dans les petits détails, vous en verrez la beauté. Si vous pouvez voir l’infini dans tous les petits détails de la vie, la porte de l’Art vous sera ouverte. L’éthique est simplement une invitation à se former à l’harmonie
juste assez pour que l’éthique soit en harmonie avec soi.
Ethique et esthétique sont les intuitions qui nous révèlent
 que les choses sont ce quelles sont parce que c’est ainsi qu’elles doivent être. Une expérience poétique n’est pas seulement une grâce de la culture à vivre mais aussi une base de moral et de conduite. Ethique et esthétique sont une question d’harmonie, il y a une relation étroite entre la beauté et la vérité.
Quoique vous fassiez prochainement, l’année à venir ou dans la décade suivante, que se soit mieux vous construire en F.'.M.'. ou une carrière ou que vous dirigiez une compagnie ou votre propre affaire ou faites partie d’un groupe, n’oubliez jamais l’éthique et l’esthétique, la beauté et la vérité.
Guy  le 8 mars 2012

20° Pourquoi entrer en franc-maçonnerie
La question "pourquoi" est toujours de nature embarrassante, fondamentale et complexe, à tel point que le plus souvent la réponse est éludée ou incomplète, parce qu’elle appelle non pas une, mais plusieurs réponses et que la réponse elle-même attire une nouvelle question.
La réponse la plus courante est parce que j’en ai envie ou mieux parce que je le désir. Ce désir est indispensable, non seulement pour entreprendre votre démarche mais aussi pour la mener à bien.
Si on parle d’un club sportif et qu’on désir devenir champion, il faut avant tout désirer le chemin qui y mène.
En maçonnerie, comme le profane ignore tout du chemin dans lequel il désire s’engager, il est certain que ce désir devrait l’amener  à le découvrir puis peut-être à prendre plaisir à sa pratique et à l’aimer.
On admet qu’en 1717 la maçonnerie a passé d’opérative à spéculative. A l’époque de la franc-maçonnerie opérative il y avait trois types d’ouvriers sur un chantier. Les tailleurs de pierre avec un apprentissage de cinq ans (leur savoir-faire était très recherché et peu d’hommes étaient capables  de répondre aux exigences du métier), les sculpteurs qui travaillaient en loge toute l’année et par tous les temps, sur des pierres de très haute qualité appelées pierres franches, et les maçons qui posaient les pierres et montaient les murs avec la responsabilité de leur verticalité et de leur horizontalité. Tous les trois travaillaient sous les ordres d’un maître architecte assisté par des surveillants.
Les sculpteurs de pierres franches ou francs-maçons, développaient aussi bien le spirituel que l’habileté manuelle des apprentis.
L’existence des confréries ou guildes de défense et d’assistance des constructeurs et tailleurs de pierre nous est confirmée par des textes romains, qui les nomment "collegia". Les constructeurs suivaient les légions afin de bâtir  dans les pays nouvellement conquis et circulaient tout autour  de la Méditerranée. Ces confréries seront prohibées par les capitulaires de Charlemagne mais ces décrets d’interdiction attestent leur présence et leur indépendance.
VOICI LES BONNES ET LES MOINS MAUVAISES RAISONS :
LA BONNE RAISON
Il existe une seule bonne raison : se perfectionner soi-même en tant qu’homme, soit en tant que citoyen….. Polir son esprit, l’assouplir au contact de gens que l’on n’a pas choisis.
Toutes les autres raisons sont mauvaises.
Malheureusement cette "bonne raison" n’est pas accessible au profane (non maçon)  Ce n’est certes pas trahir un secret que de la lui révéler, mais c’est lui proposer une chose dont il ne comprendra certainement  le sens profond qu’après des années de vie maçonnique. Quand au sens superficiel de cette phrase, il constitue à la fois une information sur ce qu’est la vie maçonnique et sur ce qu’il est réaliste d’en attendre. Concrètement  on pourrait la traduire ainsi : le but. La maçonnerie étant le perfectionnement de l’homme et  par extension de la société, chaque maçon aide tous les autres à se perfectionner et à contribuer au perfectionnement de la société. Quel que soit le poste qu’il occupe dans la hiérarchie maçonnique, il apporte cette aide non pas par un enseignement (même  si parfois il le croit)  mais par sa façon de vivre son engagement maçonnique : en étant l’exemple parfois de ce qu’il faut être, dire, faire et en étant parfois celui de ce qu’il ne faut ni être, ni dire, ni faire.
Chaque maçon est tantôt l’exemple, tantôt le contre exemple, sans que pour autant ces termes soient des jugements. Car ce que l’un peut trouver souhaitable, l’autre peut le trouver négatif. Le caractère positif ou négatif d’une attitude, d’un acte ou d’une parole ne donne jamais lieu à des échanges d’opinion. Le but n’est pas d’établir entre les membres un consensus du "maçonniquement" ou spirituellement où l’acte d’un homme  positif, simplement l’attitude, le discours où l’acte d’un homme a aidé d’autres hommes à se situer individuellement en conscience par rapport à cette attitude, cet acte ou cette parole.  Le but est que l’écoute de l’un soit source de progrès pour tous.
LES MOINS MAUVAISES RAISONS
1) SE FAIRE DES RELATION INFLUENTES AVOIR DES AMIS, SE "BOOSTER" SUR LE PLAN PROFESSIONNEL…
En maçonnerie vous ne vous ferez pas de relations au sens profane du terme. Vous rencontrerez des membres qui feront preuve à votre égard de fraternité, comme vous en ferez preuve au leur. Mais vous ne trouverez pas "d’esprit de clan" comparable à celui que vous rencontreriez dans un club service ou de notables d’une petite ville.
Les membres seront prêts à vous aider dans la mesure de leurs moyens, dans le respect de la légalité et de la morale sociale en vigueur. D’ailleurs, si vous cherchez  à utiliser votre statut  maçonnique pour "booster" votre vie profane  le bruit que vous faites  de la maçonnerie "alimentaire" circulera très vite et c’est très mal vu.
2
) RECEVOIR UN ENSEIGNEMENT SPIRTUEL …
L’idée que vous vous faites d’un enseignement spirituel ne correspond certainement pas à ce que vous rencontrerez en maçonnerie. On ne vous proposera ni techniques de méditation, ni mantras, ni prières à réciter, elles ne constitueront pas un enseignement. Elles viseront à établir une analogie entre par exemple la disposition des symboles dans le temple maçonnique et tel ou tel système de description des  chakras ou des corps subtils, à moins qu’elle ne soit une simple vulgarisation, une information sur l’existence de tel ou tel système.
La diversité des options spirituelles  individuelles des membres fait que vous entendrez parler de tout  ou presque et parfois par un membre qui n’en sait guère plus que vous sur le sujet. Les sujets abordés sont divers  et les niveaux de connaissance du sujet le sont tout autant. Il n’y a donc ni enseignement théorique, ni enseignement pratique au sens où vous pouvez l’entendre aujourd’hui. Pourtant il existe en maçonnerie un trésor spirituel, et ce trésor est à portée de main de chaque maçon. Ce trésor se trouve en sa présence à chaque Tenue de Loge. Il est entier dans les symboles, dans les paroles échangées pendant le rituel, dans les gestes accomplis. Il est devant vous mais on ne vous le donnera pas, c’est à vous de le prendre, d’en comprendre la valeur, d’en tirer les enseignements qu’il contient, tant en matière intellectuelle qu’en matière d’états de conscience. Le maçon en tire profit selon ses moyens.
Vous ramassez la perle qui est devant vous, vous découvrez et utilisez les vertus ou vous regardez sans voir, écoutez sans entendre.
3) PARCE QUE JE M’INTERESSE AUX SCIENCES OCCULTES ET QUE PRESQUE TOUS LES AUTEURS QUE J’AI LU SUR LE SUJET,  EN PARLE DANS LEURS LIVRES OU ONT ECRITS DES OUVRAGES A CE  SUJET.
Que nenni. La maçonnerie a hérité ses rituels des ouvriers bâtisseurs, ceux-là mêmes qui ont élevé les cathédrales. Il suffit de visiter quelques-uns de ces monuments, en  particulier d’en explorer les portails et d’en scruter les chapiteaux pour y trouver de l’astrologie, de l’alchimie, des symboles. Ces clés gravées dans la pierre  le sont aussi dans les rituels maçonniques. Pour les trouver il faut garder à l’esprit que l’architecture et les mathématiques qui la sous-tendent, celles de Pythagore, sont aussi à l’époque des cathédrales, des sciences occultes.
4
) VAINCRE LA SOLITUDE ME SENTIR MIEUX
La franc-maçonnerie n’est pas un hôpital, ni une entreprise de soutient psychologique  et encore moins une association de "cocooning" ….
Cependant, étant humanistes et pratiquant la bienfaisance les membres seront certainement, si vous leur faites part d’une telle motivation, désireux de vous accueillir dans leur loge.
Par ailleurs, ils seront très peu disponibles, menant de front une vie professionnelle, une vie familiale, une vie maçonnique auxquelles s’ajoutent  bien souvent des activités militantes, associatives et souvent en même temps.
Toutefois, ils pensent que les réunions régulières et les sorties familiales (il y en a au moins une par an dans la plupart des loges)   vont vous sortir forcément de votre solitude ; que l’atmosphère chaleureuse et fraternelle des agapes qui suivent les réunions vous apportera l’affection qui vous manque et vous réconciliera avec le monde.
5
) PARCE QUE LES MACONS DIRIGENT  LE MONDE.
Vous avez bien le droit de le croire, mais cela prouve que vous êtes victimes de la désinformation.
C’est faux et administrativement et matériellement impossible : la franc-maçonnerie doit être définie pour les profanes comme un courant initiatique traditionnel dans lequel se reconnaissent de nombreuses organisations maçonniques.
Par ailleurs la maçonnerie n’est ni un parti, ni un syndicat, ni un groupe de pression. Il s’y établit donc très rarement un consensus à propos d’une idée. Les loges  sont des espaces de réflexion et d’échange, mais non des espaces d’action.  Cette dernière vous l’amènerez au sein d’un syndicat, d’un parti politique ou d’une association.
POURQUOI J’HESITE.
JE SUIS CATHOLIQUE PRATIQUANT ET L’EGLISE L’INTERDIT . CELA ME POSE UN PROBLEME DE CONSCIENCE.
Loin de nous l’idée de vous faire aller contre votre conscience. Notre propos est plutôt de vous aider à y voir clair dans la position de l’Eglise et dans la genèse de celle-ci.
Dès le 28 avril 1738, le pape Clément XII (12 juillet 1730 – 6 février 1740), par sa bulle In Eminenti, excommunie l’ensemble des francs-maçons. Sa bulle est critiquée par de nombreux théologiens qui prétendent cette excommunication non canonique parce que non conforme aux décisions du concile de Trente, lequel exige entre autre que l’excommunication soit individuelle et nominative.
La position de l’Eglise n’a pas varié et ne peut varier, car la décision prise par un pape est valable pour l’éternité. Ainsi le canon de  Saint Zacharie (décembre 741 au 15 mars 752). Si quelqu’un parle d’antipode qu’il soit anathème, ne pourra jamais être abrogé, et tous ceux qui enseignent la géographie ou l’astronomie sont de ce fait anathèmes.
De même certains communient régulièrement, car l’excommunication fulminée par le pape n’étant pas nominative, aucun prêtre n’est en mesure de leur refuser la communion.   D’ailleurs, même informés de leur appartenance à la franc-maçonnerie, un grand nombre de prêtres la leur accorderait quand même.
JE SUIS TRES CROYANT  ET JE SERAIS TRES MAL A L’AISE AU MILIEU D’UN GROUPE D’AGNOSTIQUES, VOIR D’ATHEES.
Nous comprenons votre inquiétude alimentée par certaines déclarations parues dans la presse.
Bien que pour tous les maçons la laïcité soit une valeur fondamentale de la société, de nombreux rites et de nombreuses obédiences sont déistes. Il existe même des rites christiques. En Suisse il est nécessaire de croire en une Intelligence Supérieure.
ETRE MACON EST TRES MAL VU DANS L’ENTREPRISE OU JE TRAVAILLE.
Notre devoir est de vous rassurer, l’affiliation à la franc-maçonnerie est confidentielle. Chaque membre a parfaitement le droit de crier sur les toits qu’il est franc-maçon, mais n’a en aucun cas celui de dévoiler l’affiliation d’un autre membre. Ajoutons que cette faute grave lui vaudrait probablement d’être exclu.
Si vous craignez que la divulgation de votre qualité maçonnique ne vous porte préjudice, et si vous hésitez et travaillez dans une petite ville ou un village, il est prudent de fréquenter une loge d’un autre canton.
J’HABITE DANS UNE REGION OU PLUSIEURS AFFAIRES ONT FAIT LA UNE DES JOURNAUX ET OU LA MACONNERIE A TRES MAUVAISE REPUTATION.
I
l suffit de consulter la presse du passé  pour constater que cela est arrivé à des associations caritatives, à des clubs et à des fédérations sportives. Pensez à la pédophilie ?
J’AI UN ESPRIT INDEPENDANT ET J’AI TOUJOURS REFUSE DE M’AFFILIER TANT A UN SYNDICAT QU’A UN PARTI POLITIQUE.
JE CRAINS EN ADHERANT A LA MACONNERIE D’ALIENER MA LIBERTE.
Le travail que tout maçon effectue sur lui-même vise à le rendre libre. Libre face à ses instincts, libre face à ses propres préjugés ou à ceux qu’on lui a inculqués
. Le but de votre affiliation et de la voie maçonnique est donc de vous aider à atteindre une liberté intérieure à laquelle il est difficile d’accéder sans le travail maçonnique. A partir de là tout dépend de votre conception de la liberté. Celle que la maçonnerie vous propose d’acquérir est purement intérieure. Aucune règle aucun dogme ne peut la limiter, aucune muraille ne peut l’enclore.
Mon ami  ta différence m’enrichit !
JE CRAINS DE M’ENGAGER DANS UN PROCESSUS QUE JE NE SAURAIS PAS ARRETER SI JE M’APERCEVAIS EN COURS DE ROUTE QU’IL NE ME CONVIENT PAS.
En ce domaine, le risque est inexistant, on vous demandera au moins dix fois et à tous les stades de votre affiliation si vous persistez dans le désir de devenir franc-maçon.
Dans quelques jours, quelques mois ou quelques années plus tard, vous vous apercevez que la maçonnerie ne vous convient pas, vous pourrez démissionner. Une simple lettre suffira.
La franc-maçonnerie est le contraire d’une prison : il bien plus facile d’en sortir que d’y entrer.
Connaissez-vous le poème du maçon Rudyard Kipling ? Voici l’adresse : http;//
www.ebooksgratuits.com/ebooks,php?auteur=KiplinggRudyard
Guy mai 2012

21° La laïcité

On appelle « laïcité » le principe de séparation de la société civile de la société religieuse. L’Etat n’exerce aucun pouvoir religieux et les Eglises aucun pouvoir au plan politique (Petit Robert). La liberté de conscience est normalement garantie ce qui implique qu’aucune confession ne puisse exercer de contraintes. L’égalité des droits est également garantie parce qu’elle est incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance. L’Etat occupe le rôle d’arbitre en ayant une attitude neutre vis-à-vis des parties en présence. La laïcité est simple dans sa définition mais bien plus complexe dans son application.
Cette notion s’est développée pour faire suite aux différences d’intentions et de volonté qui existent entre les hommes faisant partie d’un clergé et ceux n’en faisant pas partie. Les uns estiment que les hommes doivent être dirigés par le dogme religieux et la morale qui en découle, le droit divin, les autres par eux-mêmes, le droit de la personne. D’un côté il s’agit de la morale, de l’autre le code civil. La différence est importante parce que le code civil ne dit pas pourquoi il doit être respecté. Par contre la morale est justifiée par la transcendance à laquelle elle invite. Ce point n’est pas négligeable parce que l’appréhension de la loi ne sera pas la même si son origine est supra humaine ou simplement humaine, celle de n’importe quel quidam ou groupes d’hommes.
Ce principe de laïcité a été adopté par de nombreuses nations qui l’ont inscrite dans leurs différentes constitutions. Elle n’est pas vécue de la même façon aux Etats-Unis où il y a encore des variantes selon les Etats de l’Union, comme elle l’est en France. Semblablement en Suisse il y a des différences d’interprétation entre cantons comme Genève et le Valais. Ces aspects ne sont pas pris en compte dans notre propos.
La laïcité n’est pas une réelle opposition. Pour simplifier on pourrait dire : « chacun chez soi ». C’est une situation nouvelle où chacun vit dans l’indépendance de sa confession. Tel que ce principe s’applique, il y a la possibilité de participer pleinement à des activités civiles et ou religieuses, sans être un religieux, selon la signification que prend ce terme.
Ce terme de « religieux » comporte plusieurs sens distincts qui souvent s’imbriquent et peuvent provoquer certaines erreurs d’interprétation. Il recouvre :
le rapport qu’il y a entre l’homme et un pouvoir surnaturel, on parle alors de phénomène religieux, d’édifices, de fêtes religieuses ;
il traite de ce qui est consacré à la religion comme la vie religieuse, les ordres ou les communautés religieuses ;
lorsqu’il y a croyance et pratique, comme un esprit religieux ;
lorsqu’il y a un comportement, tel le respect religieux, le silence religieux.

Il y a encore une autre acception, très importante, c’est celle où il s’agit de la personne qui fait « profession » d’une religion et qui a prononcé des vœux. Elle fait alors partie d’un Ordre, d’une congrégation ou du clergé. Ce terme est alors utilisé comme substantif. On dit « une religieuse » pour une femme ayant embrassé les Ordres.
C’est surtout au niveau de la personne que se situe la différence entre le clerc et le laïc. Le premier est membre d’un clergé et répond à sa hiérarchie. Il s’agit d’un groupe humain, animé naturellement d’une volonté de croissance et d’emprise. C’est surtout remarquable chez les trois religions du Livre. Le second n’a pas d’obligations envers celui-ci. Ces deux hommes ne sont pas ennemis, ils peuvent s’ignorer ou entretenir de bons rapports. Le principe de laïcité exige par contre que ni l’un, ni l’autre ne cherche à dominer.
Ceci étant, on observe qu’une personne peut être animée de sentiments religieux profonds et sincères sans appartenir à une organisation religieuse ou une Eglise, ce qui ne sera pas sans une certaine ambiguïté et une réelle difficulté. Pour la raison simple c’est que lorsqu’une personne pratique une religion elle est forcément teintée par la doctrine de cette religion. Elle la portera en elle, pensera et agira à travers elle. Son action sera toujours en relation avec sa pratique et par conséquence influencée et influente. La laïcité sera difficilement satisfaite, voire récusée. Nous pouvons citer dans ce cas des groupes se référant à des traditions aristocratiques ou cléricales, comme  le mouvement  « L’Action française ». Il y a donc des situations étranges où l’on peut observer des laïcs opposés à la laïcité et des clercs en admettre et favoriser le principe.
Il y a lieu d’accepter que l’homme est toujours plus ou moins conditionné par le milieu dans lequel il se tient et se débarrasser de ces conditionnements nécessite un très fort engagement que la plupart ignore ou s’y refuse. De plus, il n’est pas facile de découvrir l’origine et les mobiles de ces manipulations. Elles peuvent être ignorées même par ceux qui s’imaginent faire partie des manipulateurs. Dans nos actions, il y a toujours une part de notre agir qui échappe à la conscience qu’on en a.
La laïcité n’est pas l’irréligion, ni l’athéisme, pas plus qu’elle est un œcuménisme. L’attitude triviale qui consiste à « bouffer du curé » n’a rien à voir avec la laïcité. Celle-ci est en premier lieu le respect des convictions religieuses de l’autre. Dans la société civile les diverses religions cohabitent et doivent se restreindre à la sphère individuelle. Ceci peut être vu comme un enrichissement parce que dès l’instant où il n’y a en principe plus de conflits d’influence, la relation sociale peut s’établir, idéalement, avec un objectif de bien commun alimenté par l’apport culturel que chaque communauté peut offrir.
Malheureusement, cette perspective ne peut pas être atteinte parce que ce sont toujours des appétits de clans ou de classes, dans le monde moderne relayés par les partis politiques, qui conduisent les luttes et divisent la Société. La religion, au sens strict, ne crée pas de conflit mais sert de prétextes qui arment ensuite des esprits fragiles pour exécuter la sale besogne. Il n’y a aucune religion qui exige la destruction de l’autre. Par exemple, la doctrine chrétienne ne condamne personne à mourir sur un bûcher mais ceux-ci ont été régulièrement alimentés au nom de Dieu.
La venue du principe de laïcité peut être regardée comme conjointe à la lente transformation de la société occidentale. Au Moyen Age, d’une certaine manière, la vie est figée. Tout l’effort consenti est porté sur l’implantation du christianisme avec la construction des édifices religieux, églises, abbayes, cathédrales et l’accroissement des Ordres religieux. Le reste de la vie humaine est limité à l’agriculture, l’élevage et un peu d’artisanat dont la production est essentiellement tournée vers ces activités. La religion est au centre de la vie et occupe tout le quotidien.
Cependant, la curiosité de l’homme n’est pas éteinte et les regards portés sur son environnement fait qu’il s’interroge sur celui-ci. On dit que l’affaire Galilée reste un bon exemple de l’esprit qui prévalait en ces temps ou, plus exactement, de l’esprit qu’on voudrait que l’on croie de ces époques. Cela parce qu’il est important de convaincre les foules qu’en ces moment-là commençaient à s’opposer la science balbutiante mais en marche à l’obscurantisme religieux.
La présentation de l’affaire a été faussée parce que depuis au moins 5'000 ans avant J. C., en Mésopotamie, les 1ères notions d’astronomie étaient posées. L’héliocentrisme était pressenti par Aristarque de Samos et Hypatie d’Alexandrie entre 400 et 300 ans avant J. C. Le clergé n’ignorait pas ces découvertes. Par désinformation on rejette le fait que celui-ci était composé essentiellement de lettrés, qu’il formait l’élite intellectuelle de l’époque.
La question ne se posait donc pas dans la structure de l’univers, au sens astronomique, elle était dans la notion de Ciel Céleste, séjour de la Divinité, qui doit être perçue en son sens symbolique et non pas matériel. C'est-à-dire que Galilée est apparu comme un nouvel artisan de la chute adamique. Ce n’est pas le pouvoir temporel de l’Eglise qui était en jeu, ou pour une faible part, mais toute l’orientation que l’homme allait prendre pour son avenir spirituel en vidant le Ciel de la présence de Dieu.
Maintenant, il convient de s’arrêter un instant sur cet aspect de l’obscurantisme religieux. Parce que, comment concevoir que le but ultime d’une religion est de conduire l’homme vers la Lumière et la taxer simultanément d’une volonté d’obscurantisme ? Il faut répondre à cela. De même qu’il est indispensable de s’interroger sur ce qui est essentiel de connaître et de posséder pour avoir une vie bonne.
La désinformation continue, en voici un autre exemple.
Il nous a été dit que l’Eglise n’est pas innocente. Les multiples procès pour hérésies, les ventes d’indulgences et les comportements critiquables de certains papes et prélats auraient servi de terreau à la Réforme. En 1517, Martin Luther dénonce les abus de Rome, il sera ensuite relayé par Zwingli, Calvin, entre-autre. Le mouvement est amorcé, malgré la contre-réforme le terrain perdu ne sera pas regagné.
Il y a plusieurs manières de réagir à une situation donnée. Ce sont soit la fuite, l’inhibition ou le conflit. La fuite a le mérite de la préservation. L’inhibition conduit à être dominé et écrasé. Le conflit amène à des échanges de coups où chacun fini meurtri. C’est l’option des conflits qui a été choisie et le sang a coulé au prétexte de Jésus-Christ alors que tout le fond de cette histoire était uniquement politique et économique. Dans cette lutte de pouvoir, il n’est pas juste de considérer la volonté de l’Eglise au même niveau que celle de ses adversaires. Elle ne poursuit pas le même but, le sien est en principe intemporel et il n’est pas partagé de tous.
Sur un plan plus anodin l’Eglise semble s’être plus préoccupée des bonnes mœurs de ses fidèles que de leur ouvrir les yeux. Seulement, par son expérience ancestrale, l’Eglise bénéficie d’une très fine connaissance de la nature humaine et de son inclination à la facilité. D’où ce rappel constant à la morale. D’autant qu’il est illusoire d’imaginer une élection lorsque les principes qui fondent la morale ne sont pas conçus comme une évidence. Actuellement on parle de préalable ou de pré-requis.
A chaque génération ces principes doivent être enseignés et les écarts condamnés. C’est à entreprendre avec chaque individu. Donc les garde-fous qu’impose l’Eglise ne peuvent pas être ôtés, les dérapages sont immédiats. Cette pression constante n’est lourde que pour ceux qui n’ont pas compris le message et au fond, négliger que conduire les hommes vers la Lumière témoigne de l’Amour qui leur est porté est assez attristant.
Ajouter à cela les nombreuses explorations et découvertes, les progrès de la science et des techniques qui remettaient en cause le mythe de la Création, bien qu’encore incompris dans sa formulation symbolique, de même que l’apport de philosophes tel E. Kant. Ces éléments ont lentement repoussé l’Eglise comme étant une empêcheuse de tourner en rond. Ces rejets ont progressivement favorisé l’émergence  puis l’adoption de la laïcité, méthode plutôt élégante puisqu’elle se propose d’éviter les conflits.
Les études les plus récentes tendent à prouver que la franc-maçonnerie a été créée en Ecosse et en Angleterre à partir du milieu du 17ème siècle. La Royal Society est donnée comme un des creusets dans lequel la franc-maçonnerie a germé. Les raisons évoquées à sa création sont principalement ces querelles de religion dont la Grande Bretagne n’a pas été épargnée, ainsi que le développement des sciences naturelles et des techniques avec toutes les questions qu’elles soulevaient. La création de la franc-maçonnerie correspondait au besoin d’avoir une plateforme où des hommes, hors de toutes contraintes religieuses, politiques et sociales pouvaient se rencontrer et partager leurs diverses opinions. Comme la croyance en la divinité était encore vivace, il est apparu impératif qu’elle soit maintenue mais sous une appellation qui évacue celle qui était en vigueur afin d’épargner des susceptibilités encore latentes.
En intégrant  les coutumes ouvrières des constructeurs de cathédrales, la franc-maçonnerie les a idéalisées et adaptées à l’édification de l’homme pour l’inviter à devenir temple lui-même, lieu de séjour de la divinité. S’y rajoutera ensuite des mythes puisés dans le judaïsme, principalement dans la Kabbale juive et d’autres, bibliques, surtout vétérotestamentaires, ainsi que des idéaux chevaleresques dont le but est d’asseoir la franc-maçonnerie dans une continuité initiatique. Dans ce besoin immémorial qu’a l’homme de comprendre ce qui l’entoure en y ajoutant une origine surnaturelle, à défaut de chercher sa vraie nature. Cela ne prouve pas pour autant une véritable filiation avec des civilisations disparues comme l’Egypte ancienne et ce serait puéril que le croire.
En tant que plateforme d’échanges, au départ encore assez théorique, la franc-maçonnerie établit quand même les bases d’un idéal humain, social et laïc de fraternité dont la démocratie en est, au final, le produit. Il est donc possible de dire qu’elle a propagé la notion de laïcité,
entre autre par Condorcet en France.
De ce point de vue la laïcité apparaît comme une avancée dans les mentalités, comme idéal de générosité et d’émancipation. Cela serait vrai si tous les êtres humains se positionneraient dans une perspective spirituelle ou de raison et là, pour celui qui a accompli un bout du chemin, lorsque l’universalité du message religieux lui devient certaine, cette notion de laïcité s’inscrit naturellement dans sa pensée et il n’en a plus besoin.
D’un autre côté, elle attire particulièrement les beaux esprits, portés sur l’esthétisme ou l’hédonisme ou encore ces intellectuels, adeptes de la libre-pensée et de la libre-conscience, pour le repos de celle-ci, soit l’opposé d’une conscience en éveil, donc à côté des réalités de la vie. Force est de constater que nous sommes loin du compte.
En admettant le primat du droit de la personne on établit, qu’on le veuille ou non, le droit de chacun, donc moi, d’abord dans la perversion de ma revendication permanente. Le droit divin dirige l’individu dans un cheminement de dépassement de soi, au mieux. Dans tous les cas de bridage des appétits. Il ne faut pas se leurrer, en ne promouvant plus de transcendance, la laïcité ouvre sur un vide où l’homme s’y engouffre et s’y égare de plus en plus démuni. Un idéal de démocratie vraie, laïque et fraternelle n’est concevable que parmi des personnes engagées dans un processus de conscience de soi. C'est-à-dire une minorité, laquelle précisément ne se situe pas dans le dédain de ce qui la dépasse et la justifie mais dans son acceptation et sa recherche.
Sur le plan purement social il faut se poser la question suivante. Est-ce que la laïcité est réussie ? Croire en une cohésion sociale en refusant le facteur identitaire qu’est la religion et en éparpillant les diverses communautés, les renvoyant à elles-mêmes dans leurs spécificités, les a rendues étanches aux autres et a supprimé le ciment qui solidifiait la nation. Il y a donc lieu de trouver un nouveau liant. Le patriotisme est devenu objet de folklore. Alors, les peuples se retrouvent autour de joutes sportives, la fête fédérale de lutte et nous rejoignons la Rome antique « du pain et des jeux », juste avant la chute de l’Empire et les barbares à sa porte. La mondialisation qui se substitue à l’atomisation de la nation ne semble résoudre aucun problème mais accroît les disparités, donc les inégalités et les révoltes.
D’autre part, dans son application, la laïcité est largement pervertie. Par exemple dans l’interdiction que l’on se fait d’affirmer des convictions religieuses, d’en esquiver les manifestations ainsi que les signes d’appartenance. Ces attitudes sont contraires au principe de laïcité qui n’exige pas leur abandon mais leur acceptation réciproque donc de tolérance. Il y a échec si l’on doit se cacher comme au temps de premiers chrétiens ou si notre croyance, même discrète, offusque l’autre.
La laïcité, malgré toute sa séduction semble n’être qu’un moyen supplémentaire dont l’homme se dote régulièrement pour esquiver ce combat permanent qui se passe en lui-même, entre la force qui l’invite vers le haut et celles qui le maintiennent au plus bas. Elles agissent comme la gravitation et le mythe de Sisyphe nous le rappel. Il s’agit de la tragédie que nous interprétons tous les jours. C'est-à-dire que la laïcité, comme la démocratie qui l’accompagne, n’est pas un concept instinctif et naturel de l’homme, c’est une notion essentiellement culturelle. Une société primitive ne peut pas être laïque. Elle reste donc à l’état de projet, à peine ébauché et devant être constamment réactivé. Sa réussite sera assurée quand tous seront en route, soit à la fin des temps. La laïcité est donc du domaine de l’eschatologie.
Mbx
26 avril 2012                                                                                            

« La laïcité » Guy Haarscher Coll. Que sais-je                                                 
« Qu’est-ce que la laïcité » Henri Pena-Ruiz Coll. Folio                           
« L’invention de la FM » Roger Dachez Ed. Véga                                           
« Critique du laïcisme » Laberthonnière Ed. Vrin