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Vous retrouvez ici tous les "points de vue" que nous vous avons présentés au fil 
du temps.
Ces textes sont libres de droits, nous vous prions toutefois de bien vouloir en indiquer la
source.
Bonne lecture


Table des matières

1° Tolérance et fraternité
2° Les Lumières de la F.'.M.'.
3° La liberté
4° L'Amour
5° Réflexion sur les devoirs du F.'.M.'.
6° Les rites maçonniques
7° Convictions

1° Tolérance et fraternité
Tolérance et fraternité sont ce que nous appelons des thèmes récurrents. S’ils sont ainsi, c’est que dans le quotidien, ce qu’ils qualifient comme vertus, attitudes ou comportements ne sont pas vraiment pratiqués. Seulement, pour être applicables, elles doivent être comprises. C’est pour cela que nous les regarderons d’un point de vue différent de ceux que nous avons coutume d’entendre ou de lire. Osons donc changer de perspective.
Tolérance
S’il est un domaine où la notion de tolérance est très parlante, c’est en mécanique.
Schématiquement, il s’agit d’une imprécision acceptable, parfois voulue, données aux dimensions d’usinage. Ce qui détermine cette imprécision mais aussi la délimite, c’est l’utilisation finale de la pièce ouvragée. Sur cette pièce, il y aura une tolérance générale et des tolérances plus strictes, particulièrement là où cette pièce devra s’ajuster avec d’autres éléments pour le fonctionnement correct et durable de l’ensemble.
Un bon mécanicien sera donc un ouvrier soigneux, rigoureux, précis, qualités qui seront acquises par une longue pratique. Plus l’expérience professionnelle sera grande, plus la précision sera garantie et la tolérance respectée.
Ce qui est vrai pour le mécanicien l’est aussi pour les autres métiers. Le pharmacien lorsqu’il pèse une substance active et que dire du chirurgien en salle d’opération.
Dans les sociétés humaines, semblablement, les tolérances sont des marges de manœuvre, des écarts de fonctionnement supportables.
Toutes les constitutions, règlements, codes et statuts définissent un cadre, donc des limites. Le dépassement de ces limites conduit à des sanctions ou au rejet.
L’élasticité aux écarts que les sociétés humaines acceptent dépend du mode de société et de la masse des individus. Le cadre est établi pour inclure le plus grand nombre, la marginalité est toujours minoritaire.
Une société qui veut intégrer tous les éléments devient alors contradictoire parce qu’elle cherche à intégrer aussi ceux qui s’opposent à son cadre. Dans cette démarche, elle devra repousser ses limites au risque de perdre ses repères et de se déstructurer. Donc de se décomposer. La déréglementation conduit à l’absence de règles, à se mettre hors la loi.
Dans ce cas, on ne peut plus parler de tolérance mais de sa disparition. Elle est remplacée par le laxisme qui est de la tolérance pervertie. Les sociétés modernes sont exemplaires sur ce point. La faillite de l’utopie égalitaire est nette.
Par contre, au niveau de l’individu et de petits groupes, les tolérances réapparaissent, elles sont parfois très serrées.
Dans les sports extrêmes les tolérances sont très étroites, il n’y a pas place pour l’erreur. La sanction est rapide, parfois définitive. Le funambule a une tolérance infime, il reste sur le câble ou il tombe
Dans les petits groupes, c’est le centre d’intérêt partagé qui définit les limites de fonctionnement. Les écarts sont sanctionnés, plus souvent les éléments réticents s’éliminent d’eux-mêmes.
Plus exigeante est la recherche intérieure ou spirituelle. Elle impose une très grande attention et une permanente présence à soi, ce qui est très difficile. La pratique va conduire à une diminution des écarts possibles de telle façon que, pareillement à l’équilibriste, il n’y a plus de faux pas acceptable. La tolérance tend vers zéro.
Quelle que soit la règle du chemin entrepris, elle est toujours stricte et rigoureuse. Sa fonction est que la voie doit être parcourue parfaitement. C’est à dire que ce sont les actions qui doivent être parfaites, indépendamment du but recherché qui est lui Parfait par nature. Il y a identification à l’objectif.
La tolérance ne s’exprime alors que dans l’acceptation que pour un même but, le chemin pour y parvenir puisse être différent. Chacun suit son propre chemin et n’a à répondre que de son parcours.
La tolérance dépend donc du but poursuivi. S’il s’agit de l’Idéal, la tolérance sera très étroite parce que l’écart éloigne immanquablement. La tolérance n’est donc jamais large comme on est tenté de le croire et ne doit pas être confondue avec le « laisser faire » qui dépend lui de paresse, d’une absence de références ou plus simplement d’Idéal.
Fraternité
« Ne faites jamais à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’il vous soit fait. »
Ce premier principe de la morale nous fait appréhender l’autre comme un autre soi-même et donne les bases de ce que deviendra la fraternité. La relation qui se crée entre les hommes ne peut pas être fraternelle si ce principe n’est pas respecté de part et d’autre. Il est impossible qu’une relation dominant - dominé soit fraternelle.
Simultanément, ce principe génère une tolérance proche de zéro parce que l’injonction est catégorique, elle ne donne pas le choix.
Ce qui délimitera la tolérance c’est uniquement la certitude que les conséquences dues à l’écart au principe étaient ignorées. La tolérance agit ainsi pour permettre l’amendement et le pardon.
Par contre, quand l’acte est commis par récidive ou en connaissance de cause, il devient intolérable et rompt la relation de fraternité.
La relation de fraternité se brise également lorsque la tolérance s’élargit jusqu’au niveau du « laisser faire ». Le laxisme ne peut pas être fraternel parce qu’en acceptant que l’autre dérive trop du principe admis, on ne fait pas acte de fraternité mais d’indifférence. Crûment dit, on se fout de ce qu’il devient. La fraternité qui nous lie à l’autre est là pour lui épargner le moindre faux pas et réciproquement. La fraternité a donc la solidarité pour corollaire, la progression se fait par soutien mutuel mais surtout pas dans l’assistanat qui est de l’entraide pervertie.
Dans le partage, la fraternité devient le révélateur de nos faiblesses et de nos vertus. Elle nous offre le champ d’expériences nécessaires à l’amélioration de chacun. Vouloir que l’autre soit, même si parfois une certaine force ou révolte se manifeste. L’admonestation exhorte au dépassement, c’est une manifestation de fraternité et de générosité. Il faut la voir ainsi.
Du point de vue où nous nous sommes placés, nous avons découvert que la tolérance ce n’est surtout pas accepter tout et n’importe quoi et que la fraternité ne peut fleurir entre les hommes que lorsque la relation est respectueuse de l’autre et œuvre pour son bien. Fraternité et tolérance ne sont accessibles qu’à l’homme libéré de ses instincts de violence et d’égoïsme.
Mbx
Article paru dans la revue:  Alpina 10, (2004) 258

2° Les Lumières de la F.'. M.'.
Les grandes et les petites

Plaignons les Maçons malheureux qu’enveloppe un épais brouillard qui les empêche de voir la lumière !
La lumière fait appel à l’œil. Et l’œil mal éclairé ne peut qu’être malvoyant et dépendre d’autrui, pour l’explication de ce qu’il entrevoit ou croit voir. L’œil sans lumière ne trouve que mal aisément sa route et même pas du tout ; et l’œil sans le ressenti de son esprit, sans l’analyse de l’esprit, sans la participation de l’intelligence que comprend-il à ce qu’il voit ? Et l’intelligence sans l’âme, ressemblerait peut-être à un ordinateur éteint. D’où les grandes et les petites Lumières qui nous permettent de comprendre, d’entrer dans les vues du feu sacré du G.'. A.'. de l’U.'. afin d’essayer de saisir son plan pour l’humanité.
Commençons peut-être par les petites lumières ou flambeaux. Le Temple doit être éclairé par des flammes. Avant l’ouverture des travaux seul le Vén.'. a son cierge allumé. Au cours de l’ouverture, il donne la lumière aux deux Surveillants et munis de leurs flambeaux le Vén.'. et les deux Surv.'. viennent allumer les cierges.
Placer au sommet des piliers qui leur sont attribués, c’est un symbolisme physique, palpable et pouvant se voir avec nos yeux d’humain. Nous les nommons les petites Lumières.
Puis le Livre Sacré s’ouvre, recouvert de l’Equerre et du Compas. Nous les nommons les Grandes Lumières.
Parmi les Livres Sacrés on reconnaît surtout : la Bible, l’Evangile et le Coran.

L’Egypte ancienne pourrait réclamer le livre des Morts. L’Inde : le Manava-Dharma-Sastra, le Manou, les Vedas, les Upanishads et j’en passe, La Chine le Chou King, le Chang-Chou, le Y-King, le Ta-Hio et j’en passe… bref.

Avez-vous remarqué, la grande importance qu’accorde la F.'. M.'. au symbolisme des Grandes Lumières. Elles les placent au centre de notre Temple, pour éveiller notre attention, par son rituel elle nous demande d’ouvrir minutieusement le Livre Sacré et d’y placer dessus l’Equerre et le Compas.
Elle le considère avec l’Equerre et le Compas comme les Lumières principales de la F.'. M.'. et ce sont elles qui éclairent nos travaux. Les Travaux Maçonniques ne peuvent pas commencer sans qu’ils éclairent le Temple de leur Lumière. Notre rituel exige que le Vén.'. M.'. répète, à chaque tenue, la phrase suivante : «  Que la Lumière de la vérité éclaire nos travaux. Puis, que la Sagesse préside à la construction de notre Temple, et le premier Surv.'. de déclamer que la Force le consolide ! ! ! et l’achève, et le deuxième Surv.'. que la Beauté l’orne.
Il est intéressant de noter qu’à l’Initiation le néophyte, qui a les yeux bandés, prête serment sur le Livre Sacré, chacun sur celui de sa religion. Avez-vous remarqué qu’aucun de ces livres n’est aussi gros que l’écart de nos mains.
Nous savons que l’Equerre, individuellement, symbolise la droiture. Le Compas l’intelligence et le ou les Livres Sacrés, la Lumière. Mais qu’elle est l’idée symbolisée par la conjonction de ces trois éléments ? Et bien voici comment j’aurais traduit cette idée : « Analyse et lis attentivement ton Livre Sacré auquel j’attire toute ton attention. En analysant ce livre soit droit, juste, impartial et objectif envers toi et envers les autres, comme l’Equerre. Ecarte autant que tu peux ton Compas, autrement dit fait marcher ton esprit, c’est là que tu trouveras le message essentiel que je cherche à communiquer.
Le Compas instrument de discernement doit ramener le penseur au sentiment de son infinité.
Ce qu'il peut savoir n'est rien à côté de ce qu'il ignore.
L’action primitive du Compas est de mesurer. Le Compas symbolise aussi la rectitude des conceptions théoriques. Ce qui veut dire que les meilleures s’obtiennent en écartant ni trop, ni insuffisamment ses branches. Il sert également à mesurer les angles et à tracer des cercles. Cet instrument de mesure et de comparaison doit nous permettre d’apprécier la portée et les conséquences de nos actes qui doivent rester fraternels envers tous et plus particulièrement envers nos frères.
Je cite Ragon : « Le compas est l’image de la pensée dans les divers cercles qu’elle parcourt ».
Le Compas est l’ensemble de la sagesse, car grâce au Compas nous pouvons mesurer toute chose à leur juste valeur. Il est actif et, dans son essence, plus irrationnel que l'équerre, dont la loi est d’avantage celle de la raison. Il est l’emblème de l’amour fraternel.
Quand l’Apprenti est consacré Maçon, on lui place la pointe du Compas sur le cœur. Cela veut dire que le Compas ne peut tracer son cercle que s’il est ancré fortement au cœur du Frère. L’autre branche trace le cercle immense dans lequel est inclus la totalité des hommes à qui s’adresse cet amour, que nous les connaissions ou que nous les ignorions !
En Loge, l’Equerre et le Compas sont placés sur l’autel de trois manières différentes. Au grade d’Apprenti l’Equerre est placée sur Compas. Ce qui signifie que la matière domine l’esprit. Sans doute faut-il associer l’Equerre et le Compas pour avoir une idée plus nuancée, moins bornée.
L’Equerre sert donc à régler nos actions et le Compas à tracer la juste limite à conserver dans notre conduite envers nos semblables et spécialement nos frères.
Quand la pierre brute est taillée sur toutes ses faces, il ne reste plus, pour la proclamer parfaite, qu’à la soumettre au contrôle de l’Equerre. Quand un travail est terminé, il faut impérativement s’assurer de sa bien facture. C’est ici que l’Equerre intervient. Le souci du bien fini. Ce symbole de perfection se rapporte à l’homme pensant juste, et se comportant en ses actes avec une rigoureuse équité.
Les symboles ne mentent jamais, mais ils ne s’adressent pas aux vulgaires ou aux profanes qui méconnaissent leurs significations profondes et les interprètent selon des conceptions grossières.
Sans l’Equerre pas de taille correcte. L’Equerre a des branches d’égales longueurs. Elles proviennent de la moitié du carré. Il y a donc l’union d’une branche horizontale avec une autre verticale. L’Equerre portée en sautoir par le Vén.'. M.'. est emblème de rectitude et doit inspirer la rectitude et la droiture dans les pensées et les actions. On connaît l’expression vivre sous l’Equerre
. (Selon la morale)
Dans ce travail, je ne vais pas m’alourdir sur le symbolisme pur, mais bien sur ce qui se cache dans notre recherche ou méditation à propos des Livres Sacrés.
On voit bien la grande importance que la F.'. M.'. attache à l’enseignement ésotérique que contiennent ces livres. Je vous invite donc à méditer sur ce sujet.
D’abord je vais essayer de faire ressortir, de trouver le sens ésotérique de certains de ces mots contenus dans les Livres Sacrés : comme Enfer, Paradis, Satan et si possible Dieu.
D’abord clarifions qu’est ce que c’est que le sens ésotérique ? La réponse est : « le sens caché ». Pour expliquer cette idée, autrement dit, le sens caché et lui donner une forme plus palpable, imaginons ceci :

Comme le Christ a dit : «  je suis le cep et vous les sarments », à partir de cette idée voici ce que je propose.

Supposons que Dieu soit réparti parmi les hommes, de sorte que chacun d’eux soit un fragment de son être. Qu’est-ce qui arrive ? Une fois incorporé, Dieu loin d’y trouver la paix, se trouve être dans le fracas, dans un tumulte, loin dans un champ de bataille entre deux parties irréconciliables : Le Coeur et la Raison, comme dirait Pascal. Le cœur entraîne le corps d’un côté, la raison de l’autre et jamais de paix en cet individu. Loin de se faire entendre dans cette atmosphère orageuse, l’individu n’est même pas conscient de « Son » existence dans lui. La seule chose rassurante et qu’un individu possède un cerveau bien vide qui lui permet de produire, dans un proche avenir par la contribution de ses expériences ou ses études, un esprit bien efficace. En effet avec le temps, grâce à ses capacités mentales évoluées, l’individu acquiert des connaissances, son expérience s’accroît, son savoir s’élargit, son raisonnement évolue et parallèlement, grâce à des entraînements de volonté qu’il se fixe pour s’habituer à contrôler les tendances de son corps, il arrive enfin à dompter les parties en conflit. L’esprit qui se forme prend pouvoir en son corps et établit une paix durable, une harmonie complète entre le cœur et la raison.
Le cœur n’aura plus de raison que la raison ne connaît pas, il les connaîtra toutes et il lui trouvera des solutions pour les unes, sinon il cherchera à le convaincre pour les autres. L’esprit rentre en fonction et prend le contrôle, celui par lequel il avait dompté le corps et l’avait soumis. En effet il lui a appris à se discipliner contre la faim en exerçant le jeûne, il s’est exercé à mettre la main dans sa poche afin d’aider la veuve et l’orphelin. Il s’est entraîné à utiliser son cerveau pour l’exercer à s’élever de sa situation présente, de sortir de ses soucis matériels, pour méditer et pour prier. Il s’efforce même de lui assigner, à ce sujet, des jours fixes pour la méditation et la prière. Il l’a exercé à contrôler ces tendances rebelles et à ce sujet, lui a appris à se soumettre tant à un Ordre qu’à une idée sublime et même à de vénérables personnes qu’il doit considérer comme ses supérieurs.
Ainsi dans cette atmosphère paisible et harmonieuse l’individu tend l’oreille vers l’intérieur et découvre avec enchantement une voix ; la voix de Dieu, Dieu lui-même qui fleurit dans et en lui-même comme dans un champ après l’orage. Cette belle fleur, il la sort et la promène parmi les hommes, fier de la tenir entre ses mains. Ceux qui le regardent émerveillés, contemple cet homme resplendissant. Soudain il aperçoit de loin, que certains s’avancent vers lui. Ce sont des hommes avec la même fleur à la main. Ils se rapprochent et ces hommes qui ne s’étaient jamais vu de leur vie, s’embrassent fraternellement. Comme une jambe, un bras, une tête, bref comme les membres épars d’un même corps qui se retrouvent et s’unissent pour reformer l’union, l’ensemble auquel ils appartiennent. Ils unissent leurs mains tenant ces fleurs merveilleuses, pour former le Bouquet Divin, resplendissant en beauté et porté par ces mains dévouées, dont l’une possède l’habileté, l’autre l’exactitude, une autre la science et une autre l’intelligence pénétrante, l’autre une mémoire détaillée et une autre encore une observation perçante ou une logique terrienne. Ainsi se constitue le Bouquet Divin. Il est formé de toutes les facultés de l’homme. Ces hommes soumis en esprit et en corps aux ordres et aux exigences de cette Union, entièrement dévoués, cœur et âme, pour unir tout ce qu’ils possèdent en eux de divin et reconstituer les parcelles divines qu’ils possèdent. Réunir ce qui est épars ! Voilà la clé.
Exploitant cette idée d’union à tous les vivants de l’univers, nous arriverons à une idée plus générale de l’idée de Dieu reconstituée.
C’est ainsi que nous attribuons à l’idée de Dieu une idée plutôt sociale que mystique et c’est dans ce sens que j’ai élaboré mon travail. Car la symbolique pur vous pouvez la lire dans tous les manuels et en particulier dans Jules Boucher ou J.-M. Ragon. Puisque nous considérons le Livre Sacré comme notre plus grande Lumière, analysons, éclairons ce qu’il dit.

La peur de Dieu 
Serait la peur de la désunion, la peur de ne pouvoir jamais reconstituer l’union divine, l’union dans laquelle l’esprit manquerait au pouvoir où les tendances et les passions seraient plus en possession de l’esprit. La peur de Dieu dans ce cas serait donc la plus grande peur de l’initié.
Au fait, d’après cette image, ce n’est pas l’homme qui a peur de Dieu mais Dieu qui a peur, de ne pas pouvoir reconstituer ses membres épars, pour retrouver l’union divine. (Isis - Osiris)

L’enfer et le paradis
L’enfer est pour nous ce que nous appelons la vie profane, et le Paradis le Temple Idéal de l’Humanité, donc pour nous l’enfer et le paradis seraient sur terre.

La mort et la résurrection
Il ne faut pas attribuer la mort et la résurrection à la chair de l’homme. La mort de l’homme dans le sens ésotérique, le sens caché, ne signifie pas la désintégration de la chair dans la terre, et la résurrection ne serait pas la réanimation de la chair désintégrée. L’essence de l’homme étant son âme et l’esprit qui en résulte, le sujet auquel l’idée de la mort et de la résurrection lui est attribuée, ne se rapporte pas à la matière qui le supporte, à savoir le corps, mais à l’esprit qui est en question. L’esprit pourra mourir dans le corps où il restera enchaîné sans jamais pouvoir s’en libérer. Ou alors c’est l’esprit, qui ressuscitera de son corps, qu’il aura maîtrisé. Sur le plan social, la résurrection serait le flambeau que le maître, l’initié ou prophète aurait remis, à son successeur avant la mort, de son corps matériel. C’est comme une bûche, qui avant de se réduire en cendre, allume de sa flamme une autre bûche afin de renaître dans cette dernière.

La résurrection
sera par un autre corps, par le corps auquel le maître, l’initié, le prophète, aurait remis son expérience, son savoir, sa science et le reflet de sa sagesse : le flambeau que le maître remet à son successeur avant sa mort physique.

Les ministres de Dieu
seront les dirigeants du Temple Idéal de l’Humanité. Ceux qui tiendront le Temple debout. Autrement dit les colonnes de ce Temple.

Les restrictions et les obligations
que nous lisons dans les Livres Sacrés, exemple : jeûner, se priver d’un bien personnel pour donner aux autres, les jours fixes de prière…., sont compris par nous, comme exercices pour s’entraîner à se contrôler, à se diriger suivant la raison, afin de soumettre les tendances animales du corps à l’empire de l’esprit.

Le conflit entre Satan et Dieu
Le conflit entre Satan et Dieu serait pour nous le conflit entre les tendances animales de l’homme et son esprit. L’empire de Dieu serait donc l’empire de l’esprit sur le corps, qui régnera soit dans chaque individu soit dans toute l’humanité.

Que disent les livres sacrés
Croyez à l’existence d’un Dieu, et d’un seul, qui est le créateur de tout l’univers et de tout ce qu’il contient.
Voici ce que Dieu ordonne à l’homme : soit juste, droit, impartial et fidèle, soit bienveillant, charitable envers les nécessiteux, sache être humble et soumis, aime ton prochain, vit dans l’union.
Dieu demande aux hommes d’accomplir ses devoirs et de jouir de ses droits.
Dieu réserve pour les hommes vertueux qui ont pratiqué l’ordre qu’il leur a imposé, une place auprès de lui.
Voici donc le résumé du message, transmis par la Bible, l’Evangile et le Coran, à des dates différentes mais dont le contenu est identique.
A nous de déchiffrer leur sens ésotérique, leur sens caché en tenant bien compte de ceci : Les prêtres de l’Egypte, nous disent les auteurs grecs, avaient trois manières d’exprimer leur pensée : La première était claire et simple. La deuxième symbolique et figurée, la troisième sacrée et hiéroglyphique. Le même mot prenait donc à leur gré le sens propre, le figuré ou transcendant. Tel était le génie de leur langue. Héraclite a parfaitement exprimé cette différence en les désignant par les épithètes de «parlant » de «signifiant » et de «cachant »

Traduisons
Dans cette partie nous allons relire les mêmes passages en essayant de remplacer les idées : Enfer, Paradis Satan, Dieu etc. par leur sens ésotérique. Voici donc ce que les prophètes auraient dit à un groupe d’adeptes initiés.
« Croyez en l’existence d’une seule vérité d’où découlent toutes les lois de l’univers et de tout ce qu’elle renferme. Croyez à cette hypothèse de tout votre cœur et de toute votre âme, vous qui avez fait preuve de votre capacité de «croire » en quelque chose, que vous n’avez ni vu ni senti. Cette croyance vous procurera la force d’action, le carburant nécessaire pour vous rapprocher de cette vérité ».
« Voici je vous montre la voie qui vous mènera. Aimez votre prochain, vivez dans l’union et la fraternité. Dans cette voie vous aurez à lutter contre les penchants de votre corps, vos tendances physiologiques et vos tendances psychologiques. Vous lutterez sans cesse contre elles. C’est Satan qui vous détournera. Pour cette lutte je vous propose deux armes efficaces ».
« Entraînez-vous d’une part aux restrictions et aux sacrifices et de l’autre entraînez-vous à la méditation. C’est dans ce but que je vous ordonne ces restrictions et sacrifices et c’est dans ce but que je vous assigne des moments de prière où vous vous entraînerez à vous débarrasser des soucis de la vie profane et à méditer sur vous-mêmes et sur cette grande Vérité que nous exprimons par l’idée de Dieu (ou pour nous du G\ A\ de l’U\ ). Ces moyens serviront à vous exhausser et à libérer votre esprit des tendances de votre corps. Ainsi celles que vous pourrez vaincre par la méditation vous les vaincrez par la méditation, et celles que vous ne pourrez pas vaincre pas la méditation vous les vaincrez par l’empire que vous aurez acquis sur vous-mêmes, grâce aux enseignements que je vous ai prescrits. C’est-à-dire : les restrictions et les sacrifices ».
« Croyez. Sans cette croyance vous manquerez de courage et vous ne ferez le moindre pas vers le but. C’est cette croyance qui vous procurera l’énergie nécessaire pour votre action et c’est pour cela, qu’il est essentiel que vous fassiez preuve de votre capacité de pouvoir «croire » en quelque chose. C’est dans ce but que je vous demande de me croire que le salut des hommes est dans leur union ; pour que vous puissiez recueillir vos forces et agir efficacement » !
« Pêcheurs sont tous ceux qui cherchent à diviser les hommes, et les Ministres de l’empire Divin seront tous ceux qui prêchent l’union et l’amour fraternel. C’est ceux-là qui constitueront les colonnes principales du Temple Idéal de l’Humanité ».
« Un jour viendra, et ceci est inévitable comme l’eau qui poursuit sa pente, où il y aura un changement de pouvoir. Le pouvoir sera pris de la main des Satans et sera livré entre les mains des vertueux. Autrement dit, le pouvoir du corps sur l’esprit sera renversé. A partir de ce jour, l’esprit prendra le pouvoir sur le corps pour toute l’éternité et il sera régi par les lois infrangibles de la vérité ».
« A partir de ce jour le loup et l’agneau, c’est-à-dire le fort et le faible vivront dans la fraternité parce que d’une part, chacun aura acquis le contrôle de soi-même, et d’autre part, le pouvoir sera fondé à partir de ce jour non pas sur la puissance, mais sur la raison et la vertu ».
« Nous avons tous dit que Dieu est en vous ; cherchez le donc d’abord en vous. Exhaussez-le et libérez-le de votre corps, unissez-le et intégrez-le avec celui des autres.  Contribuez à former l’Union Divine, l’Union Spirituelle des hommes ».

Ici, une parenthèse. Un jour qu’on interviewait Ford, on le harcelait de questions  comme : comment se nommait tel ou tel général durant la guerre passée ? Ne pouvant y répondre avec exactitude, car il n’avait même pas fini ses primaires, il répondit à peu près ceci : « à quoi me sert de me farcir le crâne avec ces choses alors qu’il y a tant de cerveaux qui travaillent pour moi et où je puis puiser mes sources » ! Voyez. Il avait compris l’Union !

Qui de nous a cherché à vous diviser ? Si ce n’est ces ignorants fanatiques qui ont pris tout ce que nous avons dit à la lettre. Qui de nous a tenté de faire défaillir vos croyances, si ce n’est que ces religieux sceptiques, aux yeux de taupes qui croient comprendre et ne comprennent les choses qu’à l’envers.
Voici le sens littéral :
Comment expliquer cette vérité à la masse ? Si ce n’est qu’en leur donnant l’ombre de cette vérité. Voyez même aujourd’hui, combien parmi les savants, les plus intelligents, arrivent-ils à y croire ? Qu’aurions-nous pu faire d’autre pour éclairer les hommes, si ce n’est que par la peur de l’Enfer dans lequel ils vivent et par la récompense d’un Paradis dans lequel ils aspirent.
Voici le sens caché
« En vous maintenant nos espoirs, les prophètes de la Vérité. Choisissez les hommes, qui pourront vous comprendre. Instruisez-les pas à pas, degré par degré ; ne mettez pas toute la lumière d’un coup sous leurs yeux pour ne pas les éblouir. Mais soyez fermes et résolus » ! J’arrive au terme de mon exposé, j’espère avoir répondu à votre attente quant à un des sens de cette Lumière que nous cherchons tous et souhaite que ma façon de l’aborder ne vous ait pas trop rebuté.
Par ce travail je n’ai pas essayé d’inculquer une doctrine, mais de vous montrer comment on peut lire un texte soit 
: parlant, soit signifiant soit cachant.
Mes FF.'., ainsi je crois entendre à travers ces Livres Sacrés la voix des prophètes, ces grand initiés dire ceci : « Nous sommes parvenus à vous apporter ce flambeau jusqu’au centre de vos Temples, et vous le remettons entre vos mains. A vous maintenant de le raviver de façon à éclairer, par sa lumière, non seulement vos Temples, mais aussi toute l’humanité. »

J’ai dit Vén.'. M.'. et vous tous mes FF.'.

Automne 2002 /// Guy

3° La liberté
Que de salive, d’encre mais aussi de sang n’a t’on pas déjà versé en ton nom !
Au sens ordinaire où nous l’entendons la liberté est définie comme la possibilité que chacun devrait avoir de penser, de dire, de faire ce qu’il veut. Cependant, dans un premier constat, nous découvrons que cette requête que nous affirmons et érigeons de droit se heurte simultanément à une limitation. Nous déclarons: "la liberté s’arrête où commence celle de l’autre ". C’est d’ailleurs grâce à cela que nous pouvons vivre ensembles. Seulement, nous refusons de voir que par un tel énoncé la liberté est en même temps anéantie. Nous affirmons et nous revendiquons un champ d’expériences qui, par nature, devrait être illimité et nous lui fixons un cadre. Cela est donc paradoxal.
Mais tout d’abord, pour bien nous comprendre, qu’est-ce qu’un paradoxe ? Schématiquement, c’est une forme d’expression qui contient une proposition à la fois vraie et fausse et qu’on ne peut résoudre de façon logique classique. L’exemple du paradoxe le plus courant est celui d’Epiménide le Crétois qui déclarait: » que tous les Crétois étaient toujours menteurs. » La question qui se pose alors est la suivante: dit-il vrai ou ment-il, peut-il proférer une vérité en s’avouant toujours menteur étant Crétois lui-même ? Il est très difficile de sortir de cette situation par le raisonnement courant, on doit faire appel à un autre mode de réflexion.
Nous observons pour ce qui concerne la liberté que nous sommes dans une difficulté du même ordre. Y a-t’il liberté si celle-ci est d’emblée soumise à restriction, si une limite lui est imposée. Questionnons-nous aussi si ce n’est pas qu’un concept, une pure production de notre mental dont l’origine serait plutôt ténébreuse, qu’un fait réel. Ce ne serait pas la première fois qu’un concept serait faux.
Souvenons-nous, en URSS, sous le règne de Staline, un biologiste et agronome du nom de Lyssenko a réussi d’imposer ses idées sur la transmission des caractères acquis. Ses thèses furent promues théories officielles par le pouvoir durant la période allant de 1940 à 1955. Ces théories étaient fausses et toutes les recherches en biologie, entreprises durant ces années, n’ont été que des échecs. Elles ont handicapé et retardé lourdement l’étude du vivant en Union Soviétique. Cela a été un désastre sur le plan scientifique.
Faire une relation entre le concept de liberté et les théories de Lyssenko est peut être aventureux. Seulement, il s’y trouve un cheminement semblable. Une affirmation, des expérimentations et une impasse, voire aussi une forme de désastre.
Si nous prenons le problème à la source, nous observons que, contrairement à ce qui est envisagé, l’homme vit en complète dépendance. Où qu’on se tourne et quel que soit le domaine où l’homme évolue, il ne rencontre que limites. Le monde physique lui impose des restrictions, la physiologie humaine d’importantes contraintes. Par exemple, nous oublions ou feignons d’ignorer que nous ne pouvons vivre confortablement que dans une plage de températures plutôt étroite. Dans l’air, à l’état nu la température ambiante ne doit pas être inférieure à 27° C. Vêtu, ce sont 22 ° C qui doivent être maintenus, faute de quoi nous nous refroidissons inexorablement. Quand la température ambiante s’abaisse nous devons débuter un processus de protection par l’ajout de vêtements, un apport alimentaire plus conséquent, la recherche d’un abri que finalement on devra tempérer en brûlant un combustible. Nous faisons partie du groupe des êtres dits homéothermes. C’est à dire que notre température centrale doit rester constante et là, la limite est très étroite car 2° C inférieurs engendrent des troubles sévères, 4 à 5° C supérieurs sont tout autant préjudiciables à notre intégrité. Nous n’avons pas la liberté de nous refroidir.
Actuellement, dans nos immeubles, nous ne sommes plus conscients de ces limitations car nous ne sommes plus véritablement confrontés à notre environnement. Par ingéniosité nous créons les moyens d’élargir le cadre qui nous est naturellement imposé mais nous demeurons limités. S’agit-il de créativité, de liberté alors que ce sont des réponses à la pression du milieu. L’homme des tropiques invente peu. Non pas parce que ce serait un être stupide et paresseux, c’est simplement que les besoins ne s’en font pas sentir. D’un autre côté, nous n’avons plus aucune perception des conséquences que cela a au plan de nos comportements. Donc, contrairement à un point de vue, nous n’élargissons pas notre champ d’action, nous restons soumis. Nous adoucissons les contraintes en les rendant plus supportables mais nous devons constamment lutter pour ne pas qu’elles nous gagnent en omettant d’en voir le prix à payer ou que nous reportons ailleurs.
Voyons encore plus loin. Organisés en diverses sociétés nous faisons dans chacune d’elle le même constat Celles-ci définissent et décrètent des règles de fonctionnement. Une certaine élasticité, variable selon les époques, est admises. Mais la transgression des règles s’accompagne de sanctions dont l’expression la plus extrême consiste dans l’élimination physique de l’élément perturbateur. Ce fait est d’autant plus remarquable que toutes les sociétés ont pour habitude de réduire la marge de manoeuvre de la plupart des membres qui la composent. Ceci parce qu'il s'agit de la cohésion même de la société. Une société trop permissive finit par se désagréger. L'époque dans laquelle nous vivons est, à cet égard, exemplaire. Est-ce le résultat de vouloir instaurer une liberté irréaliste ?
La société ne fait pas que nous restreindre extérieurement, elle nous façonne intérieurement. A notre naissance nous héritons de toute une forme culturelle et nous n’échappons pas au modèles qu’elle sécrète, qui font notre éducation, nos modes de pensées et d’expression. Nous sommes donc les produits de la société et nous pouvons sans peine déterminer l’origine d’un individu par les caractéristiques de la société qui l’a conditionné et manipulé. Même si cet aspect est réducteur il y a des empreintes indiscutables.
" La liberté, c’est de pouvoir choisir ses contraintes " dit-on aussi. Peut être, mais choisissons-nous vraiment ? De plus, il n’y a aucune satisfaction dans ce genre de maxime. Elle est aussi douloureuse que la déclaration du fumeur qui se dit libre alors qu’il est sous la dépendance du tabac et de ses habitudes.
Nous voyons que nous stagnons en pleine ambiguïté et objectivement, au plan du simple bon sens, il ne peut pas en être autrement. Il n’est honnêtement pas possible d’affirmer la liberté dans le monde puisque celui-ci, de par sa bipolarité, à ce que nous croyons liberté, il oppose le contraire qui est la contrainte. Nier cela équivaut à nier les couples chaud et froid, clair et obscur, et ainsi de suite. Alors, acceptons le fait qu’en réalité, dans le monde, nous ne disposons que de permissions ou d’autorisations que nous devons toujours renégocier.
Mais il y a plus. Pour qu’il y ait liberté, il faut que nous ayons la connaissance totale de toutes les conséquences produites par l’exercice de cette liberté, comme de pouvoir y répondre. Etant dans l’ignorance du " lieu " où l’action puise son origine et celui où elle trouve son achèvement, la liberté s’efface. La liberté ne peut se concevoir que dans la maîtrise de tout le cheminement de l’action. On voit donc que la liberté est forcément associée à la connaissance. Donc, à contrario, l’ignorant ne peut être libre. La chose est certaine, on ne peut pas se dire libre si on ne sait pas ce que l’on fait.

                  " Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font "
                                                               Luc 23,34

Alors, demandons-nous si cette déclaration de liberté n’est pas celle d’un être en rébellion qui se dresse face à son Créateur, manifestant de l’orgueil et sa révolte, écrasé qu’il est par les contraintes de la vie, sa faiblesse, son impuissance, son désir d’autonomie. Enfant qui rejette l’autorité paternelle et qui se coupe de l’accès à la liberté parce qu’il ne comprend plus la volonté du père. L'impasse est totale parce que nul ne sait si nous sommes des êtres libres ou déterminés.
La question reste donc entière. Cependant, tout n’est pas obscur. Nous savons que la liberté ne peut jaillir que lorsque la connaissance est complète. Donc, liberté et connaissance sont conjointes et ne peuvent se réunir qu’en ce point hors de l’espace et du temps qu’est l’Absolu.

" Etre libre ce n’est pas pouvoir faire ce que l’on veut, c’est la capacité de faire ce que l’on doit ".
                                                             Jean Borella " Fausses évidences et vérité de bon sens "

Nous pouvons préciser : faire ce que l’on doit c’est faire la volonté du Père qui est rappelons le :

" Le Père n’a pas d’autre Volonté que d’engendrer le Fils Unique, au sein de la Trinité, d’une part, et dans le sein de Marie par l’opération du Saint-Esprit, d’autre part (Trinité et Incarnation). Par conséquent, l’âme chrétienne n’a rien d’autre à faire que de réaliser existentiellement l' étal marial pour que le Père engendre en elle son propre Fils". 
                                                              Abbé Stéphane " Introduction à l’ésotérisme chrétien" tome I 

Tout le drame de l’homme et simultanément la supercherie du concept de liberté est de croire qu’il est capable de se diriger par lui-même. Cet état d’indépendance ne lui sera accordé, peut être, qu’au final, à l’instant précis où nous n’en aurons plus besoin parce que nous le serons devenu.
Notre unique liberté réside dans l’acceptation de l’injonction :

" Chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa Justice et tout le reste vous sera donné de surcroît". 
                                                               Matt VI,33

parce que si nous n’y répondons pas, par manque de foi, par paresse, nous ne faisons pas preuve de liberté. Nous cédons à nos penchants sans chercher à les surmonter. Ce n’est pas un statut d’homme libre et nous nous privons précisément de l’accès à ce que nous revendiquons. La liberté ne peut donc être atteinte qu’en allant vers le haut, en coopérant à la Volonté divine.
 Mbx
Article paru dans la revue : Alpina 2, (2003) 54-55

4° L’AMOUR (à travers l’Initiation)
L’amour est l’attirance, la haine est la répulsion. Ces deux forces sont partout dans la création. Elles agissent dans tout ce qui existe. Ce sont les deux moteurs les plus puissants qui poussent l’homme à agir. Les grandes œuvres et les grands événements bons ou mauvais sont générés par l’amour ou la haine, quelque fois par un mélange des deux.
L’amour de l’Univers manifesté correspond à l’Amour de Dieu car tout ce qui existe a été conçu par le Grand Architecte de l’Univers qui est lui-même émané de l’Unité. 
Nous entendons souvent « Dieu est amour ». C’est à la fois vrai et tout à fait incomplet ; car Dieu est Tout.
L’Etre Suprême a émané de lui-même des entités faites à sa ressemblance, mais certaines d’entre elles, dont les humains, doivent encore découvrir qu’elles sont faites à Sa ressemblance.
L’homme a reçu la liberté d’agir. Cette liberté Nous l’appelons le libre arbitre.
Dans notre Univers, beaucoup d’êtres humains choisissent indifféremment l’amour ou la haine, selon leur convenance, pour leurs propres intérêts ou ce qu’ils considèrent comme tels.
Chacun d’entre nous peut utiliser la voie de l’amour ou celle de la haine selon le choix qu’il veut faire : aider ou négliger, si ce n’est détruire son prochain, vouloir le plaisir commun ou rechercher uniquement son plaisir personnel en frustrant les autres ; contribuer à l’élévation de la confiance en soi de son entourage ou exacerber son orgueil ; guérir ou ignorer la détresse et la maladie, etc…
Par bonheur, les hommes peuvent recevoir l’Initiation et commencer à agir le plus possible avec amour, pour le bien de tous et de tout.
Souvent, le futur véritable initié manque de méthode pratique. Il ne sait parfois pas utiliser la méditation, la concentration, le silence. L’initié ne sait pas toujours comment acquérir l’humilité, le respect, la compassion, etc.
L’initié potentiel doit rechercher une méthode pour son évolution; elle peut être personnelle, pourvu qu’elle lui convienne.
Afin de devenir adepte des vérités éternelles, l’initié doit calquer son existence sur les préceptes mystiques qu’il a pu comprendre et en admettre la validité intellectuelle.
Devenir sensible et trouver la finesse qui est en soi sont important pour nous rapprocher de la Divinité.
Pour cela, il est nécessaire de travailler avec amour non seulement par la pensée et la parole, mais surtout par l’action.
C'est-à-dire :
- Faire silence en soi, se concentrer et méditer.
- Pratiquer les grandes vertus.
Toutes les théories positives, que reçoit celui qui a subit le rituel d’initiation, doivent passer dans la pratique et se transformer en connaissances afin que celui-ci devienne un réel initié.
Quelquefois la véritable initiation précède le rituel  car la vie et l’environnement peuvent servir de Maître aux élèves qui ont beaucoup travaillé dans le passé ou dans des vies précédentes.
En fait, le rituel d’initiation n’est qu’un déclencheur, un détonateur qui n’amorce rien, chez certains sujets, peu de chose, chez d’autres, mais une véritable transformation, chez les sujets conscients qui se sont préparés grâce à l’assiduité de leur travail.
Chez ces derniers, leurs pensées, leurs paroles et surtout leurs actes se conforment à cette transformation.
Tous les être humains sont susceptibles d’être initié ; certains, peuvent l’être par la nature qui les entoure.
Malheureusement, la plupart des hommes qui ont été « initiés rituellement» dans de multiples ordres, religions ou mouvements philosophiques et mystiques, l’ont été sans avoir reçu, pour nombre d’entre eux, une véritable initiation.
Ces hommes là n’ont pas compris l’essentiel; l’essence de l’initiation, c’est-à-dire, la mise en pratique. Seule la mise en pratique permet d’aller vers l’adeptat qui mènera à l’Illumination, la réintégration dans l’Unité d’où nous sommes venus à l’aube de la formation de l’Univers. 
Etant émanés de Dieu, nous existions déjà en Lui. Nous continuerons donc d’exister, mais avec en plus la conscience, c’est-à-dire éveillé grâce à la véritable initiation.
Durant son existence physique, chaque individu reçoit d’incontournables initiations, dont la naissance et la mort.
Les plus évolués reçoivent une haute initiation et se divinisent progressivement.
L’initiation déclenche le désir de retrouver la splendeur qui était nôtre, au moment de notre émanation du cœur de la Déité; splendeur que nous avons perdu lors de la « chute de l’homme ».
Grâce à l’initiation, les véritables adeptes des vérités éternelles utilisent certains outils, dont le principal est l’amour.
Les autres outils sont aussi importants, comme la prière, le travail, la maîtrise de soi, la pratique des vertus et le rejet de tout ce qui est contraire à l’Amour.
La prière nous relie mentalement à Dieu ou à des Entités Supérieures qui nous dépassent. Je veux parler ici, principalement, de la prière d’adoration.
La prière du matin de Saint-François d’Assise, peut être un bon outil utilisé par l’Initié qui a choisi l’amour.
Voici cette prière :
"Dieu de notre cœur.
"Dans le silence de ce jour naissant,
"Je viens Te demander la paix, la sagesse, la force.
"Je veux regarder aujourd’hui le monde
"Avec des yeux tout remplis d’amour,
"Etre patient, compréhensif, doux et sage.
"Voir au-delà des apparences
"Tes enfants comme Tu les vois Toi-même,
"Et ainsi ne voir que le bien en chacun.
"Ferme mes oreilles à toute calomnie,
"Garde ma langue de toute malveillance.
"Que seules les pensées qui bénissent
"Demeurent en mon esprit.
"Que je sois si bienveillant et si joyeux
"Que tous ceux qui m’approchent sentent Ta Présence.
"Revêts-moi de Ta beauté, Seigneur,
"Et qu’au long de ce jour, je Te révèle.
Saint-François d’Assise
A mes yeux, le passage le plus marquant de la prière de St-François d’Assise est : « … Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tout remplis d’amour… ».
Pour la plupart d’entre nous, dont je fais partie, nous n’avons, bien sûr, et de loin, pas le niveau d’évolution spirituel de Saint-François d’Assise, mais avec beaucoup d’efforts et de temps, nous y arriverons par l’utilisation systématique de l’amour.
L’initié véritable a une plus grande responsabilité que le profane, de par sa connaissance.
Ce que nous propose l’initiation ce n’est pas moins que d’avoir un seul dogme, l’Amour, l’Amour de l’Univers.
Entre parenthèse :
(Au sujet des dogmes en général, nous devons tous nous en méfier, et rester toujours des points d’interrogations vivants. N’oublions pas que nous ne devons obéir qu’à un seul Maître, notre conscience. Tout doit passer par notre raisonnement, avant d’être admis, afin ne pas cautionner n’importe quelle théorie venant de n’importe quel « gourou », église ou beau parleur.
Il est primordial, que l’Initié reste autonome avec une pensée libre, c'est-à-dire, devenir par lui-même son propre Roi, son propre Maître par la maîtrise et la connaissance de soi.)
L’Initié véritable deviendra de plus en plus conscient que ses pensées négatives sont dangereuses pour son évolution. Celles-ci l’attaqueront là où elles trouveront ses plus grandes faiblesses.
Afin de résister, l’Initié s’efforcera de rechercher des pensées positives plutôt que de chasser les négatives.
(Par sa présence la lumière remplace l’ombre)
L’univers physique étant émané du Divin, l’Initié, petit à petit, pensera, priera et travaillera en relation de plus en plus étroite avec Dieu, ce qui l’amènera à sa propre Divinisation.
Il arrivera inévitablement à ne voir que le Divin, non seulement en chaque être humain, mais aussi, à travers tout ce qui existe; car tout vient de Dieu et Dieu est dans tout.
L’Hermétisme nous dit : « Le Tout est dans tout et tout est dans le Tout. »
La voie parfaite de réintégration est l’amour, et non pas les pouvoirs, plaisirs et autres puissances. Bien que ceux-ci, peuvent être exacerbés durant l’évolution de l’initié. Il est nécessaire de prendre garde à ces « avantages » qui peuvent se transformer en obstacles pour notre retour vers l’Etat Lumineux, le Grand Retour à l’Unité Cosmique.
C’est pour cette raison que le travail et les vertus comme l’humilité, la compassion, etc. doivent être cultivés en parallèle avec l’Amour, l’Amour de l’Absolu.
L’Initié devra prendre avec détachement tous les biens terrestres car, sur cette terre, tout ce que l’homme possède, en réalité lui est prêté ; y compris son propre corps, ainsi que l’attachement qu’il ressent pour les autres humains.
Le non attachement ne veut pas dire qu’il faut rejeter toute émotion, tout sentiment et mépriser les biens qui nous sont dévolus sur cette terre. Ceux-ci seront utilisés par l’initié, autant ou plus, pour autrui que pour lui-même.
Tout est vibration, tout est vivant, de la matière la plus brute en passant par les plantes, les animaux et bien sûr les êtres humains.
Tout vient de Dieu et Dieu est en tout. Il est donc de notre responsabilité et de notre devoir de tout respecter et aimer, car aimer et respecter l’émanation de Dieu, c’est aimer Dieu.
Il est fondamentalement vrai que Dieu est notre Père étant donné que nous sommes une parcelle de Lui-même.
Au terme de nos incarnations respectives, le meilleur chemin de réintégration est l’Amour de Dieu. Comment y parvenir ? C’est à la fois simple et compliqué :
Compliqué : car nous sommes habitués, pour beaucoup d’entre nous, à n’avoir même plus l’amour de nous-même ; à vivre de manière égoïste, orgueilleuse et ne pas se sentir concerné par le sort des autres. Nous n’avons que trop peu de respect, autant pour nous-même que pour autrui.
Dans l’humanité actuel, le manque d’humilité, d’amour et de compassion est assez général. Voilà en gros la complication, l’obstacle à franchir.
La pire des erreurs, le pire des péchés, c’est de ne pas vouloir évoluer, de se contenter de la vie terrestre avec ses désirs et plaisirs terre à terre, quelquefois morbides ou cruels.
Simple : car l’amour de toute chose, de tout être et en particulier de son prochain est la voie royale vers notre réintégration dans l’Unité.
Grâce à notre passage dans la matérialisation, l’amour universel nous permettra d’atteindre le but de l’initiation en nous rendant pleinement conscient et éveillé.
La Voie de l’illumination puis du grand Retour s’ouvrira alors vers le Tout.
En tant qu’Initié véritable, nous ferons enfin le travail que la Divinité nous a confié, lors de notre venue dans l’univers manifesté, c’est-à-dire, amener quelques frères humains à ne plus vouloir rester dans le monde extérieur, en leur permettant de réintégrer le Père, pour qu’il leur ouvre les portes de son Immensité Divine.
L’Initié, par son initiation, va tout d’abord prendre conscience de son état. Il va ensuite lutter, non pas de front contre ses défauts qu’il connaît et/ou qu’il conscientise peu à peu, mais en recherchant et en suscitant les qualités contraires à ses défauts.
Le véritable initié qui reconnaît ou découvre ses défauts recherchera, avec humilité, à les contrer, en changeant ses plaisirs malsains ou dangereux en plaisirs sains pour lui-même et son entourage, en modifiant son manque de compassion en s’occupant d’autrui, etc….
L’Initié doit toujours avoir à l’esprit l’évolution de sa condition vers le mieux et le bien jusqu’à ce que cela devienne naturel et spontané. Il pourra, de cette manière, Aimer de plus en plus le Dieu de son cœur, dans sa pensée, dans ses paroles et dans ses actions, et ira vers sa réalisation.
Qu’est-ce la réalisation de soi ?
La réalisation intérieure passe par la domination, la maîtrise de l’ego; afin que l’initié ne s’égare et ne fasse la confusion entre sa personnalité ordinaire et son Moi supérieur. Il évitera aussi un déséquilibre émotionnel l’amenant à des absurdités comme se prendre pour un gourou, un missionné de Dieu, etc..
La réalisation commence par l’initiation, puis l’adeptat et l’Illumination pour aboutir à la réintégration en Dieu par de nouvelles transformations et ainsi de suite. Et, cela sans fin, car au sommet d’un règne commence un autre règne. En effet, pour un virus ou une cellule de notre corps, chacun de nous représente un Univers, et pour eux, nous sommes aussi inconnaissables que Dieu l’est pour nous.
Pour cette raison, la plupart d’entre nous ne peuvent voir les mondes supérieurs. Par des attitudes saines et un comportement d’amour, nous serons attirés vers ces différents mondes par les entités qui les peuplent.
Les Grands Sages, habités par le Christ Cosmique, comme Jésus, Bouddha, Krishna, Hermès Trismégiste, etc., nous ont montré le chemin.
Chaque instant de notre vie devrait être consacré au Divin en accord avec Sa volonté.
Prenons acte de ces paroles de sagesse : «Que Ta volonté soit faite, Seigneur, et non la mienne !». Elles devraient être permanentes dans l’esprit de chaque véritable Initié.
Alors, la prière et la méditation deviendront pour chacun de nous quotidiennes. La référence à Dieu par l’Amour de la nature et des êtres qui y habitent, des moins évolués au plus évolués, deviendra une habitude et nous amènera au But de notre quête spirituelle.
Cette communion permettra le retour dans notre Corps de Lumière, le retour à nos pouvoirs et devoirs dont nous a investi notre « Père Suprême ».
Nous occuper des connaissances intellectuelles, ésotériques et mystiques par la lecture, l’écoute des conférences, planches et conseils de nos frères est excellent, mais ne nous arrêtons pas là.
Nous devons impérativement dépasser ce stade qui nous donne une direction, des sentiers à suivre. Nous devons prendre et mettre en pratique le savoir afin qu’il devienne connaissance sous peine de ne pas progresser du tout et de ne pas faire notre travail d’Initié, donc d’Agent de la Divinité.
Il est aussi de notre responsabilité de devenir conscient de ne pouvoir évoluer seul, sans amener les autres, avec humilité, sur le sentier de la réintégration. Si nous avons la chance et le privilège d’avoir un chemin à suivre nous devons en faire profiter tous nos frères humains en fonction de notre sphère d’influence.
Sachons aussi qu’en élevant notre propre niveau de conscience, nous élevons aussi le niveau de conscience collectif.
Ainsi, nous prendrons aussi conscience de notre puissance et de notre potentialité. Ce que certains appellent des miracles ne sont que la connaissance et l’utilisation des lois divines.
Utilisons les lois divines au mieux pour la gloire du Grand Architecte de l’Univers, ainsi que l’élévation et l’amélioration de tous en général et de nous même en particulier
L’amour de tout l’Univers, de tous les règnes : minéral, végétal, animal et humain est en fait tout simplement l’amour de Dieu. En aimant l’univers physique qui l’entoure, l’Initié aimera le Divin. C’est dans sa recherche de l’Absolu, qu’il trouvera son cheminement et son but.
Ceci n’est que le reflet de ma compréhension, de ce que les avatars successifs nous ont transmis dans ce domaine.
Vénérable Maître, et vous tous mes très chers Frères, que la Lumière éternelle de la Sagesse Cosmique nous éclaire à jamais !
M.A.J.

5° Réflexion sur les devoirs du F.'. M.'.
Lorsqu’on parle des devoirs du F.'. M.'. on ne fait en général qu’un inventaire des comportements à respecter avec une sorte de subdivision liée à nos différentes activités. Il y a des devoirs en loge et hors loge, tels ceux concernant la famille, la société, la patrie. Schématiquement, lors de ces causeries, on commence toujours par rappeler le Code maçonnique avec relecture des différents articles, puis on passe à une description un peu plus détaillée de ces recommandations et on finit par conclure que le F.'. M.'. doit se démarquer, par ses actes, de l’homme ordinaire pour que son entourage puisse finalement découvrir et reconnaître les qualités qui devraient accompagner chaque homme en société.
Ces prescriptions ne sont pas à mettre en doute car elles favorisent et embellissent la vie sociale. Elles sont indispensables, en leur absence ce ne serait tout simplement pas tenable. Seulement, une analyse plus pointue fait apparaître que dans la société il y a une multitude de personnes qui sont respectueuses des lois et qui ont des comportements exemplaires. Elles ne sont pas membres d’une loge mais sont parfaitement en règle avec leur famille, la société, la patrie et ne sont sujettes à aucun reproche. Ces personnes n’ont pas connaissance du Code maçonnique mais, pour la plupart, elles ont suivi le catéchisme de leur religion respective et comme bon nombre de chrétiens, elles ont appris par cœur les 10 Commandements et s’y conforment en faisant tout leur possible, en y mettant leur cœur et leur honneur. D’ailleurs, les 10 Commandements sont suffisants. Il n’y a pas lieu d’en augmenter le nombre et la vie sociale serait harmonieuse si chacun les respectait. L’honnête -homme n’est donc pas exclusif à la Franc-Maçonnerie.
Puisqu’il y a une majorité de personnes respectueuses de leur parole, des lois et soucieuses de ne pas s’écarter du « droit chemin », sous peine de honte et de sanctions, et qui ne sont pas membres de la Franc-Maçonnerie, c’est que les devoirs qu’on nous propose en loge doivent encore nous différencier de ces personnes. Parce que, si c’est pour en arriver au même stade, il n’est pas nécessaire de mettre un tablier et des gants blancs. Soyons clairs, si ce n’est que cela, suivre la Sainte Messe ou participer au Culte dominical est suffisant, il n’est pas nécessaire de suivre un rituel spécial.
En fait, les lois suppléent à l’absence de conscience, elles fonctionnent comme garde-fous. Dès que la conscience s’éveille les garde-fous deviennent moins utiles. Donc, les devoirs du F.'. M.'. ne le sortent pas du bien-fondé des lois mais sont dans le développement de la conscience qui les englobe et les dépasse. Mais comment procéder ?
La plupart de ceux qui présentent leur candidature en loge affirment être à la recherche d’une vie plus pleine, mieux comprise, ayant du sens. Ils reconnaissent un manque qu’ils souhaitent combler. Ils ont aussi le pressentiment d’une inadéquation mais n’ont pas réussi à découvrir, dans la religion de leur éducation, toutes les réponses à leurs interrogations.
On se plaît à dire que le F.'. M.'. fait une recherche spirituelle. D’accord, mais en quoi cela consiste -t’il exactement ?
Si ce n’est que de la curiosité intellectuelle alors, cela ne conduit nulle part. On peut remplir des bibliothèques avec çà. C’est d’ailleurs déjà fait et on ne fera que rajouter un volume de plus. Cette recherche doit donc être accompagnée d’une vie spirituelle, d’une pratique régulière pour devenir effective.

« La vie spirituelle consiste essentiellement à faire la Volonté du Père. Or le Père n’a pas d’autre Volonté que d’engendrer le Fils Unique, au sein de la Trinité, d’une part, et dans le sein de Marie par l’opération du Saint Esprit, d’autre part(Trinité et Incarnation). Par conséquent l’âme chrétienne n’a rien d’autre à faire que de réaliser « existentiellement » l’état marial pour que le Père engendre en elle son propre Fils ».

Abbé H. Stéphane
(Introduction à l’ésotérisme chrétien tome 1er)

En fait, c’est le devoir de tout chrétien et c’est aussi le devoir du F.'. M.'. . Il ne peut pas en faire l’économie. Pour une première raison c’est que par son initiation, en admettant que tout ce processus aie une quelconque valeur, il quitte en principe le monde profane. Mais posons-nous la question, pour quel monde alors ?
S’il ne s’agit plus du monde profane, s’agit-il du Sacré ? Ou bien y en a-t’il d’autres, intermédiaires ? Et si c’est pour le monde Sacré pourquoi aurait- il encore des devoirs dans le monde profane auquel il n’appartient plus ? Etrange paradoxe d’autant qu’en général, lorsqu’on accède à un niveau supérieur on a totalement assimilé le précédent et on n’a plus à y revenir.
Quand on est face à un problème rien ne nous empêche de le reprendre à la base. Suivons donc cette procédure et retournons jusqu’au cabinet de réflexion car il fait déjà partie de l’enseignement maçonnique. Là, effectivement, nous trouvons nos devoirs.

· Nous avons un devoir de Vigilance. C’est à dire que nous devons développer notre attention, nous placer dans cette disposition qui est semblable à celle de la sentinelle en nous souvenant que la défaillance s’appelle un délit de garde et que c’est toujours lors de l’endormissement que nous sommes investis par l’ennemi. Nous avons à devenir des Veilleurs mais en ne tombant pas dans le piège d’usurper les fonctions d’Eveilleur avant que celles-ci nous soient peut-être accordées.

· Nous avons un devoir de Persévérance. C’est à dire que nous devons développer notre volonté, notre ténacité face à notre tâche. Nous savons bien que la réussite ne dépend que de la constance dans l’effort, que le velléitaire, à l’opposé, ne va jamais au bout de ses entreprises. Mais là aussi, il y a piège. C’est celui qui consiste à concentrer ses efforts ailleurs que dans notre unique destinée.

· VITRIOL – Visite l’intérieur de la terre n’est pas un appel à la spéléologie. C’est une injonction à rentrer en nous-mêmes, à faire l’exploration du dedans. C’est nous qui sommes cette terre, intérieure que nous devons également labourer pour l’ensemencement et la germination. Rectifie, c’est le long travail sur la pierre brute qui nous sera explicité au 1er grade. Et tu trouveras la pierre cachée.

Mais de quelle pierre s’agit-t’il ?
Symboliquement, la Pierre c’est Le Christ, c’est la Norme. Donc, à la fin de la rectification, lorsque la Pureté sera atteinte, ou pour être plus clair, lorsque la Virginité sera retrouvée, alors l’Union mystique pourra s’accomplir afin qu’en nous renaisse le Fils Unique. Mais sachons le bien, cela ne s’obtient ni par notre volonté, ni par la raison. Il y a là un nouveau piège, nous avons qu’à nous préparer et nous maintenir dans une attente confiante.

« Tu es heureux Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’on révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux ». (Matt. 16,17)

« Et moi, je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». (Matt.16,18)

Dans ces deux versets Jésus Christ affirme l’impossibilité d’accès à la Lumière par la volonté et la raison et Il authentifie la réalisation spirituelle de son disciple. Il le reconnaît semblable, à son Image puisque Simon est aussi devenu Pierre et Il l’inclut dans l’assemblée des êtres réalisés, dans l’Ecclésia qui n’est pas ailleurs que là. Toutes les autres églises n’étant que des substitutions.
Peut-on être plus clair ?
Une autre preuve nous est offerte dans le domaine de la matière. En physique on peut mettre en parallèle VITRIOL et ce qu’enseigne la thermodynamique. Aller au dedans correspond à la conservation de l’énergie. L’entropie est nulle, c’est l’ordre. Par contre, aller à l’extérieur, s’y disperser, nous met en présence d’une structure dissipative. L’entropie augmente et mène à un plus grand désordre. Donc, se recentrer, au final, c’est « Ordo ab Chao ». Cela est vrai, toutes les pratiques spirituelles sincères et justes offrent à ceux qui pratiquent activement un surcroît net d’énergie. Il peut même se produire comme un rajeunissement.
Au premier degré nous devons travailler à la pierre brute. D’informe, elle doit par notre œuvre prendre forme, cubique en correspondance à la Norme de façon qu’elle puisse s’insérer sans heurts dans le Temple idéal de l’Humanité. Mais, de quelle humanité s’agit-t’il ? De la multitude des hommes ? Assurément non. Il s’agit de la synthèse des qualités qui définissent l’Homme, comme la bestialité est définie par le résultat des actions qui précipitent l’homme au plus bas.
Donc l’homme, quand il devient véritablement Homme, devient Temple et participe au Temple. Plus encore : quelle différence y a-t’il entre le Temple idéal de l’Humanité et l’Eglise du Christ qui est Lui d’abord le plus grand Roi d’Humanité ? Qu’une question de mots.

« Car le vrai secret est celui-ci : il n’y a pas encore d’humanité. L’humanité est ce qui est à venir. Nous partons de bas, de très bas. Nous sommes si bas que nous ne sommes même pas à la hauteur des yeux d’un enfant ».

Christian Bobin
(Autoportrait au radiateur)

Pour que la pierre devienne cubique, c’est là notre devoir, travail incessant (Persévérance) qui procède par ablation, élagage, par l’abandon des métaux, c’est à dire en quittant tout attachement matériel, affectif, sentimental, toute prétention de puissance, de pouvoir, de jouissance, toute dépendance, en allant surtout jusqu’à l’abandon de soi-même (Vigilance) , en retournant à la nudité complète, à la pauvreté des Bienheureux. C’est le rectifie du VITRIOL, la taille de la pierre brute, l’abandon des métaux sous ses différentes propositions. C’est l’œuvre au noir des alchimistes, douloureuse mais indispensable car ce n’est qu’à la fine pointe de l’œuvre que les noces mystiques pourront s’accomplir.
Cette analyse nous permet de résumer en affirmant que les devoirs du F.'. M.'. sont précisément dans l’injonction contenue dans VITRIOL.

· Visite l’intérieur de la terre – retour sur soi et recentrage

· Rectifie – taille de la pierre brute, abandon des métaux avec Vigilance et Persévérence          

· Tu trouveras la Pierre cachée – le Christ peut être au rendez-vous.

Et là sont aussi nos droits car ceux-ci ne sont que ceux d’accomplir nos devoirs, nous n’en avons pas d’autres mais cela définit la liberté.
Si par Grâce suprême les épousailles s’opèrent et qu’ensuite renaisse le Fils Unique, alors seulement le F.'. M.'. libéré des fascinations et des influences du monde peut y retourner pour agir. Il est alors semblable au bodhisattva qui reste dans le monde tant que ne seront pas délivrés les dix milles êtres.
Maintenant, soit c’est juste, soit c’est faux. Si c’est juste, nous sommes loin du compte et il y a de bons motifs à s’interroger. Car comment comprendre que l’on soit entouré de symboles aussi parlants et ne pas leur répondre. Peut -être ne croyons- nous plus à cette part de Surnaturel déposée en nous comme un germe, dont nos devoirs exigent l’urgente activation. Notre inaction nous place en porte à faux et cette situation ne peut que générer du mal-être. Il découle de cela que nous avons à nous repositionner pour de bon ne serait-ce, dans un premier temps, que pour une raison de simple cohérence par rapport à notre ambition première.
A l’opposé, que ce soit faux n’est pas pensable. En fait, c’est cette forme culturelle là qui est récusée, le fond lui ne peut pas l’être. Malheureusement ce refus signe l’inexpérience.
Mbx, novembre 2006
Article paru dans la revue: Alpina 4, (2007) 113-114

Les rites maçonniques
Vous est-il aussi arrivé pendant votre temps d’apprentissage maç.'. de vous poser la question de ce que vous faisiez en Loge ?
A quoi servaient toutes ces mises en scène, ces rites, ces mythes ? Vous est-il arrivé d’avoir eu l’impression de retrouver un fac-similé de la liturgie de nos Eglises ? De vous sentir interrogatif, de vous demander ce que vous pouvez bien faire là ? Puis, petit à petit, les choses ont pris forme. Etait-ce une routine ou un changement ? Les gestes prenaient de la valeur, les rites s’harmonisaient comme une pratique, comme on lève les stores le matin ou tire les rideaux pour mieux se réveiller.
L’anthropologue René Girard a exposé dans son livre : « La violence et le sacré » que le rite n’a d’autre fonction que d’endiguer le désir de violence de l’homme afin d’instaurer et d’assurer la cohésion du groupe. Je trouve étonnant que Girard passe sous silence les rites agraires tels que les Rogations dans lesquels l’offrande s’accompagne d’un sacrifice de blé, de maïs, de branche ou de fleurs. La mort végétale y est offerte parce qu’elle apparaît comme une condition de renouvellement. La mort de la nature n’est pas un indice d’immobilité, mais une décomposition ouvrant la voie créatrice des germinations. Egalement, entre difficilement dans l’interprétation de Girard les cinq grands mythes fondateurs qu’on trouve présent dans toutes les sociétés humaines, à savoir : le mariage, la reconnaissance des enfants, l’entrée dans l’adolescence, l’élection des chefs, le culte des morts.
Peut-on vraiment affirmer que le rite n’a d’autres fonctions que de verrouiller la violence afin de restaurer et d’assure la cohésion du groupe. Et bien, cet avis est vite déjoué. Nous F.'.M.'. constatons que les rites ont l’avantage de mettre l’être en condition. Pensons, par exemple, à l’armée, la façon de se mettre au garde à vous, de saluer un supérieur, etc.
Le rite est le désir tendant, de soi, par lui-même de se discipliner selon des figures, des gestes, des actions, capables de suggérer et même de commander, pour l’homme, des voies de recherche de son être et, par conséquence des voies d’espérance. Les rites sont comme des guides qui nous conduisent par la main dans les routes qu’ils ont déjà parcourues avant nous. Sans la pratique du rite, l’esprit maç.'.perd sa réalité, sa forme vivante où son élan peut prendre corps. Le rite permet à l’homme de s’affirmer dans les formes et les figures qui peuvent lui donner une réalité. Il n’existe des rites que pour des hommes communautaires, engagés dans l’envie de se faire, de s’instituer, de se recréer dans leur nature même.
Le rite est conducteur d’être et il établit en l’homme une nouvelle nature en l’introduisant dans le domaine de la culture et de la spiritualité, c’est à dire dans la réalité de son être. Dans ce qu’il est et lui permet de se percevoir, de se concrétiser. Surtout qu’on ne dise pas que les rites apparemment morts et figés sont réduits à l’état de squelette. Ils sont au contraire les vestiges d’un sens perdu qu’il est toujours possible de retrouver, voire de réactualiser, en réalisant une nouvelle lecture, comme on en fait pour les œuvres d’art. Si les rites n’étaient qu’immobilisme et répétition, que viendrions-nous chercher en Franc-Maçonnerie.  En fait,  rites et mythes créent et conservent à la fois. Par leur permanence les rites semblent exclurent la nouveauté. Mais c’est oublier que cette permanence n’est là que pour canaliser et orienter dans la bonne voie cette perpétuelle mise en question de soi-même, cette création de soi qu’est le désir. C’est oublier aussi que c’est par le rite et par sa relation à la transcendance que se découvre et que se détermine le sens numineux du sacré, du religieux, du divin. L’étymologie sanscrite r’tam d’où découle le mot rite signifie : « Ce qui est conforme à l’ordre cosmique». « Ce qui est conforme à ce qu’exige l’ordre universel».
Est sacré, en effet, tout ce qui intègre et fait vivre le Tout dans la partie, l’infini dans le fini, l’ordre cosmique dans un être particulier. Ainsi le rite relie l’individu à la société et à l’Univers. Le rite est cet appel au dépassement de soi-même, à cette recherche de notre être vrai, au-delà de ce que nous sommes et de ce que nous paraissons être, et qu’on pourrait considérer comme étant en nous la manifestation du divin.
Le rite introduit l’homme dans le domaine de la spiritualité véritable. Toutefois, celle-ci ne consiste pas à se perdre dans la contemplation d’un idéal qui nous ferait oublier le réel, mais à faire surgir, émerger le pouvoir de transcendance ou d’exceptionnel que l’homme porte en lui. Le rite nous intègre au mystère du monde et ne nous fait non seulement participant, mais acteur de sa force de fécondité et d’organisation. Et peut-être est-ce ainsi qu’il convient d’entendre la célèbre parole reprise des Psaumes que Saint-Jean prête à Jésus : « Vous êtes tous des dieux ».
Le F.'.M.'.ne souscrit, ne croit guère, en effet, au salut extérieurement apporté. Et l’adepte, s’il veut être chrétien, son christianisme, en se vivant « maçonniquement », sera toujours celui des ascensions sous la poussée de la force divine qui l’habite que plutôt celui des rachats et des rédemptions condescendantes.
On peut distinguer trois rites :

Pour consolider ces dires, osons citer Spinoza : « Dieu est ici reconnu comme substance de tout ce qui est. Il est le Tout de la nature, présent en chacune de ses modalités, c’est à dire en chaque être fini ».
Confucius n’enseignait-il pas : « Qu’est rite tout ce qui établit et fait vivre ou, s’essaie à faire vivre, un ordre humain, une droiture inséparable de la pensée et de l’action, tout ce qui impose une discipline élévatrice et fécondante ». Vivre le rite était pour lui suivre la règle en la faisant Règle. En la suivant, se faire juste milieu entre ce qui maintient et qui renouvelle. Le rite assure la permanence des fonctions et il permet, en même temps, de les surpasser, de les transcender et de nous transcender.
L’homme ne s’institue, ne se crée qu’à travers des rites, l’homme est en un sens rien d’autre que ce qu’il fait. Cette formule ne signifie pas qu’il peut se faire arbitrairement mais il semble ainsi que l’ordre social, quand il est véritablement lui-même, est proprement instituteur de l’homme.
La mémoire est une puissance essentiellement rituelle. Plus encore, elle manifeste l’essence même du rite qui est de convoquer un passé. en lui-même mort, en le recréant pour les consciences à venir ou ultérieures. De sorte que le rite féconde l’instant, il donne à l’instant profondeur et sens.. Il en fait le présent, le moment de la libération d’un avenir.
Le sujet de cette planche comporte, en effet, la question de savoir si, et en quoi, il est possible de penser, de concevoir à travers les particularités du rite maç.'., l’esprit de cet Ordre . Une question essentielle ne serait-elle pas alors de repérer les fonctions fondamentales du rite maç.'. qui sont peut-être au nombre de trois.

Et de fait, la Franc-Maçonnerie accorde un soin particulier à inscrire, à situer l’homme dans la réalité de la nature. Il n’y a pas de réalisation possible sans que soit opérée une révolution progressive de l’être de chacun. Les lois du cosmos président notre vie psychique, morale et spirituelle. De l’infini tout émane et toujours l’infini absorbe le fini. Et de mettre dans la bouche d’Hermès ces paroles : « Représente-toi parent de toute chose, responsable de tout. Deviens l’Eternité et tu comprendras Dieu ».
L’homme qui vit le rite sait qu’il n’est pas de spiritualité sans exigences éthiques. Tout homme qui agit moralement devient conscient ou conscience de contribuer à porter le monde. Son action vient, naturellement, se situer à la dimension de l’Univers. Agir en homme, c’est se poser en citoyen du monde. Tout le reste est, dés lors, projection symbolique destinée à fournir un support nécessaire d’images ordinatrices à nos actes.
La philosophie inspirée des rites n’est pas le goût des systèmes, elle est le sens des problèmes - qu’on cherche à résoudre - au niveau le plus responsable, je dirais le plus universellement responsable.
Je conclurais en disant : «  Ce n’est pas démissionner de sa raison ou rompre avec sa raison que de se proposer des modèles capables d’éclairer des voies pour la vie des hommes ».
L’enseignement maç.'.est une méthode d’apprentissage de la connaissance avec l’aide des symboles, des rites et des mythes. Mais qu’est-ce que cette connaissance, sinon celle d’un être ayant pour tâche de s’inventer sans fin tout en déterminant - en accordant - une correspondance toujours améliorée de ses actes avec ceux des autres hommes et avec le monde ?
Les rites, mythes et symboles nous permettent de nous conduire au mieux de nous-mêmes tout en participant au monde et, plus particulièrement, au monde des hommes, selon celui que nous sommes. La Franc-Maçonnerie rappellera, aussi souvent que nécessaire, que tout esprit est esprit de quelque chose et, d’abord d’une action.
GUY  06 mars 07

Convictions
La conviction est quand on a la certitude que l’on a la vérité d’un fait, d’un principe.
Pour moi le passage fut une révélation je ne vais rien inventer mais seulement prendre le temps de comprendre, et d’appendre et surtout ne jamais l’oublier ; je suis un apprenti et je serai tout au long de ma vie un apprenti, je vais faire en sorte de tailler ma pierre cette pierre très irrégulière que je dois travailler au plus profond de mon âme pour essayer d’être un homme un vrai qui va faire en sorte au plus profond de ces tripes d’offrir, de donner, d’aimer et de partager.

· L’Initiable

« Tout bois n’est pas bon à faire un Mercure, toute roche ne fournit pas une pierre convenable aux constructeurs, tout aspirant à l’Initiation n’est pas initiable.
Pour demander à devenir Franc - Maçon, il faut désirer la lumière. Or, nous ne désirons que ce qui nous manque ; il est donc nécessaire de se sentir dans les ténèbres pour éprouver le besoin d’en sortir.
Cette remarque est plus importante qu’il ne semble au premier abord, car celui qui croit posséder la vérité ne songe pas à la chercher, de même que le juste satisfait de sa vertu néglige son perfectionnement moral. Il est donc compréhensible que le savant figé dans sa science dédaigne de se faire initier, car riche de ce qu’il sait, il n’a pas plus à solliciter une instruction nouvelle que le croyant certain de ses croyances.
L’initiation s’adresse donc aux esprits inquiets, à ceux que ne satisfait pas ce qu’ils ont pu apprendre. Il faut être mécontent de soi-même, de son savoir et de sa sagesse, pour aspirer à mieux.
Celui qui adhère à un intangible credo religieux, philosophique, scientifique ou politique à tort de se diriger vers la porte du Temple : il ne pourra se comporter qu’en intrus, s’il est admis à franchir le seuil d’un sanctuaire voué à la recherche d’une vérité strictement impartiale, excluant tout préjugé et de toute doctrine formulée d’avance. La vocation initiatique se rencontre parmi ces vagabonds spirituels qui errent dans la nuit après avoir déserté leur école ou leur église, faute d’y trouver leur Vraie Lumière.
Les disciples de l’esprit ont leur raison d’être ; aussi convient-il que le croyant inébranlable en sa foi demeure fidèle à sa religion, que le philosophe ancré dans son système en reste prisonnier, que le scientifique s’en tienne à ses conceptions, que sectes et partis, doctrines et opinions conservent leurs adhérents. Ce n’est pas l’Initiation qui les leur dispute. Religieux ou laïques, les troupeaux humains retiennent les timorés que ne tourmente aucune soif d’indépendance ; il n’y a donc pas à émanciper ceux qui ne sauraient se passer de tutelle.
Quant aux autres, ils se libèrent d’eux-mêmes ; pour naître à une liberté qui les autorise à se dire nés libres. Ce sont eux que les Francs-Maçons reconnaissent dignes d’être admis aux épreuves de l’initiation.
La formule traditionnelle : Né libre et de bonnes mœurs n’a malheureusement pas été comprise en sa première partie. Elle a dû être prise littéralement au moyen âge, alors que nul ne pouvait contracter les engagements de l’apprentissage, s’il dépendait d’un seigneur féodal disposant légalement de ses serfs. Être positivement né libre était alors condition indispensable de l’adhésion à la confraternité des Libres Maçons. Dans les temps modernes, tout citoyen naît libre ; on a donc cru superflu d’insister sur la liberté de naissance, pour ne plus constater que l’état de liberté relativement aux engagements que prend un Franc-Maçon : sera-t-il libre de venir aux réunions et de remplir ses devoirs d’initié ?
Des préoccupations d’ordre pratique ont ainsi fait perdre de vue la liberté spirituelle, qui implique une mort libératrice conduisant à une nouvelle naissance.
Pour se dire initiatiquement né libre, il faut s’être affranchi de l’esclavage profane. Tant que des illusions nous retiennent captifs, nous ne jouissons pas de l’indépendance nécessaire pour chercher notre libre orientation vers le vrai. Prisonniers du convenu, de ce qui est passivement admis dans notre milieu et à notre époque, nous ne pouvons nous associer aux esprits émancipés, ayant l’ambition de découvrir par eux-mêmes une vérité qu’ils refusent d’accepter d’autrui.
Dans le monde profane, les églises et les écoles promettent la révélation de certitudes qui, pour l’Initié, demeurent illusoires. Nous ne savons rien d’absolument certain, car aucune de nos suppositions ne saurait être strictement adéquate à la réalité. Dans ces conditions, le penseur réfléchi se distingue de la foule, qui a horreur de l’incertitude ; elle veut savoir, afin d’être fixée en ses représentations mentales ; aussi écoute-t-elle quiconque affirme avec une assurance communicative. Il lui faut des maîtres auxquels elle puisse se rapporter, des docteurs arrêtant le dogme, des révélateurs proclamant l’inconnaissable.
Se dégager de la mentalité de cette foule équivaut à sortir des rangs d’un troupeau : c’est renoncer à la lueur conventionnelle qui éclaire une collectivité, pour s’enfoncer dans la nuit à la recherche de la Vraie Lumière.
Nul ne peut se flatter de posséder cette clarté définitive. L’initiation enseigne à la chercher, mais ne prétend pas en faire don aux Initiés, qui savent se vouer à une recherche ne devant jamais prendre fin. Résignés à poursuivre inlassablement un idéal de vérité qui leur échappera toujours, ils contrastent avec les foules avides de certitudes les tirant de perplexité. C’est dire que l’Initié ne saurait être un pontife ayant réponse à toutes les questions posées par l’insatiable curiosité humaine.
Il ne s’adresse pas aux échappés d’une église pressés d’en choisir une autre. De mirifiques doctrines se disputent ces faux émancipés, qui se contentent de changer de tutelle, au risque de s’enrôler sous l’étendard d’une foi beaucoup plus suspecte que celle d’une antique institution offrant des garanties historiques.
En Initiation pure, aucune théorie ne s’expose et rien ne s’enseigne dogmatiquement. Les révélations sensationnelles sont d’ordre profane. Ce que l’Initié apprend, il ne peut le découvrir qu’en lui-même. Son instruction ira fort loin, s’il s’initie réellement aux mystères de l’Art, autrement dit, s’il devient artiste en l’Art de penser, essentiellement basé sur l’impartial discernement du vrai et du faux.
Ce discernement est le grand secret que nul ne saurait trahir ; il s’acquiert par l’exercice, comme l’habileté en n’importe quel art. Apprenez à penser et vous découvrirez tout ce que vous êtes capables de comprendre. Désirez-vous travailler d’après une méthode éprouvée, basée sur l’expérience d’un passé prodigieusement reculé ? Si oui, frappez à la porte d’un atelier ou les traditions se sont conservées. Vous ne devez être admis que si vous êtes initiable à l’Art des penseurs, donc, si vous êtes capable de chercher en vous-même une vérité qui ne peut pas vous être offerte de l’extérieur.
S’il existe une sapience commune à tous les Sages, l’Initiation ne peut en être que la détentrice muette. Elle montre des images dont la signification demande à être devinée :
qui manque de perspicacité reste profane, en dépit de la plus solennelle réception cérémonielle. Les initiateurs peuvent se tromper quant à la qualification d’un récipiendaire qui, en dernière analyse, se juge lui-même en présence du travail exigé de lui. Si, contrairement aux espérances qu’il avait fait concevoir, il se montre inapte aux œuvres de l’esprit, il grossit le nombre des appelés qui ne sont pas élus ».
( Oswald Wirth, Les Mystères de l’Art Royal – Pages 81 à 85 )
Ne pas parvenir à se connaître en son intimité la plus profonde, empêche d’apercevoir à jamais la Vraie Lumière promise aux initiés.
Et je ne peux m’empêcher de citer le sage hindou Sri Ramana Maharashi : « Comme celui qui plonge, cherchant à trouver un objet tombé au fond de l’eau, ainsi devons-nous plonger à l’intérieur de nous-mêmes, nous concentrant, réprimant la parole et le souffle, afin de trouver le lieu d’où provient et d’où surgit le « Je ».

· La restitution des Métaux

« Quand le néophyte a reçu à l’Orient l’instruction de son grade, il se rend pour se faire reconnaître par les deux Surveillants. Dès que ceux-ci se sont déclarés satisfaits de leur examen, ils retiennent le nouvel Apprenti entre les deux Colonnes, tandis que le Maître de la Loge proclame solennellement que celle-ci s’est enrichie d’un nouveau membre, à qui tous les Maçons du monde doivent fraternellement aide et protection. Reconnu désormais par tous les FF.'., l’Initié définitivement admis est conduit à la place que la tradition lui réserve. C’est l’angle Nord - est de la Loge, emplacement de la première pierre posée lors de l’inauguration d’une construction nouvelle. Chacun en Maçonnerie, étant appelé à bâtir le temple de ses convictions personnelles, le néophyte devient la première pierre de sa propre construction intellectuelle et morale.
Il va construire librement, selon les règles de l’expérience architecturale et en employant tous les matériaux dont la solidité sera garantie. Comme les épreuves de l’Apprentissage enseignent à discerner ce qui possède une valeur constructive, l’Apprenti peut rentrer en possession des métaux dont il sut se dépouiller pour être admis à l’initiation. Le faux brillant des choses ne l’éblouit plus ; il apprécie à sa juste valeur le savoir profane, sans partager les illusions de ceux qui croient que la vérité se laisse emprisonner dans des formules verbales.
L’initié s’applique à s’instruire de tout ce qui s’enseigne ; il ne dédaigne aucune notion se rapportant au mystère des choses ; mais, s’il comprend bien l’Art, il envisagera la connaissance comme subjective. Elle procède du visionnarisme mental de celui qui, à l’intérieur de lui - même, sait voir la Lumière.
Cette vision fait découvrir une clarté commune à tous les êtres pensants, Lumière éclairant originellement tout homme venant en ce monde. La Matière première des Sages faits allusion à cette clarté diffuse en tous lieux, mais que perçoivent seuls les philosophes hermétiques. Qui travaille sur cette Matière entreprend correctement l’OEuvre et peut, s’il ne commet aucune faute, atteindre à l’idéal de la Pierre parfaite.
Cela signifie que, travaillant toujours sur lui-même, l’adepte doit remonter jusqu’à la source primordiale de sa propre activité ; s’il ne parvient pas à se connaître en son intimité la plus profonde, il n’apercevra jamais la Vraie Lumière promise aux initiés.
Les Francs-Maçons actuels discernent-ils de quoi il s’agit ? Ils déposent, en général, leurs métaux sans y entendre malice, puis les reprend avec la même candeur, après avoir vu matériellement une lumière qui ne les a pas éclairés « en esprit et en vérité ». Tout, en Initiation, dépend cependant de ce que nous parvenons à voir intérieurement.
Les épreuves n’ont d’autre but que de nous mettre en état de voir la Lumière : elles sont très sérieuses, en dépit du jeu auquel elles donnent trop souvent lieu dans les initiations cérémonielles. Ce ne sont des brimades que pour des initiateurs ignorants, qui profanent les choses saintes ; en Initiation réelle, les rites prescrivent des opérations dont l’adepte est à la fois le sujet et l’objet, l’agent et le patient car, Maçon appelé à tailler la Pierre, il travaille sur lui-même, étant la Pierre vivante qui se taille elle-même.
Mais ce qui opère en nous est Esprit, autrement dit Lumière, et c’est la Lumière opérante que nous sommes appelés à découvrir en nous ; pour y parvenir, il nous faut déposer nos métaux, mourir aux illusions profanes et parfaire notre purification mentale.
C’est exiger beaucoup d’un candide Franc-Maçon, homme de bonne volonté, sincère en son désir du bien, mais incapable de s’initier aux mystères effectifs de l’Art Royal. Il ne faut donc pas reprocher à la Franc-Maçonnerie de s’être mise à la portée du grand nombre. En initiant à ses symboles, elle tient ses engagements envers les initiables, qui chercheront, demanderont et frapperont, si bien qu’ils trouveront, qu’on leur répondra et qu’on leur ouvrira finalement la porte du sanctuaire de Vérité. D’autres n’apprendront à rythmer les trois coups mystérieux que pour obtenir l’accès d’une Loge régulière, en leur qualité de Maçons reconnus réguliers… conventionnellement !
Initiés aux seules extériorités, au côté sensible de la Franc-Maçonnerie, ces adhérents superficiels, qui sont légion, ne vont pas au-delà de l’enfance de Art : ils s’amusent avec des images dont ils ne perçoivent pas le sens, mais ces images leur prêchent une sagesse à laquelle ils se montrent dociles. Ils s’habituent à ce bien tenir en Loge et à développer leurs bons sentiments. Sans s’élever jusqu’à l’idéal par trop héroïque de l’Initiation, ils deviennent meilleurs dans de modestes proportions. Si la Franc-Maçonnerie moderne améliore ses adeptes, en les rendant plus fraternels les uns à l’égard des autres, son œuvre est louable, même si sur cinq millions de membres actifs, elle ne compte qu’une infime cohorte d’Initiés ayant réellement vu la Lumière ».
( Oswald Wirth, Les Mystères de l’Art Royal – Pages 139 à 142 )
Ayant essayé exprimer mes convictions, comprendre les significations ressenties suite à mon élévation, je me suis exprimé dans la logique de mon esprit après avoir lu et étudié plusieurs auteurs maçonniques.
Espérant ne pas trop m’être trompé, souhaite qu’avec la connaissance de vous tous mes FF.'. ici présents, je puisse m’orienter encore plus dans le perfectionnement de la Pierre Brute que je suis afin d’enlever les aspérités les plus grossières qui symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le Maçon doit s’appliquer à corriger.
Lumière…
Je vous souhaite des passions
Je vous souhaite des silences
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
Et des rires d’enfants
Je vous souhaite de résister à l’enlisement
à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque,
Je vous souhaite surtout d’être vous.
( Jacques Brel)

 Bdt 09.05.6004